La vague d’exécutions en Iran : 31 prisonniers mis à mort en seulement quatre jours

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CSDHI -Alors que les exécutions s’accélèrent dans les prisons du pays, les défenseurs des droits humains avertissent que Téhéran utilise la peine capitale comme un instrument d’intimidation dans un contexte de mécontentement social croissant et d’incertitude politique.

La machine à exécuter iranienne a une nouvelle fois accéléré à un rythme alarmant. Selon des informations provenant de sources de l’opposition iranienne et d’organisations de défense des droits humains, au moins 31 prisonniers ont été exécutés entre le 13 et le 16 juin, soit en moyenne une exécution toutes les trois heures.

Cette vague d’exécutions, menée dans plusieurs prisons et provinces du pays, illustre la dépendance persistante du régime iranien à la peine de mort comme moyen de contrôle et d’intimidation à une période marquée par un mécontentement intérieur grandissant. Les défenseurs des droits humains soulignent depuis longtemps que Téhéran intensifie fréquemment les exécutions lors des périodes de tensions politiques et de troubles sociaux afin de décourager toute contestation et de projeter une image de force.

Huit exécutions à la prison de Ghezel Hesar

La récente série d’exécutions a débuté le samedi 13 juin, lorsque les autorités auraient pendu huit prisonniers à la prison de Ghezel Hesar, l’un des centres de détention les plus tristement célèbres d’Iran.

Parmi les personnes exécutées figuraient Seyyed Akbar Bani-Hashem et Amir-Abbas Dekavand. L’identité de six autres prisonniers n’a pas encore pu être vérifiée de manière indépendante.

La prison de Ghezel Hesar est depuis longtemps associée à un nombre particulièrement élevé d’exécutions et est régulièrement citée par les organisations de défense des droits humains comme l’un des symboles du recours massif à la peine de mort en Iran.

Dix prisonniers exécutés le 14 juin

Le lendemain, 14 juin, les autorités auraient exécuté dix prisonniers dans différentes villes du pays.

Parmi les victimes identifiées figurent Hassan Hosseini Narouei et Ali-Bakhsh Raeisi, âgé de 27 ans, tous deux membres de la minorité baloutche et exécutés à Zahedan.

Les autres exécutions signalées concernent :

  • Majid Zarrinpour à Chiraz ;
  • Saadan Hasani à Hamedan ;
  • Amin Rajabian à Shirvan ;
  • Ali Alipour, 24 ans, à Amol ;
  • Mohammad Javad Salmani, 23 ans, à Kashan ;
  • Seyyed Adnan Mousavi à Ahvaz ;
  • Hassan Fatemi, 24 ans, à Sari ;
  • Amir Kaffashi, 35 ans, à Chiraz.

L’étendue géographique de ces exécutions met en évidence le caractère national du recours à la peine capitale en Iran, touchant des prisonniers issus de milieux sociaux et ethniques très divers.

Huit nouvelles exécutions le 15 juin

Le lundi 15 juin, des informations ont indiqué que huit autres prisonniers avaient été exécutés.

Parmi eux figuraient Mohammad Amin Narouei et Balal Saadat-Jahani, surnommé Gorgij, membre de la communauté baloutche âgé de 35 ans, tous deux exécutés à Birjand.

Les autres victimes identifiées sont :

  • Aram Zarei à Sanandaj ;
  • Hamidreza Afsharipour à Ispahan ;
  • Mohammadreza Gashool à Ispahan ;
  • Fariborz Jafari, 27 ans, à Ispahan ;
  • Rasool Atapour à Tabriz ;
  • Ali (Alireza) Ahmadi Balesini, également connu sous le nom d’Ali Balance, à la prison de Ghezel Hesar.

Les exécutions répétées de membres des minorités ethniques, en particulier des prisonniers baloutches, ont suscité de nombreuses critiques de la part des organisations internationales de défense des droits humains, qui dénoncent des taux d’exécution disproportionnellement élevés au sein de ces communautés.

Cinq autres exécutions signalées le 16 juin

La campagne d’exécutions s’est poursuivie le mardi 16 juin, avec au moins cinq nouveaux prisonniers envoyés à la potence.

Parmi les victimes identifiées figurent :

  • Omar Shahbakhsh ;
  • Ghafoor Shahbakhsh ;

deux prisonniers baloutches exécutés à Yazd, ainsi que :

  • Mahmoud Ahmadi à Sanandaj.

Les noms de deux autres victimes avaient déjà été signalés précédemment.

Ces chiffres portent le nombre total d’exécutions connues durant cette période de quatre jours à au moins 31 personnes.

Une crise croissante des droits humains

L’Iran demeure l’un des pays qui exécutent le plus grand nombre de personnes au monde rapporté à sa population, ce qui lui vaut des condamnations constantes de la part des organisations internationales de défense des droits humains.

Les critiques estiment que le recours massif du régime à la peine de mort, souvent à l’issue de procès ne respectant pas les normes internationales en matière de procédure équitable, ne constitue pas seulement une sanction judiciaire mais également un instrument politique destiné à instaurer la peur au sein de la société.

Cette hausse brutale des exécutions intervient dans un contexte de difficultés économiques persistantes, de tensions politiques et de mécontentement populaire généralisé. Les défenseurs des droits humains craignent que les autorités cherchent à prévenir d’éventuels mouvements de contestation par une intensification de la répression.

Appels à une action internationale

En réaction à cette nouvelle vague d’exécutions, les groupes d’opposition iraniens et les défenseurs des droits humains ont renouvelé leurs appels à une intervention internationale urgente.

Ils exhortent les Nations unies, les organisations internationales de défense des droits humains, l’Union européenne ainsi que les gouvernements démocratiques du monde entier à prendre des mesures immédiates pour faire pression sur Téhéran afin de mettre fin aux exécutions et de demander des comptes aux responsables iraniens pour les violations continues des droits humains.

Alors que les inquiétudes grandissent face à l’accélération du rythme des exécutions, les militants estiment qu’une surveillance internationale renforcée est indispensable pour éviter de nouvelles pertes en vies humaines et contester ce qu’ils décrivent comme une politique systématique de répression menée par l’État.