CSDHI – La grève de la faim collective menée par les prisonniers politiques de la prison de Ghezel Hesar entre aujourd’hui dans son sixième jour. Malgré des conditions extrêmement dures et une forte pression en isolement cellulaire, les détenus continuent de résister à la vague d’exécutions, aux transferts forcés et à la répression brutale. La grève, entamée le 26 juillet, fait suite à l’assaut violent mené par les forces spéciales contre le pavillon 4 : les détenus y ont été battus, transférés de force en cellule d’isolement, tandis que deux prisonniers politiques, Mehdi Hassani et Behrouz Ehsani Eslamloo, ont été exécutés en secret.
Ces deux prisonniers étaient des soutiens actifs de la campagne “Mardis contre les exécutions” et accusés d’appartenir à l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI). Leur condamnation à mort a été appliquée sans procès équitable, et leurs familles n’ont pas été informées. Pire encore, les autorités judiciaires refusent de révéler l’emplacement de leurs tombes, un schéma déjà observé dans d’autres cas d’exécutions de prisonniers politiques.
Une répression coordonnée visant à briser la résistance en prison
Selon des sources, plus de 100 agents de sécurité — issus des gardiens de la prison, de l’Organisation du renseignement des Gardiens de la révolution (IRGC) et d’autres unités répressives — ont pris d’assaut le pavillon des prisonniers politiques samedi dernier. Les détenus ont été menottés, aveuglés par des cagoules noires, puis transférés en isolement disciplinaire. Parallèlement, Saeed Masouri, figure emblématique de ce mouvement de protestation, a été exilé à la prison de Zahedan, après 25 années d’incarcération.
Tout semble indiquer que cette répression fait partie d’un plan plus large du régime visant à faire taire l’opposition croissante aux exécutions dans les prisons. La campagne “Non aux exécutions” est menée depuis plus de 79 semaines dans 48 prisons du pays, et représente aujourd’hui l’un des mouvements de protestation les plus significatifs au sein du système judiciaire iranien.
Grève de la faim : une protestation silencieuse dans des cellules verrouillées
Les prisonniers politiques de Ghezel Hesar, actuellement détenus en isolement dans l’unité 3, poursuivent leur grève de la faim dans des conditions extrêmement sévères. Privés de tout contact avec leurs familles, de soins médicaux, d’accès à l’air libre ou au minimum de droits humains, ils résistent néanmoins. Selon un proche, l’état de santé de certains grévistes est jugé critique. Mais les autorités pénitentiaires n’ont pris aucune mesure, allant même jusqu’à tenter de dissimuler la grève de la faim et de censurer les informations à ce sujet.
Un silence mortel de la part du pouvoir judiciaire
Le régime ne répond pas aux protestations et intensifie au contraire la répression en cachant volontairement l’état des détenus, en maintenant leurs familles dans une angoisse psychologique constante et en niant leurs droits légaux. Les familles de Mehdi Hassani et Behrouz Ehsani ont à plusieurs reprises contacté les autorités judiciaires pour connaître le sort de leurs proches, sans jamais obtenir la moindre réponse.



