Iran : une pendaison publique suscite la colère de l’opinion

CSDHI – La pendaison publique, le 26 février, d’un jeune dans la ville de Karaj ( voir le clip) quelques instants après avoir été tabassé par des bourreaux pour avoir demandé à voir sa mère, a créé une telle colère dans l’opinion que les agents du régime iranien se sont inquiétés.

L’agence Mehr du ministère du Renseignement, organes qui surveille à la loupe les réseaux sociaux créés et autorisés par le régime pour empêcher justement tout échauffement social, a rapporté le 2 mars que « des images largement diffusées sur Internet ont changé l’atmosphère au bénéfice des condamnés » à mort.

« Après la pendaison, la colère des internautes sur les réseaux sociaux est allé si loin que, selon certains, les condamnés étaient innocents, et exécutés pour une raison inconnue, devenant des victimes », ont ajouté les rapports.

« Les images de la pendaison et les tentatives du prisonnier pour voir sa mère ont filmées par téléphone et immédiatement postées sur internet. Par conséquent ceux qui n’étaient pas présents ont quand même pu y participer ».

Le prisonnier, identifié par son prénom Habib, était l’un des trois jeunes pendus en public simultanément dans trois lieux différents à Karadj.

Une des images largement diffusées sur Internet montrait les bourreaux en train de battre le prisonnier qui demandait à voir sa mère pour la dernière fois avant d’être pendu.

Comme les gardes lui refusaient sa demande, Habib n’a pas hésité à donner de violents coups de pieds à ses bourreaux et à renverser le banc de sa potence. Il a été pendu sans pouvoir voir sa mère qui criait dans la foule.

La scène redoutable de cruauté mais aussi de courage et de résistance, a soulevé l’indignation contre le régime et les encouragements nourris de la foule pour Habib lorsqu’il se débattait et distribuait lui aussi des coups de poings et de pieds aux bourreaux.