AFP, 10 juin – La Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH) s’alarme de l’augmentation de la pauvreté en Iran, conséquence de la crise économique due aux sanctions internationales, et redoute un déclin des droits des travailleurs, dans un rapport publié lundi.
Selon ce rapport, « la situation économique et sociale s’est progressivement détériorée avec une hausse du chômage, l’inflation ayant atteint un niveau sans précédent ». Officiellement, le taux d’inflation a atteint 31%, mais la hausse du prix des produits alimentaires a été de plus de 50%.
« La plupart des gens sont obligés de cumuler plusieurs emplois car le salaire minimum (4,871 millions de rials par mois/135 dollars) ne suffit plus à contrebalancer l’inflation », affirme la FIDH.
L’organisation, se basant sur des « source locales sûres », estime que « plus de 50% des 75 millions d’Iraniens vivent sous le seuil de pauvreté » aussi bien les villes que dans les campagnes alors le pouvoir d’achat a chuté de plus de 70% en huit ans de présidence de Mahmoud Ahmadinejad.
Le rapport cite un membre du Conseil suprême du Travail, Faramaz Tofighi, estimant le « seuil absolu de pauvreté à environ 7 millions de rials » en avril 2012.
Officiellement, le chômage a été stabilisé à 12,2% malgré la crise économique provoqué par les sanctions imposées depuis début 2012 par les Etats-Unis et les pays de l’Union européenne contre le secteur pétrolier, bancaire et des assurances, qui ont réduit de moitié les revenus pétroliers du pays.
Le rapport estime aussi qu’avec l’augmentation de la pauvreté, « les travailleurs se retrouvent sans moyens légaux de défendre leurs revendications » en absence de syndicats indépendants.
Le président de la FIDH, Karim Lahidji, dénonce dans un communiqué l’arrestation de plusieurs dirigeants syndicaux « sous l’accusation d’agissements contre la sécurité nationale ou de propagande contre le régime ».
La FIDH demande ainsi au gouvernement iranien de « garantir la liberté des syndicats de travailleurs » ainsi que les droits des femmes et des membres des minorités ethniques et religieuses à l’égalité au travail.



