Le dimanche 6 septembre 2026, correspondant au 15 Shahrivar 1405, deux actes d’auto-immolation ont été signalés en Iran, l’un à Ahvaz et l’autre à Hamadan. Ces deux événements, survenus dans des contextes différents, témoignent de situations humaines particulièrement dramatiques.
À Ahvaz, un travailleur s’immole après cinq mois de salaires impayés
À Ahvaz, un travailleur d’environ 40 ans employé comme agent de sécurité sur le projet du métro d’Ahvaz a tenté de s’immoler devant le bâtiment central de la municipalité.
Selon les informations rapportées par des sources syndicales, le travailleur comptait 17 années d’ancienneté et était père de deux enfants. Lui et plusieurs de ses collègues avaient organisé, la veille, un rassemblement devant la municipalité pour protester contre le non-paiement de cinq mois de salaires.
À leur retour sur leur lieu de travail, le travailleur et quatre de ses collègues auraient été licenciés par l’entreprise sous-traitante.
Le lendemain matin, les travailleurs sont retournés devant la municipalité afin de demander le paiement de leurs salaires et de contester leur licenciement. Face à l’absence de réponse des responsables, le travailleur a alors tenté de s’immoler.
Des personnes présentes sur place sont intervenues rapidement et ont réussi à éteindre les flammes à l’aide d’un extincteur. Le travailleur, brûlé notamment au niveau de l’abdomen, a été transporté à l’hôpital Taleghani d’Ahvaz, où il a été pris en charge.
Cette affaire illustre la gravité de la crise économique et sociale à laquelle sont confrontés de nombreux travailleurs iraniens : salaires impayés, précarité de l’emploi, licenciements et absence de réponse aux revendications sociales.
À Hamadan, un jeune homme de 26 ans
Le même jour, à Hamadan, un jeune homme âgé d’environ 26 ans a tenté de s’immoler sur la place Imam Khomeini.
Selon les informations communiquées par l’Université des sciences médicales de Hamadan, les équipes des urgences sont intervenues rapidement et ont réussi à le sauver avant de le transférer à l’hôpital pour recevoir des soins.
Les autorités judiciaires de Hamadan ont par la suite déclaré que le jeune homme avait des antécédents de problèmes psychologiques et que les circonstances de son geste faisaient encore l’objet d’une enquête. Elles ont également indiqué qu’il avait reçu des premiers soins et qu’une hospitalisation avait été envisagée pour poursuivre sa prise en charge.
Deux événements qui doivent alerter
En l’espace d’une seule journée, deux actes d’auto-immolation ont ainsi été signalés dans deux villes iraniennes.
Le cas du travailleur d’Ahvaz met directement en lumière les conséquences de la précarité économique, des salaires impayés et des licenciements. Dans le cas de Hamadan, les circonstances exactes du geste du jeune homme restent à établir.
Au-delà de chaque cas individuel, ces événements soulignent la nécessité de prêter une attention particulière à la situation sociale et humaine de la population iranienne, confrontée à une profonde crise économique, à l’insécurité de l’emploi et à de multiples difficultés sociales.
Le CSDHI appelle la communauté internationale et les organisations de défense des droits humains à rester attentives à la situation de la population iranienne et à documenter les violations des droits fondamentaux ainsi que les conséquences humaines de la crise sociale et économique qui frappe le pays.


