« Exécutions illégales commises par l’Etat Iranien »

fatemeh et samad executes en iran

fatemeh et samad executes en iranCSDHI – Arrêté en mars 2013 à 17 ans pour la mort d’un autre adolescent, le jeune Samad Zahabi a été exécuté le 6 octobre à la prison de Kermanchah dans l’ouest de l’Iran. Une semaine plus tard, le régime iranien pendait à l’aube du 13 octobre Fatemeh Salbehi, 23 ans, à la prison d’Adelabad à Chiraz (sud de l’Iran).

Forcée de se marier à 16 ans avec Hamed Sadeghi âgé de 30 ans, Fatemeh a été reconnue coupable de l’avoir tué en 2008 quand elle n’avait que 17 ans. Elle n’a pas eu accès à un avocat au moment des interrogatoires.

Fatemeh est la 11ème femme exécutée cette année en Iran où les tristes statistiques font état d’au moins 800 pendaisons depuis janvier 2015.

L’exécution de condamnés, mineurs au moment des faits est une violation flagrante des obligations internationales. Les dirigeants iraniens et en particulier le guide suprême Ali Khamenei, doivent être tenus responsables de ces crimes.

Malgré la ratification de la Convention des Nations Unies sur les droits de l’enfant, les autorités iraniennes ont exécuté 16 mineurs depuis le début de l’année.

Selon Amnesty International qui a dénoncé la récente exécution de ces deux jeunes en Iran, « les autorités [iraniennes] persistent à faire preuve d’un manque de respect choquant envers les droits humains fondamentaux propres aux enfants… »

Dans un communiqué le 15 octobre, Said Boumedouha, directeur adjoint du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International a déclaré : « Le recours à la peine de mort est cruel, inhumain et dégradant dans tous les cas, mais il est particulièrement choquant lorsqu’il vient punir un crime commis par une personne qui était mineure au moment des faits, et que cette sentence est prononcée à l’issue d’une procédure qui vide de son sens la justice pour mineurs ».

Ahmed Shaheed, Cristof Heyns et Dubravka Simonoviae, experts des Nations unies pour les droits de l’Homme, ont condamné vendredi l’exécution de deux jeunes et ont déclaré que « L’Iran doit immédiatement cesser de tuer des enfants ».

Cristof Heyns, rapporteur de l’ONU sur les exécutions sommaires, a affirmé, « Ces exécutions sont un exemple troublant d’une augmentation du nombre d’exécutions et posent des questions sur le caractère équitable des procès dans la République Islamique d’Iran ». « Exécuter un jeune prévenu, particulièrement après un procès douteux, va directement à l’encontre de la Convention internationale sur les droits des enfants, à laquelle l’Iran est partie. », il a insisté.

Réaffirmant l’opposition des Nations unies à la peine capitale, le secrétaire général de l’ONU « demande au gouvernement iranien de mettre en place un moratoire sur les exécutions en vue d’abolir la peine de mort » a rapporté lundi l’AFP.

Ban Ki-moon se dit « profondément attristé » par l’exécution de deux jeunes qui selon lui « reflètent une tendance inquiétante » en Iran où au moins 800 personnes ont été exécutées depuis janvier, la plupart pour des affaires de drogue. Il s’agit du nombre le plus élevé depuis 12 ans.

L’Union européenne a également critiqué le régime iranien pour la pendaison de cette jeune femme et s’est dite préoccupée par « le nombre élevé des exécutions en Iran, notamment des exécutions pour le trafic de la drogue qui n’est pas classé parmi ‘les crimes les plus graves’ dans le droit international humanitaire. Les condamnations à la peine capitale pour les crimes commis par des personnes âgées de moins de dix-huit ans sont contraires aux obligations internationales de l’Iran en vertu du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et de la Convention relative aux droits de l’enfant.»

Il est bon de constater que le retour de l’Iran des mollahs dans le concert des nations s’accompagne d’un regain d’exécutions, notamment de la jeunesse, en Iran.