Publié le : 15th octobre 2020
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Suicide de Mohammad, un enfant de 11 ans

CSDHI – Le 13 octobre, la société iranienne a été choquée par le suicide de Mohammad Mousavizadeh, un écolier de 11 ans.

Sans smartphone, Mohammad est retiré du programme en ligne de son école

En raison de la pauvreté excessive et des conditions de vie difficiles de sa famille, les parents de Mohammad n’ont pas pu lui fournir de smartphone et l’ont retiré du programme en ligne de son école.

« Nous avons eu un problème pendant deux ou trois mois. Mon fils n’avait pas de vrai téléphone. Le téléphone portable qu’il avait était défectueux. Nous n’avons pas eu une bonne vie. Nous vivions dans une maison de location. Mon mari est malade. J’ai d’autres enfants. Mohammad avait besoin d’un téléphone portable parce que celui que nous avions ne fonctionnait pas correctement », a déclaré la mère de Mohammad, Fatemeh, à l’agence de presse ROKNA affiliée au Parlement (Majlis).

« Il ne pouvait pas envoyer d’audio ni prendre de photos avec. Il n’a rien dit. Son professeur lui a demandé d’envoyer un fichier audio ou d’envoyer une image. Nous avons dit à son professeur ce qui se passait. Son professeur lui a dit d’aller le dire à son père, pas à lui. C’est notre histoire », a-t-elle ajouté.

L’école et les « officiels » rejettent la pauvreté comme cause du drame

Le directeur de l’école a tenté de se justifier, affirmant qu’il avait « personnellement offert un smartphone à Mohammad en avril. » Les médias officiels ont également rejeté la pauvreté comme raison de ce drame. Cependant, ces mots ne changent rien car de nombreuses familles ne peuvent pas se permettre d’offrir une tablette ou un smartphone à leurs enfants.

« Les cours en ligne restent inaccessibles à pas moins de 3 millions d’écoliers iraniens sur 14 millions », a déclaré le porte-parole de la Commission de l’éducation du Majlis, Ahmad Hossein Falahi. « Mohammad a été victime de discrimination dans l’éducation », a écrit le quotidien Javan, affilié aux pasdarans (IRGC), le 13 octobre.

Néanmoins, Mohammad n’est pas le seul cas de suicide d’enfants. « Mani, un étudiant de 14 ans à Kermanshah, n’avait pas les moyens d’acheter un téléphone portable. Pour gagner de l’argent, il est devenu porteur. Il a été poursuivi par des agents du régime, au cours duquel il est tombé d’une montagne. Il est mort », rapporte le quotidien Hamshahri le 14 septembre.

D’autres enfants commettent l’irréparable

En avril, une autre écolière de 11 ans, Zeinab, s’est suicidée en raison de la pauvreté de sa famille. Elle habitait la province d’Ilam, dans l’ouest de l’Iran. Elle aurait eu honte de ses vêtements usés. « Elle a même été privée d’une tombe digne de ce nom dans le cimetière public », a déclaré un député de la juridiction d’Ilam.

Un mois plus tard, un enfant de 12 ans, Armin, s’est suicidé dans la province de Kermanshah, voisine d’Ilam au nord. Quelques semaines plus tôt, la mère d’Armin était décédée d’un cancer. Les responsables de l’hôpital ont retenu son corps parce que la pauvre famille d’Armin ne pouvait pas payer la facture. « Il n’y avait même pas une assiette ou une cuillère chez eux », a déclaré le responsable d’un organisme caritatif local.

Ces tragédies ne sont pas des exceptions en Iran. Les autorités iraniennes dépensent les ressources nationales du pays pour étendre leur influence dans d’autres pays. Elles dilapident l’argent pour renforcer leur capacité d’oppression des mouvements sociaux. Le 21 septembre, le commandant adjoint des pasdarans, Ali Fadavi, s’est adressé à la télévision officielle. Il a révélé que Téhéran avait dépensé près de 17 milliards d’euros dans les pays voisins.

Les Iraniens sont pauvres mais leurs dirigeants sont riches

Au début du mois de mai, l’ancien président de la Commission de la sécurité et des affaires étrangères du Majlis, le Heshmatollah Falahatpisheh, a révélé que le gouvernement avait dépensé 17 à 25 milliards d’euros rien qu’en Syrie. Pendant ce temps, les autorités iraniennes accusent les sanctions américaines d’avoir paralysé la capacité du gouvernement à contrer le nouveau coronavirus.

Et pendant ce temps, les citoyens iraniens souffrent. Le régime est corrompu. Et les victimes, ce sont les gens. Il ne fournit aucune fourniture essentielle et équipements hygiéniques aux citoyens et même aux professionnels de la santé, dans cette période de crise sanitaire mondiale.

Source : INU