CSDHI – Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Majlis (parlement) du régime iranien, a annoncé la promulgation prochaine du nouveau projet de loi sur le hijab et la chasteté. Selon les médias d’État, il a déclaré que ce projet de loi serait publié le 13 décembre et qu’il définirait les responsabilités spécifiques de chaque organisme gouvernemental en ce qui concerne l’application de la réglementation sur le hijab. M. Ghalibaf a également affirmé que le projet de loi éliminerait la présence de la police des mœurs.
Pour justifier l’initiative répressive « Hijab et chasteté », M. Ghalibaf a déclaré, le mercredi 27 novembre, que le projet de loi classait les infractions en catégories, telles que « le retrait du hijab, le hijab incorrect et la nudité ». Selon lui, une première infraction donnera lieu à un avertissement par SMS, suivi d’une réprimande officielle. Au premier niveau, une amende sera imposée sans autre forme de procès. Les violations répétées donneront lieu à une deuxième amende, mais l’emprisonnement ne sera plus une option dans ces cas-là.
La loi sur le hijab et la chasteté, adoptée par le Majlis en septembre 2023 et ratifiée par le Conseil des gardiens en octobre 2024, s’est heurtée à l’opposition généralisée des défenseurs des droits de l’homme et de la société civile. Ces protestations ont été largement exprimées sur les plateformes de médias sociaux.
Majid Ansari, l’adjoint juridique du président du régime iranien, a récemment déclaré qu’en dépit de son approbation, la loi sur le hijab et la chasteté restait suspendue. Toutefois, selon les règles gouvernementales, si le président ne promulgue pas officiellement une loi parlementaire, le président du Majlis est autorisé à le faire.
Lors de sa campagne électorale, Massoud Pezeshkian, le président du régime iranien, a présenté l’approche policière « légère » pour traiter les opposants au hijab obligatoire, mais l’a qualifiée cyniquement d’« obscure ». Il a plaidé pour un traitement digne des femmes. Cependant, après son accession au pouvoir, il a abandonné ces promesses.
M. Ghalibaf a également affirmé que le projet de loi sur le hijab et la chasteté visait à prévenir les confrontations directes et les altercations. Il a ajouté qu’en vertu de la nouvelle loi, la police des mœurs n’existera plus et que ses mécanismes d’application sont explicitement décrits.
Le projet de loi sur le hijab et la chasteté, introduit après le soulèvement de 2022, impose de lourdes amendes et sanctions aux opposants au hijab obligatoire.
Ce qui reste préoccupant, c’est l’utilisation persistante du hijab par le gouvernement iranien comme outil de contrôle des femmes et de la société dans son ensemble. Cette question va au-delà du hijab et représente un effort pour supprimer toute dissidence ou opposition publique. En fait, le hijab est devenu un prétexte pour le régime de brandir des lois strictes et des mesures répressives afin de contrôler le paysage social et politique du pays.
Ces politiques sont essentiellement une tentative d’étouffer les protestations sociales croissantes qui ont progressivement émergé. Les femmes iraniennes, qui constituent l’un des principaux groupes sociaux soumis à de fortes pressions gouvernementales, sont constamment privées de leurs droits fondamentaux et soumises à une répression systématique.
Malgré cette répression, les voix des femmes iraniennes restent fortes. Elles poursuivent leurs efforts par divers moyens, notamment les manifestations et l’activisme en ligne, pour transmettre leurs demandes à la communauté internationale. Bien que le régime utilise des outils répressifs tels que les avertissements textuels et les confiscations de voitures pour faire taire ces voix, les femmes iraniennes ont fait preuve d’une détermination inébranlable dans leur quête de droits. Cette résilience est le signe d’un mouvement social profondément enraciné, né d’années d’inégalité et d’oppression.
Source : Iran Focus (site anglais)



