Communiqué d’urgence – Exécutions politiques secrètes en Iran : Deux prisonniers politiques pendus, 16 autres en danger de mort imminent

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Paris, le 30 mars 2026

Tôt ce matin, le 30 mars 2026, les autorités iraniennes ont exécuté secrètement deux prisonniers politiques de longue date, Akbar (Shahrokh) Daneshvarkar (58 ans) et Seyed Mohammad Taghavi (59 ans). Ces exécutions ont été menées dans l’enceinte de la prison, à l’insu de leurs familles, à l’issue de simulacres de procès expéditifs menés par le tribunal révolutionnaire de Téhéran. Ils avaient été condamnés à mort sous des accusations de « rébellion armée » (baghy) et d’« appartenance à l’Organisation des Moudjahidine du Peuple d’Iran (OMPI) », après des aveux extorqués sous la torture.

Le Comité de Soutien aux Droits de l’Homme en Iran (CSDHI) condamne avec la plus grande fermeté cet acte de terreur d’État, perpétré à l’insu des familles et en violation de tous les droits fondamentaux. Le CSDHI souligne avec effroi que ces deux hommes figuraient sur une liste de 18 prisonniers politiques dont les portraits et les noms avaient été affichés sur un poster de protestation, devenu un symbole de la résistance en prison.

Des procès iniques et des vies brisées Arrêtés au cours de l’hiver 2023-2024, les deux hommes avaient été condamnés à mort à l’issue de simulacres de procès expéditifs par la branche 26 du funeste tribunal révolutionnaire de Téhéran, présidée par le juge Iman Afshari. Ils étaient accusés de « rébellion armée » (baghy) et d’« appartenance à l’Organisation des Moudjahidine du Peuple d’Iran (OMPI) ».

Leur profil témoigne de l’acharnement du régime contre ceux qui refusent de se soumettre :

  • Akbar Daneshvarkar, âgé de 58 ans, était un ingénieur civil. Renvoyé de son poste pour des raisons politiques, ce père de famille avait été arrêté en janvier 2024.
  • Seyed Mohammad Taghavi, âgé de 59 ans, portait en lui la mémoire d’une très longue résistance. Ancien prisonnier politique des années 1980 et 1990, il avait de nouveau été incarcéré pendant trois ans à partir de 2020 pour ses liens présumés avec l’opposition, avant d’être à nouveau arrêté.

 

Le pouvoir judiciaire du régime a reproché à ces deux membres des Moudjahidine du peuple d’avoir été impliqués dans « des troubles urbains, des actions de terrain et des affrontements avec les forces de sécurité ».

Selon les autorités, « Mohammad Taqavi, présenté comme chef d’équipe, aurait constitué un groupe avec plusieurs individus dans l’objectif de porter atteinte à la sécurité nationale. Il aurait également participé à l’identification de sites sensibles, mené des opérations de perturbation contre diverses institutions et organisé des caches destinées à héberger d’autres accusés ».

Akbar Daneshvarkar et Mohammad Taqavi ont ainsi été condamnés à mort pour « entente en vue de commettre des infractions contre la sécurité intérieure », « participation à des actions de perturbation en lien avec l’Organisation des Moudjahidine du peuple dans le but de renverser le régime » ainsi que pour « appartenance à cette organisation avec l’intention de troubler l’ordre et la sécurité du pays » (Agence Fars des Gardiens de la révolution, 30 mars 2026).

Le contexte : La vengeance étatique et la peur de l’insurrection

Ces pendaisons ne surviennent pas dans un vide politique et s’inscrivent dans une escalade répressive directement corrélée à l’instabilité du régime. Incapable de répondre aux profondes crises économiques, sociales et géopolitiques, l’État utilise la potence comme outil de vengeance et d’intimidation massive face à la menace constante d’un soulèvement populaire.

Cette funeste dynamique s’était déjà illustrée de manière flagrante récemment. Dans la semaine qui a suivi la fin de la « guerre de 12 jours » en Iran, le régime a immédiatement exécuté deux autres membres de l’OMPI, Behrouz Ehsani (70 ans) et Mehdi Hassani (48 ans). Cette précipitation macabre démontre comment les autorités instrumentalisent les périodes de tensions géopolitiques ou internes extrêmes pour purger les prisons de leurs opposants politiques.

