CSDHI – Après huit mois de détention, le chroniqueur de journal Afarin Chitsaz a été libéré de la prison d’Evine à Téhéran le 5 juillet 2016 moyennant le paiement d’une caution de 10 milliards de rials ($ 324.000 USD) jusqu’à son audience en appel, a appris la Campagne internationale pour les droits de l’homme en Iran. Deux journalistes réformistes emprisonnés qui ont été appréhendés le même jour que Chitsaz au cours d’une vague d’arrestations par les gardiens de la révolution ont été quant à eux temporairement libérés. Ehsan Mazandarani et Ehsan (Saman) Safarzaei se sont vus accorder un congés de trois jours pour visiter leurs familles, selon les sources de la Campagne.
Mazandarani, le rédacteur en chef du journal quotidien réformateur Farhikhtegan, était en grève de la faim depuis le 17 mai 2016 pour protester contre la reprise de ses interrogatoires et de son transfert en isolement dans le quartier 2-A de la prison d’Evine, qui est contrôlé par les gardiens de la révolution. Mazandarani protestait également contre les accusations portées contre lui et le refus des autorités de le libérer sous caution jusqu’à ce que la Cour d’appel se réunisse pour statuer sur sa peine de prison de sept ans.
La santé de Mazandarani s’est fermement détériorée en raison de sa grève de la faim. Peu de temps après avoir été hospitalisé à la suite d’une crise cardiaque, Mazandarani et sa famille ont été agressés par un gardien de prison dans sa chambre d’hôpital le 10 juin 2016.
Chitsaz, Mazandarani, Safarzaei et le célèbre journaliste réformateur, Issa Saharkhiz – qui a été hospitalisé le 9 mars 2016 après s’être vu refuser un traitement médical en temps opportun pour les effets de ses grèves de la faim successives – ont tous été arrêtés par les Gardiens de la Révolution, le 2 novembre 2015 et accusés de faire partie d’un complot d’ « infiltration » initié à l’étranger pour répandre la propagande contre la République islamique d’Iran.
Le procès de Saharkhiz a été reporté après son hospitalisation. Le 3 juillet 2016, a-t-il déclaré de son lit d’hôpital, si le pouvoir judiciaire continue de garder son cas l’incertitude, il demanderait à retourner en prison où il reprendrait sa grève de la faim, selon le site réformateur Kaleme. Il a été inculpé de « propagande contre l’Etat », « insulte envers le Guide suprême et le chef du pouvoir judiciaire » et « rassemblement et collusion contre la sécurité nationale ».
Au moment de la grande vague d’arrestations, les sites Web affiliés aux gardes révolutionnaires ont affirmé qu’il y avait un cinquième « journaliste » parmi les détenus. Quelques mois plus tard la personne sans nom a été révélé comme étant Davoud Assadi, un directeur du marketing d’une société privée à Téhéran et le frère du journaliste dissident iranien Houshang Assadi, qui vit en exil à Paris et qui a déclaré à la Campagne en avril 2016, que l’arrestation de Davoudi Assadi était un « avertissement pour moi et d’autres militants politiques basés à l’étranger ».
Chitsaz, qui a écrit pour l’Iran, le quotidien officiel du gouvernement du président Hassan Rouhani, a été battue lors de ses séances d’interrogatoire en prison. Sa mère, Maryam Azadpour, a déclaré à la campagne en mai 2016 qu’elle déposerait une plainte auprès de la magistrature.
« Ils ont bandé les yeux de ma fille et l’ont battue avec une bouteille d’eau pour obtenir ses confessions », a déclaré Azadpour. « L’abus n’a pas été effectué par l’interrogateur principal, qui était très respectueux envers elle. Mais en tout cas, nous poursuivrons cette affaire avec le juge de l’affaire ».
Source : Campagne Internationale pour les droits de l’homme en Iran



