CSDHI – Les intervenants d’un rassemblement organisé le 16 juillet à Rome ont appelé les pays européens à mettre fin à leur politique d’apaisement envers le régime iranien, à soutenir la résistance démocratique du peuple iranien et à agir face à l’intensification des exécutions en Iran.
Des centaines de sympathisants de la Résistance iranienne se sont réunis dans la capitale italienne sous le slogan « Non aux exécutions, oui à une République démocratique », appelant les gouvernements européens à reconnaître le droit du peuple iranien à renverser la dictature au pouvoir et à soutenir sa résistance démocratique organisée.
L’événement, organisé dans un contexte de préoccupations internationales croissantes concernant la situation des droits humains en Iran, a réuni des représentants de la Résistance iranienne ainsi que plusieurs personnalités politiques internationales. Tous ont dénoncé l’augmentation des exécutions tout en appelant à mettre un terme à des décennies de politique occidentale d’apaisement, jugée inefficace.
Tout au long du rassemblement, les intervenants ont affirmé que l’avenir de l’Iran ne devait être décidé ni par une intervention étrangère ni par un retour à une dictature, mais par le peuple iranien lui-même et sa Résistance organisée.
Maryam Radjavi : le changement démocratique doit venir du peuple iranien
Dans un message adressé aux participants, Maryam Radjavi, présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), a salué les partisans de la Résistance iranienne, qu’elle a présentés comme la principale force démocratique œuvrant au changement à l’intérieur du pays.
Elle a estimé que le régime traversait sa crise politique la plus profonde depuis des décennies à la suite du soulèvement national de janvier, affirmant que des années de répression n’avaient fait que renforcer la détermination de la population à obtenir un changement démocratique.
Selon elle, les autorités sont désormais prisonnières des conséquences de près de cinq décennies de répression intérieure et d’aventurisme régional, tandis que les divisions internes affaiblissent progressivement l’ensemble des institutions du pouvoir.
Maryam Radjavi a soutenu que les événements récents confirmaient ce que la Résistance iranienne affirme depuis des années : ni la politique d’apaisement ni une intervention militaire étrangère ne constituent une solution à la crise iranienne.
Elle a réaffirmé ce que le CNRI appelle la « troisième option » : un changement de régime conduit par le peuple iranien lui-même, à travers des soulèvements populaires, les Unités de Résistance et une opposition démocratique organisée.
Elle a également salué la récente décision du Royaume-Uni de classer le Corps des gardiens de la révolution islamique (les pasdarans) comme organisation terroriste, la qualifiant de mesure attendue depuis longtemps, et a appelé les gouvernements européens à reconnaître officiellement à la fois la lutte du peuple iranien pour renverser le régime et les Unités de Résistance qui combattent les pasdarans.
En conclusion, elle a exhorté les sympathisants à renforcer leur soutien à la Résistance, affirmant que la voie vers une république démocratique repose sur une organisation durable et sur la participation active des citoyens.
Appels à mettre fin aux exécutions et rejet des deux dictatures
En ouvrant le rassemblement, Abolghasem Rezaei, représentant du CNRI, a rendu hommage à Reza Olia, artiste reconnu de la Résistance, dont les sculptures et les décennies d’engagement symbolisent, selon lui, la lutte contre la dictature du Shah comme contre le régime théocratique actuel.
Il a estimé que l’Iran traversait l’une des périodes les plus décisives de son histoire contemporaine et que la communauté internationale prenait progressivement conscience de la véritable nature du régime.
Selon lui, les événements récents confirment l’analyse défendue de longue date par la Résistance : la solution pour l’Iran n’est ni la guerre ni l’apaisement, mais un changement démocratique conduit par le peuple iranien.
Il a également mis en avant le développement des activités des Unités de Résistance malgré l’intensification de la répression, affirmant que les milliers d’opérations menées au cours de l’année écoulée démontrent que le mouvement continue de progresser malgré les arrestations et les exécutions.
Enfin, il a appelé l’Italie et l’Union européenne à abandonner des décennies de politique d’apaisement et à reconnaître officiellement la lutte légitime du peuple iranien pour un changement démocratique.
Un soutien international à l’alternative démocratique
Plusieurs personnalités internationales ont également pris la parole afin d’exprimer leur soutien aux aspirations démocratiques du peuple iranien.
L’ancien maire de New York, Rudy Giuliani, a déclaré qu’il n’existait aucune alternative démocratique organisée en dehors de la Résistance iranienne. Rejetant toute restauration de la monarchie, il a exprimé son soutien au plan en dix points de Maryam Radjavi, qu’il considère comme un projet fondé sur la souveraineté populaire, la liberté religieuse, la démocratie et l’égalité devant la loi.
L’ancien membre du Congrès américain Patrick Kennedy a lui aussi rejeté à la fois l’ancienne monarchie et la dictature théocratique actuelle. Selon lui, le recours croissant du régime aux exécutions révèle sa crainte face au développement de la Résistance organisée. Il a également soutenu le plan en dix points de Maryam Radjavi et appelé à un renforcement du soutien international aux Unités de Résistance et à l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI).
Les droits humains au cœur de la campagne
Le représentant du CNRI Aziz Paknejad a consacré son intervention à la dégradation de la situation des droits humains en Iran. Après avoir rendu hommage à Reza Olia, il a dénoncé la forte augmentation des exécutions.
S’appuyant sur des rapports de Human Rights Monitor, il a évoqué une hausse spectaculaire des exécutions à la fin de l’année 2025 et au début de 2026, y compris des exécutions de femmes et des pendaisons publiques. Il a également dénoncé les arrestations massives, les disparitions forcées, la torture et les aveux obtenus sous la contrainte après le soulèvement national.
Selon lui, des centaines d’exécutions auraient été pratiquées au seul mois de janvier 2026, dont un grand nombre en secret et sans procédure judiciaire équitable.
Il a appelé les Nations unies, les organisations internationales de défense des droits humains et les gouvernements démocratiques à demander des comptes au régime iranien pour des crimes contre l’humanité et à accroître la pression internationale afin de mettre fin aux exécutions et à la répression.
Un message commun adressé à l’Europe
Bien que leurs interventions aient porté sur différents aspects de la crise iranienne, tous les orateurs ont délivré un message convergent : la politique européenne à l’égard de Téhéran doit changer en profondeur.
Plutôt que de poursuivre le dialogue avec un régime qu’ils considèrent comme irréformable, les participants ont appelé les gouvernements européens à reconnaître le droit du peuple iranien à résister à la dictature et à soutenir l’établissement d’une république démocratique, fondée sur la séparation de la religion et de l’État, l’égalité entre les femmes et les hommes, l’abolition de la peine de mort et le respect des droits fondamentaux.
Organisé le même jour que l’intervention de Maryam Radjavi devant la Commission des droits de l’homme du Sénat italien, le rassemblement de Rome a réaffirmé le message central de la Résistance iranienne : selon ses représentants, la voie vers une paix durable, la stabilité et la démocratie passe par le soutien au peuple iranien, et non au régime qui continue de le réprimer.


