CSDHI – Les messages de deux sympathisants de l’Organisation des Moudjahidine du Peuple d’Iran (OMPI), Parisa Kamali et le boxeur condamné à mort Mohammad Javad Vafaei Sani, témoignent d’une détermination inébranlable face aux exécutions, aux persécutions et à l’intensification de la répression dans les prisons iraniennes.
La défiance derrière les murs des prisons
Alors que les autorités iraniennes renforcent leur répression contre toute forme de dissidence politique et étendent leur recours aux exécutions, les messages qui parviennent depuis les prisons du pays racontent une autre histoire : non pas celle de la peur ou de la résignation, mais celle de la résistance et de la persévérance.
Deux messages récents de prisonniers politiques et sympathisants de l’Organisation des Moudjahidine du Peuple d’Iran (OMPI), Parisa Kamali et Mohammad Javad Vafaei Sani, condamné à mort, offrent un rare aperçu de la détermination de ceux qui subissent les formes les plus sévères de répression exercées par le régime.
Bien qu’ils soient séparés par les murs de leurs prisons et par des centaines de kilomètres, les deux détenus transmettent un message commun : la conviction que la lutte pour la liberté ne peut être anéantie ni par l’emprisonnement, ni par l’intimidation, ni même par l’exécution.
« Ils répondent aux cris de liberté par les balles et la potence »
Parisa Kamali, actuellement détenue à la prison centrale de Yazd, purge une peine de huit ans et demi de prison. Elle a notamment été condamnée pour avoir insulté l’ancien Guide suprême du régime, Ali Khamenei, pour propagande contre le régime et pour appartenance à l’OMPI.
Dans un message puissant envoyé depuis sa prison, elle décrit l’atmosphère de répression qui caractérise aujourd’hui l’Iran.
« C’est un endroit où règnent des dirigeants de carton-pâte. C’est un endroit où l’on reste stupéfait face à l’infinité des crimes. Ils répondent aux cris par les balles et la potence. »
Kamali condamne l’usage massif de la peine de mort par le régime, estimant que les exécutions sont devenues un instrument de terreur destiné à préserver le pouvoir politique plutôt qu’à rendre la justice.
« Non aux exécutions, parce qu’elles sont un outil de peur et de répression. Non aux exécutions, parce qu’elles sont essentielles à la survie du régime des mollahs et destructrices pour l’humanité. »
Dans son message, elle établit un lien direct entre l’augmentation du nombre d’exécutions et la peur des autorités face à l’agitation sociale et à l’opposition politique.
Elle rejette également l’idée selon laquelle les exécutions pourraient réduire au silence les voix dissidentes, évoquant la mémoire des nombreux prisonniers politiques et militants de la résistance condamnés à mort ou exécutés.
« Vous pensez que les exécutions nous feront disparaître. Vous vous trompez. Nous sommes les graines du blé. Une par une, nous devenons mille récoltes. »
Kamali appelle également à l’annulation des condamnations à mort visant les prisonniers politiques et les militants actuellement menacés d’exécution, avertissant que la machine répressive finit par mettre en danger l’ensemble de la société.
Le message d’un champion depuis le couloir de la mort
Un message tout aussi marquant est venu de Mohammad Javad Vafaei Sani, champion de boxe âgé de 31 ans et prisonnier politique, qui demeure sous le coup d’une condamnation à mort après plusieurs années de détention à la prison de Vakilabad, à Machhad.
Présentant sa déclaration comme peut-être le message le plus important de sa vie, Vafaei Sani réfléchit à la foi, au sacrifice et à l’engagement pour la liberté dans ce qu’il qualifie de l’un des moments les plus critiques de son existence.
Plutôt que d’exprimer le désespoir, l’athlète emprisonné met en avant sa conviction spirituelle et sa fidélité à ce qu’il considère comme la cause de la justice et de la liberté.
« Je demande seulement à Dieu d’accroître ma détermination et mon courage en cette période et d’accepter ma fidélité envers les opprimés, envers la vérité et envers la liberté de mon peuple. »
Tout au long de son message, Vafaei Sani insiste sur le fait que la répression ne peut triompher de convictions profondément enracinées.
« Nous ne nous rendrons pas, et nous avons prouvé que nous possédons l’arme la plus puissante qui soit : la foi et la droiture. »
Il présente la résistance non pas comme une réaction passagère à l’oppression, mais comme une obligation morale envers les générations futures et le peuple iranien.
« Nous n’avons pas d’autre choix que de nous lever pour défendre notre peuple, notre avenir et notre liberté. »
Un message commun de résistance
Malgré des circonstances différentes et des tonalités distinctes, les messages de Parisa Kamali et de Mohammad Javad Vafaei Sani convergent vers une même réalité politique : le régime contrôle les prisons, mais il n’a pas réussi à briser la détermination de nombreux prisonniers politiques.
Tous deux décrivent les exécutions et l’emprisonnement non comme des signes de force, mais comme la preuve d’un gouvernement qui craint la dissidence et cherche à écraser l’opposition par l’intimidation.
Pourtant, tous deux affirment également que la répression ne peut étouffer le désir de liberté.
La déclaration de Kamali selon laquelle « nous devenons mille récoltes » et la promesse de Vafaei Sani affirmant que « nous ne nous rendrons pas » reflètent un esprit de résistance qui caractérise depuis longtemps les prisonniers politiques iraniens.
Le symbole durable des prisonniers politiques
Tout au long de l’histoire contemporaine de l’Iran, les prisonniers politiques ont souvent incarné des symboles de résistance durant les périodes de répression accrue. Depuis leurs cellules, leurs déclarations dépassent fréquemment leur situation personnelle pour exprimer des aspirations politiques plus larges.
Les messages de Parisa Kamali et de Mohammad Javad Vafaei Sani s’inscrivent dans cette tradition.
L’une s’exprime avec l’urgence de quelqu’un qui assiste à une nouvelle vague d’exécutions. L’autre parle depuis le couloir de la mort. Pourtant, tous deux défendent la même conviction : la liberté, la justice et la dignité humaine méritent d’être défendues, quel qu’en soit le prix personnel.
Leurs paroles rappellent que même dans les conditions les plus difficiles, de nombreux prisonniers politiques continuent de se considérer non comme des victimes de la répression, mais comme des acteurs d’un combat plus vaste pour l’avenir de l’Iran.


