CSDHI – Dans le sillage des récentes frappes aériennes israéliennes, le gouvernement iranien a lancé une nouvelle vague de répression généralisée à travers le pays, citant la « période de guerre » et un climat de sécurité intensifié. L’arrestation de centaines de citoyens dans diverses provinces au cours des derniers jours a une fois de plus suscité de vives inquiétudes quant aux graves violations des droits humains, notamment en ce qui concerne la liberté d’expression et le droit à un procès équitable.
Arrestations au milieu de la censure et d’un climat militarisé
Depuis le 14 juin 2025, au moins 300 personnes ont été arrêtées dans différentes provinces d’Iran, principalement pour des accusations vagues telles que « espionnage », « perturber l’opinion publique » et même « soutien médiatique à Israël ». Les sources des droits de l’homme estiment que ce chiffre ne représente qu’une fraction du nombre réel d’arrestations.
L’ampleur géographique de la répression — qui s’étend sur des provinces comme Téhéran, Kerman, Fars, Khorasan, Golestan, Kurdistan, Ispahan, Bushehr, et bien d’autres—indique un effort systématique pour instiller la peur, faire taire les voix dissidentes et exercer un contrôle strict sur les espaces numériques et publics.
Citoyen arrêté pour avoir posté une vidéo satirique
Un cas particulièrement préoccupant est l’arrestation d’Ali Shahbazi, résident de Behbahan, le 17 juin 2025. Il a été arrêté par les forces de sécurité uniquement pour avoir publié une vidéo satirique commentant la récente attaque israélienne. Malgré la nature non menaçante et critique du contenu, Shahbazi a été emmené de force dans un lieu tenu secret et s’est vu depuis refuser l’accès à un avocat et le contact avec sa famille. De telles actions sont une violation flagrante du droit à la liberté d’expression et des protections juridiques les plus élémentaires dues aux détenus.
Quatre arrestations à Kerman sur des accusations vagues
Simultanément, les autorités de Kerman ont signalé l’arrestation de quatre autres citoyens (trois hommes et une femme). Sans fournir de détails substantiels, le commandant de la police provinciale a affirmé que ces personnes avaient été détenues en lien avec des accusations « de trouble à l’ordre public » et « d’avoir causé de l’anxiété à la population » – des accusations générales qui sont souvent portées sans preuve crédible.
Procédure judiciaire accélérée et menace de peine capitale
Dans une déclaration menaçante, Gholam-Hossein Mohseni-Ejei, chef de la magistrature iranienne, a déclaré que les personnes accusées de collaborer avec Israël doivent être « rapidement jugées et punies ». Pendant ce temps, le parlement iranien a approuvé — en double urgence—un projet de loi qui intensifierait les sanctions pour les « collaborateurs avec Israël », une désignation qui pourrait maintenant être interprétée comme une « corruption sur terre » (efsad fel-arz), pouvant potentiellement mener à la peine de mort. De telles mesures non seulement nuisent gravement à l’impartialité et à l’indépendance judiciaires, mais violent également les principes d’une procédure régulière, les droits des accusés et les normes internationales en matière de droits de l’homme. La condamnation accélérée sans défense juridique appropriée ou accès à un avocat ouvre la voie à une injustice systémique et à la privation du droit à la vie.



