Iran: les féministes se battent pour l’égalité de leurs droits

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Imagelibération de féministes iraniennes, et grève de la faim pour d'autres

TEHERAN, 7 mars 2007 (AFP) – Les militantes féministes iraniennes menant campagne pour l'égalité des droits restent dans la ligne de mire des autorités, qui ont arrêté plusieurs dizaines d'entre elles juste avant la Journée internationale des femmes du 8 mars.

La police a interpellé dimanche un peu plus de 30 militantes féministes qui s'étaient rassemblées devant le tribunal révolutionnaire de Téhéran pour soutenir des camarades jugées pour une manifestation "illégale" le 12 juin 2006.

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Huit des 33 activistes détenues ont été relchées mardi soir", a dit mercredi à l'AFP une des avocates des activistes, Nasrin Sotoodeh.
Mais "la grève de la faim se poursuit. Nous espérons qu'elles seront toutes relchées avant le 8 mars", a-t-elle ajouté.
Selon elle, deux activistes, Parvin Ardalan et Mahnaz Mohammadi, "qui souffrent de sclérose en plaques, sont en mauvaise condition physique et les responsables de la prison refusent de leur donner leur médicament".

Me Sotoodeh a affirmé que les autorités judiciaires ont fixé le prix de la caution pour la libération de trois des détenues à 500 millions de rials (environ 54.000 dollars) chacune, et que trois autres "ont été transférées dans les cellules des droits communs, où les conditions de détention sont mauvaises".

Les femmes restent à la pointe du combat pour les libertés individuelles en Iran, après l'essoufflement du mouvement étudiant, qui a été durement réprimé au début des années 2000.

En juin 2006, 70 personnes, dont 42 femmes, avaient été interpellées par la police iranienne alors qu'elles manifestaient pour l'égalité des droits entre les deux sexes en Iran.
La manifestation avait été brutalement dispersée par la police et certaines des manifestantes arrêtées. Parmi ces dernières Noushine Ahmadi Khorasani, Parvin Ardalan, Shahla Entessari, Sussan Tahmassebi et Fariba Davoudi Mohajer étaient convoquées dimanche matin devant le tribunal révolutionnaire de Téhéran pour avoir organisé cette manifestation.

Les militantes féministes ont multiplié les actions pour obtenir des modifications de la loi islamique, en vigueur en Iran, dans le sens d'une plus grande égalité entre les femmes et les hommes.
En novembre dernier, elles ont lancé une campagne pour réunir un million de signatures pour demander aux autorités d'abroger la loi sur la lapidation pour adultère.
La loi islamique appliquée en Iran prévoit la lapidation des femmes et des hommes pour adultère, mais ces dernières années le chef de l'autorité judiciaire a annulé plusieurs sentences.

Les militantes féministes protestent également contre la discrimination dont souffrent les femmes iraniennes au regard de la loi.
Ainsi, le témoignage d'une femme devant la justice vaut seulement la moitié de celui d'un homme.
De même, le "prix du sang" pour une femme vaut la moitié de celui d'un homme. Le prix du sang, qui est le montant que les proches d'une victime d'un accident ou d'un crime peuvent réclamer à son responsable, est fixé chaque année par la justice et vaut actuellement 260,25 millions de rials (environ 23.660 euros).

En matière de succession, les femmes reçoivent moitié moins que les hommes, et en matière criminelle elles sont jugées responsables dès l'ge de neuf ans, contre 15 ans pour un garçon.

Dans le même temps, les Iraniennes prennent une part de plus en plus active dans la société. Désormais, elles sont plus nombreuses que les hommes à entrer dans les universités. Et elles prennent aussi une part toujours plus importante dans le tissu économique.

En politique, elles ont réalisé une percée aux élections municipales de décembre, parvenant à remporter quelques fauteuils de conseillères au sein des conseils municipaux dans une dizaine de villes moyennes du pays.