Parastoo Ahmadi condamnée à 74 coups de fouet

Un signe du durcissement de la répression contre les femmes en Iran au moment d’un rapprochement entre Téhéran et Washington

Téhéran – 18 juin 2026 : Le tribunal pénal de la province de Qom a condamné Parastoo Ahmadi, jeune chanteuse iranienne, ainsi que huit membres du groupe musical du concert Caravansérail, à 74 coups de fouet. La décision prévoit également une interdiction de sortie du territoire pendant deux ans ainsi qu’une interdiction d’exercer toute activité artistique durant deux ans pour l’ensemble des personnes condamnées.

Parastoo Ahmadi, née le 21 mars 1997 à Noshahr, s’était fait connaître auparavant grâce à plusieurs chansons, dont L’air de la liberté. À l’automne 2024, elle avait enregistré le concert Caravansérail dans le caravansérail historique de Deir Gatchin, dans la province de Qom, sans porter le voile obligatoire et en présence de musiciens hommes. Cette prestation, diffusée en direct sur YouTube, avait recueilli plusieurs millions de vues et était devenue un symbole de contestation artistique face aux restrictions imposées aux femmes dans le domaine culturel.

Arrestation et accusations

Les autorités judiciaires iraniennes avaient qualifié ce concert d’« illégal », « non autorisé » et « contraire aux normes religieuses et culturelles ». En décembre 2024, Parastoo Ahmadi ainsi que deux musiciens principaux du groupe — Ehsan Beiraghdar, pianiste, et Soheil Faghih-Nassiri, guitariste — avaient été arrêtés.

Ils avaient été libérés quelques heures plus tard après le versement de lourdes cautions, dont trois milliards de tomans pour Parastoo Ahmadi, mais la procédure judiciaire s’était poursuivie. Les principales accusations retenues contre eux concernaient notamment « l’atteinte à la pudeur publique » et l’organisation d’un concert sans respecter les règles relatives au port du voile obligatoire.

Une condamnation au moment d’un rapprochement avec Washington

La condamnation prononcée aujourd’hui intervient au même moment que l’annonce et la mise en œuvre d’un accord entre l’Iran et les États-Unis. Plusieurs observateurs considèrent cette simultanéité comme un signal important de la politique intérieure iranienne : alors que des signes d’apaisement apparaissent sur le plan international, les autorités continuent de renforcer la pression contre les femmes et les expressions artistiques qui contestent les restrictions imposées.

Cette décision s’inscrit dans la continuité des pressions exercées ces dernières années contre les femmes refusant de se conformer aux règles du voile obligatoire et dans le cadre de nouvelles législations prévoyant des sanctions plus sévères.

Cette affaire ne vise pas seulement Parastoo Ahmadi. Le caravansérail où le concert avait été enregistré a également été fermé, et des responsables du patrimoine culturel de la province de Qom ont été démis de leurs fonctions. De nombreux défenseurs des droits des femmes et artistes considèrent cette condamnation comme une tentative d’intimidation visant les femmes artistes et comme la poursuite d’une politique discriminatoire fondée sur le genre.

Réactions

Les défenseurs des droits humains considèrent cette condamnation comme un symbole de la poursuite de la répression contre les femmes, malgré les signes de détente sur la scène internationale. Déjà confrontée à des pressions en raison de son activité artistique, Parastoo Ahmadi est désormais considérée comme l’une des figures représentatives de la résistance des femmes iraniennes.