CSDHI – Des informations alertent sur les risques graves encourus par les prisonniers politiques et d’autres détenus, alors que les établissements pénitentiaires subissent des dommages, des pénuries et une surpopulation dans un contexte d’intensification des attaques militaires.
Alors que les frappes militaires et les bombardements s’intensifient dans plusieurs régions d’Iran, les inquiétudes se multiplient quant à la sécurité des détenus — en particulier des prisonniers politiques — incarcérés dans le système pénitentiaire du pays.
Dans une récente déclaration, le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) a averti que maintenir des prisonniers en détention dans des conditions de guerre active met gravement leur vie en danger. L’organisation a qualifié la poursuite de l’incarcération pendant les bombardements de « double crime », estimant que les détenus sont exposés simultanément aux dangers de la guerre et aux conditions déjà sévères du système carcéral iranien.
Selon ce communiqué, des détenus dans plusieurs prisons sont confrontés à la fois à la menace de frappes militaires à proximité et à un durcissement des restrictions imposées par les autorités pénitentiaires. Ces circonstances ont accru les craintes des familles de prisonniers et des défenseurs des droits humains quant au sort de milliers de détenus.
Conditions de crise à la prison du Grand Téhéran
Une inquiétude particulière concerne la situation à la prison du Grand Téhéran, plus connue sous le nom de prison de Fashafouyeh. Des rapports indiquent que certaines parties de l’établissement — notamment l’entrepôt de stockage des denrées alimentaires — auraient été endommagées lors de bombardements récents.
Ces destructions auraient entraîné de graves pénuries de nourriture, de médicaments et de produits essentiels pour les détenus. Selon certaines sources, les prisonniers ne recevraient actuellement qu’un seul repas par jour.
La situation s’est encore aggravée en raison du départ signalé de nombreux membres du personnel pénitentiaire, qui craignent d’éventuelles frappes aériennes. En conséquence, la fourniture des services les plus élémentaires aux détenus a été fortement perturbée. La boutique interne de la prison aurait également été fermée, privant les prisonniers d’un accès minimal à des produits de première nécessité.
Surpopulation après des transferts depuis la prison d’Evine
Parallèlement, des informations indiquent qu’environ 50 prisonniers de la prison d’Evine ont été transférés soudainement à Fashafouyeh sans préavis.
Selon des sources proches du dossier, ces détenus seraient désormais entassés dans une pièce conçue pour une vingtaine de personnes, provoquant une surpopulation extrême. De nombreux prisonniers seraient contraints de dormir à même le sol, dans des conditions insalubres et très exiguës.
Le communiqué souligne également que des détenus de catégories très différentes — prisonniers politiques, détenus de droit commun, personnes âgées, malades et même mineurs de moins de 18 ans — seraient détenus ensemble sans aucune forme de classification. Selon l’organisation, une telle situation viole les normes internationales les plus élémentaires en matière de gestion pénitentiaire.
Certains des prisonniers transférés n’auraient par ailleurs pas reçu de nourriture après leur arrivée et souffriraient désormais de faim sévère.
Des rapports similaires dans d’autres prisons
Des conditions comparables ont été signalées à la prison de Qezel Hesar, où les détenus seraient enfermés dans leurs quartiers pendant de longues périodes tandis que des bombardements se produisent à proximité. Les prisonniers ne pourraient ni accéder aux espaces ouverts ni chercher refuge pendant les attaques.
Dans le même temps, des centaines de membres de l’unité spéciale de police connue sous le nom de NOPO (Iranian Special Police Unit) auraient été déployés à l’intérieur et autour du complexe pénitentiaire.
Dans l’ouest de l’Iran, des tensions ont également été signalées à la prison de Mahabad. Le 3 mars, après un bombardement visant une installation militaire voisine, des détenus auraient protesté après avoir été enfermés dans leurs quartiers pendant l’attaque.
Selon des informations disponibles, certains prisonniers ont mis le feu à des couvertures pour exiger leur évacuation ou leur libération face au danger de guerre. Les forces de sécurité auraient répondu en tirant du gaz lacrymogène dans les quartiers de détention afin de disperser la protestation.
À la suite de cet incident, environ 120 détenus ont été transférés le 4 mars de la prison de Mahabad vers la prison de Miandoab, où ils seraient désormais confinés dans deux salles de quarantaine surpeuplées.
Dégâts à la prison de Karaj et inquiétude des familles
Un autre incident s’est produit le 7 mars, lorsqu’une partie du mur de la prison de Fardis, également connue sous le nom de prison de Kachouei, a été endommagée lors d’un bombardement.
Cet événement a suscité une vive inquiétude parmi les familles de détenus, dont plusieurs se seraient rassemblées devant la prison afin d’obtenir des informations sur la sécurité de leurs proches.
Appels à une action internationale
Réagissant à ces développements, Maryam Radjavi, présidente élue de la Résistance iranienne, a averti que les prisonniers font désormais face à des risques sans précédent dans le contexte de la guerre.
Elle a déclaré que maintenir des détenus dans des établissements pénitentiaires pendant des bombardements les expose à un danger extrême et a qualifié la situation de « double crime ». Radjavi a appelé la communauté internationale ainsi que les organisations mondiales de défense des droits humains à agir immédiatement pour obtenir la libération des prisonniers — en particulier des détenus politiques — et pour répondre d’urgence à la dégradation de leurs conditions de détention.
Le communiqué conclut en avertissant que si la situation actuelle perdure, la vie de milliers de prisonniers dans le système carcéral iranien pourrait être gravement et immédiatement menacée. Il appelle les institutions internationales et les organisations de défense des droits humains à intervenir afin de protéger les détenus et garantir leur sécurité.



