Rapport sur les droits humains en Iran : les exécutions, la répression politique et les assassinats arbitraires s’intensifient en août 2026

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CSDHI – Au moins 82 personnes ont été exécutées et 152 ont été arrêtées en Iran au cours du mois d’août, selon les informations documentées disponibles, tandis que les femmes, les prisonniers politiques, les Kurdes, les citoyens baloutches et les personnes détenues lors du soulèvement de janvier sont demeurés particulièrement vulnérables.

La crise des droits humains en Iran a continué de se détériorer tout au long du mois d’août 2026, le régime au pouvoir ayant de plus en plus recours aux exécutions, aux arrestations arbitraires, à la force létale et aux châtiments corporels pour intimider la société et réprimer toute contestation.

Selon les chiffres compilés à partir des informations publiées, au moins 82 personnes ont été exécutées dans les prisons iraniennes au cours du mois d’août, dont six femmes et quatre prisonniers politiques. Les victimes comprenaient également des membres des minorités ethniques iraniennes : six prisonniers baloutches et huit prisonniers kurdes, ainsi qu’un ressortissant afghan.

Ces chiffres ne reflètent que les cas qui ont pu être documentés et rapportés. D’autres organisations de défense des droits humains ont également enregistré une forte augmentation des exécutions au cours du mois, bien que leurs totaux diffèrent, les exécutions étant fréquemment réalisées sans notification publique préalable et les informations concernant les cas individuels étant souvent dissimulées.

Ce schéma est significatif. Alors que le régime est confronté à des pressions politiques, économiques et sociales croissantes, le recours aux exécutions et à d’autres mesures coercitives est devenu un instrument de contrôle de plus en plus visible.

82 exécutions documentées en août

Parmi les 82 exécutions documentées au cours du mois d’août, 72 concernaient des hommes et six des femmes, tandis que quatre étaient des prisonniers politiques.

Les exécutions ont eu lieu dans des prisons de tout le pays et ont été prononcées pour diverses accusations, notamment des meurtres, des infractions liées aux stupéfiants et des accusations de sécurité nationale définies de manière vague, telles que le moharebeh — « inimitié envers Dieu ».

Une documentation indépendante confirme la tendance générale. HRANA a fait état de 78 exécutions en août, tandis que Iran Human Rights Monitor en a documenté 92, ce qui illustre à la fois l’ampleur des mises à mort et la difficulté d’établir un chiffre complet.

La divergence entre les différentes bases de données ne doit pas masquer le fait central : des dizaines de personnes ont été mises à mort par le régime au cours d’un seul mois.

Des femmes parmi les personnes exécutées

Les femmes comptent parmi les victimes les plus vulnérables du système d’exécution.

Six femmes auraient été exécutées au cours du mois d’août. Parmi elles :

  • Mahtab Shirmohammadi, 32 ans, exécutée le 2 août à la prison centrale de Yasuj pour meurtre.
  • Marzieh Niri, 24 ans, exécutée le 8 août à la prison centrale de Qazvin pour meurtre.
  • Donya Mohammadi, 20 ans, exécutée le 19 août à la prison centrale d’Ilam pour meurtre. Son exécution a également été rapportée de manière indépendante par des organisations de défense des droits humains.
  • Fatemeh (Maryam) Kamal Zareh, 30 ans, exécutée le 23 août à la prison centrale de Karaj pour meurtre.
  • Arezoo Rostad, 23 ans, exécutée le 24 août à la prison centrale d’Ispahan pour une infraction liée aux stupéfiants.
  • Zahra Azizpour, 43 ans, exécutée le 25 août à la prison centrale de Rasht pour meurtre.

L’exécution de jeunes femmes telles que Donya Mohammadi, qui n’avait que 20 ans, souligne le coût humain du recours persistant de l’Iran à la peine capitale.

Des prisonniers politiques et des personnes détenues lors du soulèvement de janvier exécutés

Le mois d’août a également été marqué par l’exécution de prisonniers dont les affaires étaient directement liées à la répression politique et au soulèvement de janvier 2026.

Quatre prisonniers politiques figuraient parmi les personnes exécutées recensées dans les chiffres documentés.

Arvin Kheirkhahan a été exécuté le 1er août à la prison de Shahroud pour moharebeh. Il avait été arrêté lors du soulèvement de janvier 2026.

Shahram Sadeghi a été exécuté le 16 août à la prison de Ghezel Hesar. Le régime l’accusait d’activités opérationnelles bénéficiant aux États-Unis, à Israël et à des groupes hostiles.

Ghaem (Arian) Hosseini, un ressortissant afghan âgé de 20 ans, a été exécuté le 20 août à la prison centrale d’Ispahan pour moharebeh. Il avait également été arrêté lors du soulèvement de janvier.

Majid Adineh a été exécuté le 23 août à la prison centrale de Karaj. Il avait lui aussi été détenu lors du soulèvement de janvier. Les autorités iraniennes l’accusaient d’activités opérationnelles bénéficiant à des puissances étrangères et à des organisations hostiles. Son exécution a été rapportée après la confirmation par l’autorité judiciaire de sa condamnation à mort.

Le ciblage des personnes détenues lors du soulèvement de janvier est particulièrement significatif. Des organisations de défense des droits humains ont documenté une augmentation des condamnations à mort et des exécutions visant des personnes accusées d’avoir participé aux manifestations. Hengaw, par exemple, a fait état de l’exécution de six prisonniers politiques et prisonniers d’opinion en août.

Ces affaires montrent que la peine de mort est utilisée non seulement comme une sanction pénale, mais aussi comme un élément d’une campagne plus large contre la dissidence politique.

