CSDHI – Le 30 juillet, dans la ville d’Ispahan, au centre de l’Iran, des agriculteurs se sont rassemblés sur la place Khorasgan pour protester contre les graves pénuries d’eau et l’incapacité du gouvernement à répondre à leurs demandes.
Ces agriculteurs, dont les moyens de subsistance dépendent d’une eau adéquate pour l’agriculture, expriment de plus en plus leur frustration face à la mauvaise gestion et à la rareté des ressources en eau dans la région.
Simultanément, les manifestations et les grèves s’étendent à d’autres régions de l’Iran. À Shadgan, les habitants ont manifesté devant une usine sidérurgique pour la deuxième journée consécutive, réclamant de meilleures conditions de travail. À Bandar Abbas, les propriétaires de tracteurs se sont rassemblés devant le gouvernorat local, tandis que les travailleurs d’un projet de dessalement à Chabahar se sont mis en grève, traduisant l’agitation croissante due aux griefs économiques et à l’inaction du gouvernement.
Plus inquiétant encore, les forces de sécurité ont lancé une violente attaque contre le village de Ghaderabad à Khash, entraînant des affrontements meurtriers. Selon les informations locales, les forces de sécurité ont pénétré dans le village, perquisitionant sans mandat les maisons et provoquant une vive réaction des habitants.
Lorsque les villageois ont protesté, les agents ont ouvert le feu, tuant une femme de 50 ans et blessant plusieurs autres personnes, dont un adolescent. Un média local a confirmé la fusillade mortelle et indiqué que les agents avaient empêché les services médicaux d’urgence d’atteindre les blessés, obligeant les habitants à les transporter à l’hôpital avec leurs véhicules privés.
L’agence de presse officielle Fars a affirmé que l’opération visait un groupe militant et que quatre personnes avaient été arrêtées. Cependant, des témoins locaux contestent cette affirmation, déclarant qu’aucune arrestation n’a eu lieu avant le début des violences, ce qui remet en question la version officielle.
Ce mardi marque également la 27e semaine de la campagne « Non aux mardis de l’exécution », au cours de laquelle des prisonniers politiques répartis dans 17 prisons ont mené une journée de grève de la faim hebdomadaire pour protester contre la vague brutale de pendaisons en Iran.
Alors que le nouveau président du régime, Massoud Pezeshkian, a pris ses fonctions , le régime iranien continue d’ignorer les demandes des travailleurs et des manifestants tout en intensifiant la répression des dissidents et des droits humains. Les manifestations en cours reflètent la prise de conscience croissante des Iraniens qu’un changement significatif ne pourra venir que d’un changement de régime.
Source : Stop Fundamentalism



