Publié le : 3rd septembre 2020
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Les manifestations en Iran se multiplient

CSDHI – Cette année, les appels à la protestation en Iran sont trois fois plus nombreux que l’année dernière. Cette constatation émane du chef du département de la sécurité et de l’application de la loi du ministère iranien de l’intérieur.

Forte croissance des protestations

Hossein Zolfaghari a déclaré mardi que cela représente 1 702 appels à la protestation depuis le début de l’année perse en mars 2020. En 2019, 519 appels à manifester ont été recensés à la même période, soit une augmentation de 227 %.

Il a cité des comptes-rendus des services du renseignement et il a affirmé que les appels à la protestation venaient de « l’étranger de même que les « racines de certains problème ». Toutefois, il a admis qu’il était possible pour les Iraniens à l’intérieur de l’Iran de « re-poster » les appels.

L’Iran accuse le rôle des médias étrangers

Zolfaghari, ancien commandant adjoint des forces de l’ordre, a affirmé que les médias étrangers qui parlaient des protestations et des grèves « essayaient de transformer l’Iran en une autre Syrie. » En outre, il a ajouté que le ministère avait envoyé « 610 rapports stratégiques » aux fonctionnaires pour mettre fin à d’autres protestations.

Le soulèvement national de 2019 était prévisible

Il a expliqué que le Conseil de sécurité avait prédit le soulèvement de novembre 2019 à la suite du triplement du prix du carburant pendant la nuit. D’ailleurs, presque tout le monde aurait pu les prévoir. Et les fonctionnaires qui ont prétendu ne pas être au courant de l’augmentation à l’avance ont menti, en présentant des documents pour le prouver.

Zolfaghari a déclaré : « Il n’y a pas eu de problèmes pendant les premières heures du plan, mais à partir du vendredi midi, certains responsables du pays ont tweeté sur Internet. Ils ont affirmé certaines choses. Puis, un groupe de l’étranger a mené certaines actions et certaines personnes ont protesté, puis d’autres incidents se sont produits… Ceux qui ont dit qu’ils n’étaient pas au courant du plan avant vendredi, il y a des documents qui montrent à quelle heure, quel jour, et qui leur a parlé de l’augmentation du gaz. »

Le peuple contre les mollahs

Lors des manifestations de novembre 2019, des Iraniens en colère ont scandé des slogans contre le Guide suprême Ali Khamenei et le régime dans son ensemble. Parmi eux :

« Mort à Khamenei »

« Mort au dictateur »

« Les mollahs doivent foutre le camp »

La colère du peuple embrase les symboles des dirigeants islamistes

Les protestations se sont étendues à 160 villes. Les manifestants ont mis le feu à des bases appartenant aux pasdarans (IRGC) et au Bassidj, à des kiosques de police, à des postes de police, à des voitures et des motos des forces de sécurité, aux bureaux des gouverneurs, aux bureaux des chefs de prières du vendredi, à des séminaires, à des chaînes de magasins appartenant à l’IRGC, à des banques, à des distributeurs automatiques de billets et à des stations d’essence. Et finalement, le régime a répondu par une violente répression, en abattant au moins 1 500 manifestants et en coupant l’accès à Internet pour empêcher la diffusion des nouvelles.

Les responsables iraniens ont peur de nouvelles manifestations car cela pourrait renverser les mollahs. Le politicien Hossein Biadi a déclaré qu’ « il y avait une possibilité d’événements sociopolitiques inattendus d’ici la fin du mois de décembre. »

Source : Iran Focus (site anglais)

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