Menace imminente sur leurs co-détenus et la liste des 16 restants

L’exécution furtive de Daneshvarkar et Taghavi soulève une inquiétude absolue pour la vie des 16 autres prisonniers dont les portraits sont également affichés sur le poster de protestation. Leurs familles craignent une purge politique immédiate. Leurs co-détenus, qui ont été arrêtés au cours de la même période et condamnés à la peine capitale par le même tribunal pour les mêmes motifs, eux aussi identifiés sur le poster, se trouvent aujourd’hui sous la menace d’une exécution imminente. Il s’agit de :

  1. Pouya Ghobadi Bistouni (33 ans) : Ingénieur électricien arrêté de multiples fois depuis 2018 pour son militantisme, dont les aveux ont été arrachés sous la torture dans les tristement célèbres cellules d’isolement de la section 209 d’Evin.
  2. Vahid Beni-Amerian (33 ans) : Titulaire d’un master en gestion et arrêté à plusieurs reprises depuis 2017, condamné à mort après avoir subi de graves sévices lors de son arrestation, entraînant des blessures oculaires qu’on l’empêche délibérément de soigner.
  3. Babak Alipour (34 ans) : Diplômé en droit et ancien prisonnier politique ayant déjà purgé quatre ans de prison dans le passé, condamné à mort à l’issue d’un procès inique ne reposant sur aucune preuve matérielle.
  4. Abolhassan Montazer (66 ans) : Architecte et ancien prisonnier politique des années 1980, condamné à la peine capitale alors qu’il souffre de graves pathologies cardiaques, pulmonaires et rénales, et dont les points de suture d’une opération au cœur ont été arrachés sous les coups lors de sa violente arrestation.

 

Au-delà de ces quatre co-accusés, une épée de Damoclès pèse sur la tête des 12 autres dissidents dont les visages figurent sur le poster de protestation, tous accusés de soutien à l’OMPI. Le CSDHI diffuse cette liste afin d’alerter l’opinion internationale et de tenter de sauver leurs vies. Cette liste alarmante, dont deux ont déjà été retirés, inclut :

  • Zahra Tabari : Ingénieure, 67 ans, prisonnière politique dont le risque d’exécution imminente a suscité une mobilisation internationale et un appel urgent signé par des centaines de personnalités à travers le monde.
  • Ehsan Faridi : Étudiant brillant de 22 ans, dont la condamnation à mort pour « corruption sur terre » a été confirmée malgré des vices de procédure flagrants.
  • Mohammadjavad Vafaei-Sani : Champion de boxe de 30 ans originaire de Mashhad, dont la peine capitale a été cruellement confirmée à de multiples reprises par l’appareil judiciaire.
  • Peyman Farahavar : Poète engagé originaire de la région du Gilan, dont la condamnation à la potence a été récemment validée par la Cour suprême du régime.
  • Masoud Jamei : Ancien employé du secteur pétrolier de 48 ans, condamné par le tribunal d’Ahvaz alors qu’il souffre d’un cancer de l’estomac et se voit refuser tout traitement médical.
  • Alireza Merdasi : Enseignant de 52 ans issu de la communauté arabe d’Ahvaz, condamné à la peine capitale après avoir subi des mois de graves tortures en détention.
  • Yaghoub Derakhshan : Prisonnier d’opinion incarcéré dans la sinistre prison de Lakan, condamné à mort à l’issue de poursuites judiciaires iniques et de procès expéditifs.
  • Manouchehr Fallah : Détenu politique également enfermé à la prison de Lakan, visé par une condamnation à mort validée en l’absence totale de preuves matérielles légales.
  • Hamed Validi : Victime de la justice arbitraire de la province d’Alborz, condamné sous des accusations forgées de toutes pièces pour justifier sa mise à mort.
  • Farshad Etemadifar : Prisonnier politique de 30 ans, condamné à mort par le tribunal d’Ahvaz après avoir déjà subi de précédentes détentions pour son activisme.
  • Nima Shahi : Condamné à la peine capitale par les tribunaux d’Alborz dans le cadre de la vaste campagne de répression visant à éradiquer les soutiens à la résistance.
  • Karim Khojasteh : Ingénieur de 62 ans et ancien prisonnier politique, condamné à mort par le tribunal de Rasht en représailles à sa longue résilience face à la dictature.

L’exécution d’Akbar Daneshvarkar et Mohammad Taghavi, dont le visage était familier sur le poster, est un signal d’intimidation massive envoyé à la société.

Le CSDHI appelle de toute urgence les instances internationales, les Nations Unies et le Haut-Commissaire aux droits de l’homme à intervenir sans délai. Le silence face aux exécutions politiques récentes est un permis de tuer accordé au régime. Une action diplomatique forte et des sanctions ciblées contre les responsables de l’appareil judiciaire iranien sont impératives pour stopper cette mécanique de mort.

Paris, 30 mars 2025

Hamid Assadollahi

Président du Comité de Soutien aux droits de l’homme en Iran (CSDHI)