Iran : exécution de deux jeunes manifestants, Amirhossein Maleki et Abolfazl Ebrahimi, dans l’affaire de la place Alikhani

Amirhossein Maleki, 20 ans, et Abolfazl Ebrahimi, 18 ans, ont été exécutés le mardi 3 novembre 2026 en Iran. Arrêtés dans le cadre des manifestations de janvier 2026 à Ispahan, ils avaient été condamnés à mort à l’issue d’une procédure judiciaire entachée de graves violations des droits fondamentaux.

Leurs familles avaient été convoquées à la prison le 2 novembre pour une dernière visite avant leur exécution.

Les deux jeunes hommes faisaient partie des cinq accusés encore en vie dans l’affaire dite de « la place Alikhani », dans laquelle sept autres personnes avaient déjà été exécutées. Les trois derniers accusés risquent également une exécution imminente, après le rejet de leurs recours par la Cour suprême.

L’affaire de la place Alikhani : un procès collectif profondément inéquitable

Cette affaire est liée aux manifestations du 8 janvier 2026 sur la place Alikhani, à Ispahan. Les autorités iraniennes ont poursuivi plusieurs personnes à la suite de ces événements, au cours desquels quatre membres des forces de police auraient été tués, selon les déclarations officielles.

D’après les informations publiées par l’organisation Iran Human Rights, 62 personnes ont été arrêtées dans le cadre de cette affaire et au moins 12 ont été condamnées à mort. Les accusés ont fait l’objet d’une procédure collective qui ne respectait pas les garanties fondamentales d’un procès équitable.

Torture et aveux forcés : de graves violations du droit à la défense

Selon les informations rapportées par des organisations de défense des droits humains, les accusés ont subi des actes de torture physique, sexuelle et psychologique afin de leur extorquer des aveux forcés. Ces déclarations auraient ensuite été utilisées comme éléments à charge devant les tribunaux.

Les accusés ont également été privés de leur droit à bénéficier librement de l’assistance d’avocats indépendants. La diffusion de certains de leurs prétendus aveux par les médias d’État avant même leur procès a par ailleurs porté atteinte au principe de la présomption d’innocence.

Amnesty International a également dénoncé les violations du droit à un procès équitable, le recours à la torture et l’utilisation d’aveux forcés dans les procédures ayant conduit à des condamnations à mort de manifestants arrêtés en janvier 2026.

Trois autres accusés toujours menacés d’exécution

Outre Amirhossein Maleki et Abolfazl Ebrahimi, trois autres accusés dans cette affaire restent sous la menace d’une exécution imminente. La Cour suprême a rejeté leurs demandes de réexamen des condamnations.

Les trois prisonniers concernés sont :

  • Shervin Bagherian
  • Amirhossein Ebrahimi
  • Ali Dashti

Le sort de ces trois hommes suscite de vives inquiétudes, alors que les autorités iraniennes poursuivent l’application des condamnations à mort prononcées dans cette affaire.

Arrestation de l’avocat qui défendait les accusés

Un autre aspect particulièrement préoccupant de cette affaire concerne les pressions exercées sur les avocats des accusés.

Amirsalar Davoudi, avocat indépendant spécialisé dans la défense des droits humains et impliqué dans la défense de certains accusés, a été arrêté le 11 octobre 2026, après l’exécution de l’un de ses clients, Alireza Sepahi.

Cette arrestation intervient dans un contexte où les avocats qui dénoncent les irrégularités judiciaires et défendent les droits des prisonniers sont eux-mêmes exposés à des pressions et à des poursuites.

Sept exécutions déjà recensées dans cette affaire

Avant les exécutions d’Amirhossein Maleki et d’Abolfazl Ebrahimi, sept autres accusés de cette même affaire avaient déjà été mis à mort.

Selon les informations publiées par Iran Human Rights, Erfan Esfandiari et Golmohammad Mohammadi ont été exécutés le 19 juillet 2026 ; Abolfazl Sepahi et Amirhossein Safari, le 28 juillet ; Ghaem Hosseini, le 20 août ; enfin, Alireza Sepahi et Alireza Raïssi ont été exécutés le 5 octobre 2026. Deux de ces exécutions ont eu lieu publiquement, sur la place Alikhani à Ispahan.

La peine de mort utilisée contre les manifestants

Les exécutions dans l’affaire de la place Alikhani illustrent les graves inquiétudes suscitées par le recours à la peine capitale contre des personnes arrêtées lors des manifestations de janvier 2026.

Le recours à la torture, les aveux extorqués sous la contrainte, l’absence de garanties judiciaires et les restrictions imposées à l’accès à une défense indépendante soulèvent de sérieuses questions quant à la légalité et à la légitimité de ces condamnations.

La communauté internationale et les organisations de défense des droits humains doivent agir de toute urgence pour empêcher de nouvelles exécutions et demander des comptes aux autorités iraniennes pour les violations commises dans ces procédures.