44e semaine de la campagne « les mardis sans exécutions » dans un contexte d’intensification des préoccupations en matière de droits de l’homme

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CSDHI – Le mardi 26 novembre, la campagne « Les mardis sans exécutions » est entrée dans sa 44e semaine avec une grève de la faim menée par des prisonniers dans 25 centres de détention à travers l’Iran. Cette initiative, menée par des prisonniers politiques, continue de mettre en lumière les préoccupations croissantes que suscite l’application de la peine de mort en Iran.

La campagne de cette semaine coïncide avec une étape importante dans la défense des droits de l’homme au niveau international. Les Nations unies ont publié leur 71e résolution condamnant les violations systématiques des droits de l’homme commises par l’Iran, en mettant particulièrement l’accent sur le recours massif aux exécutions comme outil de répression.

Malgré cette pression internationale, les autorités iraniennes ont procédé à une nouvelle exécution le dimanche 24 novembre, visant une femme avant la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Cette dernière exécution porte à 17 le nombre total de femmes exécutées sous l’administration actuelle de Massoud Pezeshkian.

Par ailleurs, au cours de la même semaine, la branche 2 du tribunal révolutionnaire d’Oroumieh a condamné à mort deux participants aux manifestations nationales de 2022. Mehran Hassan-Zadeh, d’Oshnavieh, et Hamid Abdollah-Zadeh, d’Oroumieh, ont été condamnés à la peine capitale, ce qui renforce les craintes d’une répression croissante de la contestation.

La campagne a obtenu un soutien international, notamment une déclaration de 580 maires français exprimant leur solidarité avec la campagne « les mardis sans exécutions ».

Les prisonniers politiques ont publié la déclaration suivante à l’occasion de la 44e semaine de la campagne « Les mardis sans exécutions » :

Parallèlement à la 71e condamnation du gouvernement iranien par les Nations unies pour violation des droits de l’homme, la campagne « Les mardis sans exécutions » est entrée dans sa 44e semaine, couvrant 25 prisons à travers l’Iran.

La campagne « Les mardis sans exécutions » est entrée dans sa 44e semaine : La stratégie du régime iranien pour instiller la peur »

Alors que la société iranienne est confrontée à de graves difficultés économiques qui ne cessent de s’aggraver, le gouvernement est dans l’impasse pour faire face à ces crises. Craignant des protestations publiques généralisées, le régime considère l’augmentation des exécutions comme sa seule solution. Des rapports indiquent que des exécutions ont lieu quotidiennement dans diverses prisons. Selon des informations récentes, au moins 25 personnes ont été exécutées au cours de la semaine dernière.

Rien que le mois dernier, le régime a exécuté plus de 140 personnes, laissant des centaines de familles dans le deuil. Ces condamnations n’ont aucun effet dissuasif ; elles sont plutôt motivées par des considérations politiques et visent uniquement à répandre la peur et l’oppression au sein de la société.

Mehran Hassanzadeh

Dans un acte d’oppression récent, le gouvernement autoritaire iranien a condamné à mort deux prisonniers politiques kurdes de la prison centrale d’Oroumieh. Mehran Hassanzadeh, arrêté lors des manifestations de 2022, et Hamid Abdollahzadeh ont tous deux été condamnés à mort. Cette condamnation coïncide avec la 71e condamnation du régime iranien par l’Assemblée générale des Nations unies pour violation flagrante des droits de l’homme.

Nous nous souvenons qu’au plus fort des manifestations de 2022, il y a deux ans, un fichier audio d’une réunion de hauts fonctionnaires a été divulgué. Dans ce fichier, le Guide suprême Ali Khamenei donnait explicitement l’ordre au pouvoir judiciaire d’exécuter au moins 70 à 80 manifestants détenus. Il a également demandé aux autorités judiciaires et de sécurité de présenter ces exécutions comme des cas de peine de « qisas » (la loi du Talion)) aux médias chaque fois que cela est possible.

La condamnation à mort de Mehran Hassanzadeh et de six accusés dans l’« affaire Ekbatan » s’inscrit dans la stratégie du régime visant à réprimer ou à empêcher la résurgence de protestations publiques de la part d’une population poussée au bord du gouffre.

En outre, des rapports ont précédemment souligné le transfert en isolement de quatre prisonniers politiques arabes condamnés à mort dans la prison de Sheiban, à Ahwaz. Depuis près de 40 jours, aucune information n’a été donnée sur leur état de santé. Ces prisonniers – Adnan Ghobeyshavi, Ali Mojaddam, Moein Ghanfari et Mohammadreza Moghaddam – risquent fort d’être exécutés.

La campagne « Les mardis sans exécutions » condamne toutes les exécutions, les procédures judiciaires injustes et la violation flagrante des droits de l’homme en Iran. Elle lance un avertissement sérieux concernant l’augmentation du nombre d’exécutions et appelle toutes les entités mondiales, y compris les militants politiques, les défenseurs des droits de l’homme, les militants civils et les militants syndicaux, à intensifier leurs efforts pour sauver la vie des condamnés à mort en Iran. La campagne met l’accent sur la solidarité collective et l’unité pour arrêter la machine à tuer du régime.

Le mardi 26 novembre 2024, les membres de la campagne « les mardis sans exécutions »  entameront une grève de la faim pour la 44e semaine consécutive dans 25 prisons afin de protester contre les condamnations à mort en Iran.

Prisons avec des prisonniers en grève de la faim

  • Prison d’Evine (quartier des femmes, quartiers 4 et 8)
  • Prison de Qezel Hesar (unités 3 et 4)
  • Prison centrale de Karaj
  • Prison centrale du Grand Téhéran
  • Prison d’Arak
  • Prison de Khorramabad
  • Prison d’Asadabad, Isfahan
  • Prison de Sheiban, Ahwaz
  • Prison de Nezam, Chiraz
  • Prison de Bam
  • Prison de Kahnooj
  • Prison de MashhadPrison de Qaemshahr
  • Prison de Rasht (quartiers des hommes et des femmes)
  • Prison d’Ardabil
  • Prison de Tabriz
  • Prison d’Oroumieh
  • Prison de Salmas
  • Prison de Khoy
  • Prison de Naqadeh
  • Prison de Saqqez
  • Prison de Baneh
  • Prison de Marivan
  • Prison de Kamiyaran

#Les mardis sans exécutions

Source : Iran HRM