Les enfants d’Iran ont le droit à la sécurité !
CSDHI – « Il est cruel et inhumain de pendre quelqu’un et il est particulièrement répréhensible que l’Iran l’inflige à une personne mineure au moment du crime présumé, et que la pendaison se déroule à l’issue d’une enquête bafouant les normes internationales. », Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe du Programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International.
Les traités internationaux relatifs aux droits humains interdisent d’appliquer la peine capitale à toute personne qui était âgée de moins de dix-huit ans au moment des faits qui lui sont reprochés. Cette interdiction est inscrite dans le Pacte international relatif aux Droits civils et politiques, la Convention américaine relative aux Droits de l’Homme et la Convention relative aux Droits de l’Enfant.
La condamnation à mort et l’exécution de personnes mineures au moment du crime est une violation évidente du droit international. L’âge réel du délinquant est souvent contesté, faute d’élément objectif pour en attester, tel qu’un certificat ou une déclaration de naissance.
L’argument des mollahs : « L’État cautionne une justice privée ! » Selon Ali-Reza Jamshidi, ex porte-parole du pouvoir judiciaire des mollahs, « la peine capitale pour les mineurs n’est pas, en droit iranien, une exécution mais une « réparation » de la souffrance des victimes. Et seule la famille de la victime peut pardonner ou accepter une indemnisation à la place de l’exécution. »
Triste record pour l’Iran
Au moins 72 mineurs délinquants auraient été exécutés en Iran entre 2005 et 2014 et au moins 160 seraient actuellement sous le coup d’une condamnation à mort, d’après Amnesty International.
Selon les récents rapports sur la peine de mort, au moins 8 mineurs délinquants ont été exécutés en Iran en 2013 et 14 autres au courant l’année 2014.
Au moins 19 mineurs ont été pendus depuis la prise du pouvoir présidentiel par Hassan Rohani en août 2013.
Javad Saberi, incarcéré à 17 ans a été pendu le 15 avril 2015, avec quatre autres condamnés dans la prison Rajai-Chahr de Karaj. Accusé d’homicide, il souffrait d’une maladie mentale grave et avait séjourné à l’hôpital psychiatrique » Amin Abad « .

Salar Shadizadeh, âgé de 15 ans déclaré coupable du meurtre d’un de ses amis en 2007, a été exécuté en juillet 2015
Samad Zahabi, pendu le 6 octobre 2015 pour avoir tué un berger à 17 ans.
Fatemeh Salbehi, exécutée mardi 13 octobre pour avoir tué son mari à 17 ans, auquel elle avait été mariée de force.
Ces deux dernières exécutions en l’espace d’une semaine ont fait réagir l’Union Européenne et les Nations unies.
Le Secrétaire général Ban Ki-moon et les experts des droits de l’Homme de l’ONU ont dénoncé vendredi 16 octobre ces exécutions en évoquant leur « indignation » et leur « profonde tristesse ».
Des témoignages en provenance des prisons iraniennes nous informent de la présence de nombreux mineurs incarcérés dans les sinistres geôles des mollahs. Contraints de demeurer dans le couloir de la mort pour des années et de côtoyer des prisonniers de droit commun, ces jeunes vivent à chaque instant dans l’angoisse d’être exécutés.
En janvier 2016, le Comité des droits de l’Enfant doit examiner la mise en application de la Convention relative aux droits de l’Enfant en Iran. D’ici là, Rohani et ses ministres daigneront-ils lever le petit doigt pour sauver ces enfants ?
Hélas, d’autres enfants d’Iran seront pendus dans le silence quasi unanime des décideurs du monde.