152 arrestations alors que la répression s’étend

Les exécutions se sont accompagnées de nombreuses détentions arbitraires.

Au moins 152 personnes ont été arrêtées au cours du mois d’août, selon les chiffres documentés. Parmi elles, environ 150 ont été détenues en lien avec des activités politiques, sociales, ethniques ou liées à la sécurité, tandis que deux étaient membres de la minorité religieuse bahá’íe.

Parmi les personnes ciblées figuraient des personnes arrêtées lors du soulèvement de janvier, des proches de prisonniers politiques, des militants politiques et syndicaux, des militants écologistes, des artistes, des citoyens baloutches et kurdes, ainsi que des personnes accusées d’espionnage par le régime.

Certaines arrestations auraient été effectuées sans que des accusations clairement énoncées soient communiquées.

La répression a été particulièrement marquée dans les régions kurdes. Une évaluation distincte réalisée en août a recensé au moins 66 citoyens kurdes arrêtés ou détenus, parmi lesquels des militants, des personnalités culturelles, des femmes, d’anciens prisonniers politiques, des proches de figures de l’opposition et d’autres civils.

L’ampleur de ces arrestations montre que la répression dépasse largement l’opposition politique organisée. La société civile, les minorités ethniques, les familles de prisonniers et les personnes engagées dans des activités sociales pacifiques peuvent toutes devenir des cibles.

Exécutions extrajudiciaires de travailleurs frontaliers et de civils

Le recours du régime à la force létale ne s’est pas limité aux prisons.

Au moins neuf personnes auraient été tuées par des agents du régime au cours du mois d’août, parmi lesquelles :

  • Trois transporteurs de carburant, connus sous le nom de sookhtbars ;
  • Quatre porteurs kurdes, ou kolbars ;
  • Deux autres civils.

Les transporteurs de carburant et les porteurs issus de communautés frontalières économiquement marginalisées sont régulièrement exposés au risque d’être abattus par les forces de sécurité alors qu’ils tentent de gagner leur vie.

Ces assassinats ajoutent une autre dimension au bilan du régime en matière de droits humains : la force létale est utilisée contre des civils vulnérables en dehors du système judiciaire officiel, avec apparemment peu de mécanismes permettant d’établir les responsabilités.

Flagellation et reprise des châtiments contre les femmes manifestantes

Les châtiments corporels sont également demeurés un élément de la répression du régime.

Au moins deux femmes qui avaient auparavant été arrêtées lors du soulèvement de janvier 2026, puis libérées sous caution, ont de nouveau été arrêtées au cours du mois d’août.

Les autorités ont exécuté les peines de flagellation prononcées contre elles avant de les transférer en prison afin qu’elles y purgent des peines supplémentaires.

Le recours à la flagellation contre des femmes arrêtées en lien avec les manifestations montre la détermination du régime à continuer de punir la dissidence longtemps après la fin des manifestations initiales. Des informations publiées en août ont également fait état de l’application de peines de flagellation contre des femmes kurdes détenues lors de manifestations plus tôt dans l’année.

Un système fondé sur l’intimidation

Pris dans leur ensemble, les chiffres du mois d’août révèlent un schéma constant : l’exécution, l’emprisonnement, la détention arbitraire, le recours à la force létale et les châtiments corporels fonctionnent comme des instruments de répression interdépendants.

Le traitement réservé par le régime aux personnes détenues lors du soulèvement de janvier est particulièrement révélateur. Plutôt que de tourner la page sur les manifestations, les autorités continuent de poursuivre les personnes arrêtées des mois auparavant, notamment au moyen de condamnations à mort et d’exécutions.

La poursuite des exécutions intervient également dans un contexte d’escalade plus large documentée par plusieurs organisations de défense des droits humains. Hengaw a recensé au moins 89 exécutions en août, dont celles de prisonniers politiques et de prisonniers d’opinion, tout en indiquant que ce chiffre représentait une augmentation substantielle par rapport au mois de juillet.

Les différents totaux communiqués par les organisations de défense des droits humains montrent combien il est difficile de documenter les exécutions dans un système où les autorités restreignent régulièrement l’accès à l’information. Mais même les chiffres les plus faibles disponibles démontrent l’ampleur de la crise.

La répression, symptôme d’une crise politique

Le bilan du mois d’août laisse penser que le recours du régime à la coercition ne diminue pas. Au contraire, le maintien des exécutions de prisonniers politiques, la persécution des manifestants et l’extension des arrestations arbitraires indiquent un pouvoir qui dépend de plus en plus de la peur pour maintenir son contrôle.

L’exécution de personnes arrêtées lors du soulèvement de janvier est particulièrement révélatrice. Le régime envoie le message que la participation à des manifestations antigouvernementales peut entraîner la peine ultime, plusieurs mois après la fin des manifestations elles-mêmes.

Pourtant, la persistance des arrestations, des exécutions et d’autres formes de répression reflète également la vulnérabilité fondamentale du régime. Un gouvernement sûr de sa légitimité politique n’a pas besoin de gouverner par un cycle permanent de détentions, de flagellations et d’exécutions.

Le mois d’août 2026 constitue donc un nouveau mois au cours duquel les violations des droits humains commises par le régime iranien se sont révélées indissociables de sa lutte plus large pour conserver le pouvoir. Les exécutions, arrestations, assassinats extrajudiciaires et châtiments corporels documentés témoignent d’un système qui cherche à réprimer le mécontentement social par une coercition croissante plutôt qu’à répondre aux griefs qui en sont à l’origine.