Le 22 février 2026, plusieurs partis politiques kurdes d’Iran ont annoncé la formation de l’Alliance des forces politiques du Kurdistan d’Iran. Cette initiative vise à unir leurs rangs pour lutter contre la République islamique et promouvoir l’autodétermination du peuple kurde. Les partis impliqués incluent notamment le Parti démocratique du Kurdistan iranien (PDKI), le Parti pour une vie libre au Kurdistan (PJAK), le Parti de la liberté du Kurdistan (PAK), le Parti Komala du Kurdistan (dirigé par Reza Kaabi) et l’Organisation Khabat du Kurdistan iranien.
Cette alliance marque une évolution significative du paysage politique kurde iranien, passant d’un centre de dialogue consultatif à une plateforme de coopération stratégique, dans le contexte des soulèvements populaires. Elle a suscité une vague d’enthousiasme parmi les Kurdes, les nations opprimées et les défenseurs de la liberté en Iran, ainsi qu’un écho positif auprès de forces politiques internationales, mais aussi des réactions hostiles de la part du régime iranien et de certains opposants.
En reponse, le 25 février 2026, Reza Pahlavi, fils du dernier Shah d’Iran a publié un message sur la plateforme X (anciennement Twitter) critiquant des « groupes séparatistes » – une référence implicite à cette nouvelle alliance kurde. Il les a accusés de formuler des revendications « baseless et contemptibles » contre l’intégrité territoriale et l’unité nationale de l’Iran, mentionnant des collaborations passées avec l’ayatollah Khomeiny et Saddam Hussein pour certains d’entre eux. Pahlavi a réaffirmé que l’intégrité territoriale de l’Iran est une « ligne rouge inviolable » et a déclaré que l’armée iranienne devrait accomplir son « devoir national et patriotique » en défendant le pays contre la République islamique et les « séparatistes ». Ces propos ont été interprétés comme une menace explicite d’utiliser la force militaire pour réprimer les aspirations kurdes après une éventuelle chute du régime actuel, exacerbant les divisions au sein de l’opposition et ravivant les craintes d’une centralisation autoritaire sous une future monarchie restaurée.
En réaction directe à ces déclarations, l’Alliance des forces politiques du Kurdistan d’Iran a émis le même jour cette déclaration ferme, condamnant les menaces de Pahlavi et réaffirmant son engagement pour les droits des nations opprimées. Ce texte s’inscrit dans un contexte plus large de protestations en Iran en 2026, marquées par des demandes de réformes démocratiques, la reconnaissance des droits des minorités et une opposition divisée face au régime islamique.
Déclaration de l’Alliance des forces politiques du Kurdistan d’IranEn réponse aux menaces de Reza Pahlavi contre le peuple kurde
Peuple kurde épris de justice !
Combattants de la liberté en Iran !
À la suite de la publication de la déclaration annonçant la création de l’Alliance des forces politiques du Kurdistan d’Iran, une vague de joie et d’enthousiasme révolutionnaire a traversé le Kurdistan, les nations opprimées et les défenseurs de la liberté en Iran. Cette annonce a également trouvé un large écho parmi les forces politiques engagées en Iran ainsi que dans les milieux politiques internationaux. À l’inverse, le régime de la République islamique, ainsi que certains adversaires des droits des nations opprimées et des libertés démocratiques — qui se présentent sous couvert d’opposition — ont réagi par des attaques hystériques et haineuses, réaction qui ne nous a nullement surpris. Dans ce contexte, ce mercredi 25 février Reza Pahlavi a publié un message sur la plateforme X dans lequel, fidèle à son ton accusateur et infondé, il s’en est pris au grand peuple kurde et aux partis politiques du Kurdistan. Brandissant une fois de plus l’argument usé du « séparatisme », il a menacé qu’après la chute de la République islamique, il chargerait l’armée de réprimer le mouvement légitime du peuple kurde. Reza Pahlavi semble oublier une vérité historique : chaque fois qu’une véritable volonté de démantèlement territorial de l’Iran s’est manifestée, personne n’a demandé l’autorisation à son père ou à son grand-père couronné. Qu’il s’agisse d’offrir le Petit Ararat, le Bahreïn ou des sources du fleuve Helmand, ces derniers n’ont pas hésité à céder