CSDHI – Un mouvement croissant contre les exécutions — en partie ancré à l’intérieur même des prisons — conteste la hausse des mises à mort et met à l’épreuve les limites de la résistance civile en Iran.
Alors que le nombre d’exécutions continue d’augmenter en Iran, une nouvelle déclaration de la campagne « Non aux exécutions » attire de nouveau l’attention sur l’un des enjeux de droits humains les plus controversés du pays. Plus qu’une simple protestation, cette campagne reflète un effort élargi visant à remettre en cause la normalisation de la peine capitale — à un moment où les voix dissidentes font face à des contraintes croissantes.
Qu’est-ce que la campagne « Non aux exécutions » ?
La campagne « Non aux exécutions » est une initiative civile visant à s’opposer à l’usage de la peine de mort en Iran. Ces derniers mois, elle a gagné en visibilité grâce à une action récurrente appelée « Les mardis contre l’exécution ».
Ce qui distingue cette campagne est son origine двойte :
- elle est soutenue par des militants à l’extérieur de l’Iran
- mais aussi par des prisonniers politiques à l’intérieur du pays
Selon plusieurs sources, l’un de ses objectifs centraux est de remettre en question la banalisation des exécutions et d’imposer le sujet dans le débat public.
Ce lien entre l’intérieur et l’extérieur confère à la campagne un poids symbolique important ainsi qu’une crédibilité renforcée.

Ce qui ressort de la dernière déclaration
La dernière prise de position de la campagne va au-delà d’une simple condamnation. Elle transmet plusieurs messages :
- un avertissement sur l’augmentation du nombre d’exécutions
- un appel à une mobilisation et une sensibilisation accrues du public
- une volonté de présenter les exécutions comme une question fondamentale de droits humains
Un élément particulièrement notable est le changement de perspective.
La déclaration ne considère plus les exécutions uniquement comme des décisions judiciaires, mais comme un enjeu sociétal global, affectant :
- la confiance du public
- la perception de la justice
- la stabilité sociale à long terme
Pourquoi cette campagne est importante
1. Reconfigurer le récit
Les exécutions sont souvent présentées comme des instruments légaux. La campagne conteste cette vision en les replaçant dans un cadre de droits humains.
2. Créer une pression sociale
Bien qu’elle ne dispose pas de pouvoir institutionnel, la campagne cherche à influencer l’opinion publique — un levier essentiel pour les évolutions à long terme.
3. Relier l’intérieur et l’extérieur
La participation de prisonniers apporte une dimension essentielle, en liant expérience vécue et plaidoyer, ce qui renforce la légitimité du mouvement.
Une dimension souvent sous-estimée : un test de résistance civile
Au-delà de ses objectifs affichés, la campagne soulève une question plus profonde :
Une mobilisation civile organisée et durable peut-elle exister dans un contexte fortement contraint ?
C’est là que son importance s’élargit. Elle devient non seulement une lutte contre la peine de mort, mais aussi un test de la capacité de mobilisation continue de la société iranienne.
Perspectives et évolutions possibles
Si la campagne continue de se développer, plusieurs scénarios sont envisageables :
- une attention publique accrue sur les pratiques d’exécution
- une implication renforcée des organisations internationales de défense des droits humains
- ou, à l’inverse, un durcissement des restrictions contre les formes d’activisme
La question centrale reste ouverte :
Ce mouvement peut-il dépasser le stade déclaratif pour produire des changements concrets ?
Conclusion
La campagne « Non aux exécutions » dépasse désormais le simple cadre du plaidoyer. Elle devient un cas test pour observer comment la société iranienne — et ses institutions — réagissent face à une pression continue sur des questions fondamentales de droits humains.
Au fond, l’enjeu n’est peut-être pas seulement l’ampleur du mouvement, mais sa capacité à transformer la manière dont les exécutions sont perçues, débattues et justifiées.