des portions du territoire iranien. Dans les moments décisifs de l’histoire, et avec les premiers coups de feu, et même des intrigues implicites des agents étrangers ils ont souvent préféré la fuite à la résistance. Là où ils ont réellement exercé leur pouvoir, ce fut dans la répression des civils, l’écrasement des libertés démocratiques et surtout la brutalisation des nations opprimées d’Iran. Les menaces répétées d’utiliser l’armée contre les revendications politiques des peuples d’Iran démontrent que, dans l’Iran qu’il envisage, la réponse aux demandes civiles et aux droits démocratiques — pourtant consacrés par la Charte des Nations unies et les instruments internationaux des droits humains — resterait sécuritaire et militarisée. Son projet politique ne se distinguerait en rien, dans sa structure, des régimes autoritaires passés et présents. Pourquoi pense-t-il que le peuple iranien, épuisé par la dictature de la République islamique, accepterait de le considérer, ainsi que ses semblables, comme partie d’une alternative crédible pour l’avenir du pays ? Il semble également ignorer non seulement l’histoire et la géographie, mais aussi la réalité du présent. L’armée, les forces de sécurité et les Gardiens de la révolution — qu’il n’a cessé de ménager — n’ont jamais quitté le Kurdistan au cours du siècle dernier. Tous les mécanismes de répression y ont déjà été testés, et tous ont échoué. Il n’y a là aucune innovation à inventer par lui après son couronnement imaginaire. Cette posture agressive contre le mouvement kurde intervient alors que, selon de nombreux observateurs et acteurs du mouvement « Femme, Vie, Liberté » (Jina), ainsi que lors du récent soulèvement populaire, lui et son entourage douteux ont contribué de manière manifeste à la division et à la dispersion des forces de l’opposition. La seule constante de sa position a été sa bienveillance envers les forces répressives et terroristes armées et sécuritaires du régime. Dans ses déclarations les plus récentes, il est allé jusqu’à affirmer que ces forces n’avaient pas participé aux répressions sanglantes de janvier, attribuant ces crimes à de prétendus « agents étrangers ». Alors que chacun sait que, durant toute l’existence oppressive de la République islamique, le peuple kurde et les partis politiques du Kurdistan ont été une épine dans le flanc de la dictature et un véritable refuge pour les défenseurs de la liberté en Iran — payant un prix lourd dans cette lutte — il ose aujourd’hui les accuser de collusion avec Khomeiny. Or, dès les premières attaques meurtrières terrestres et airiales contre le Kurdistan, lancées sur fatwa de Jihad par Khomeiny, il déclarait lui-même avoir demandé à plusieurs reprises à être accepté comme simple pilote dans ses rangs. Il est profondément troublant qu’un individu portant un tel héritage honteux accuse aujourd’hui les partis kurdes de collaboration avec Khomeiny et agents étrangers, alors que ses propres promesses irréalistes — évoquant des dizaines de milliers de défections au sein des forces répressives, des centaines de milliers de dispositifs Starlink, l’impossibilité pour le régime de couper Internet ou encore l’arrivée imminente d’une aide étrangère — ont contribué à exposer des milliers de militants à la répression du régime. Dans l’Iran libre de demain, après le jugement des responsables du régime et des auteurs des crimes, il devra également répondre de ses propres erreurs lourdes de conséquences et trahisons. L’Alliance des forces politiques du Kurdistan d’Iran condamne fermement ces propos infondés de Reza Pahlavi et réaffirme son engagement indéfectible en faveur des aspirations du peuple kurde et des droits légitimes des nations opprimées d’Iran. Nous sommes convaincus que ces discours de haine ne feront que renforcer la détermination des peuples libres et des défenseurs de la liberté à œuvrer pour la fin définitive de toute forme de dictature et de fascisme. Nous appelons également toutes les forces du Kurdistan attachées à la liberté et à la défense des droits de leur peuple à rejoindre l’Alliance des forces politiques du Kurdistan d’Iran afin de faire front commun contre les discours totalitaires.
Alliance des forces politiques du Kurdistan d’Iran.
Le 25 février 2026