Mojdeh Hashemi Bazargani : de l’arrestation nocturne au risque d’une exécution

Mojdeh Hashemi Bazargani, 27 ans, originaire d’Alvand, dans la province de Qazvin, est actuellement détenue à la prison centrale de Qazvin, connue sous le nom de Choubin­der. Selon plusieurs médias et organisations de défense des droits humains, elle risque aujourd’hui d’être exécutée.

Les informations disponibles, ainsi qu’un enregistrement audio attribué à Mojdeh depuis la prison, font état de conditions de détention particulièrement préoccupantes. La confirmation officielle et publique de sa condamnation à mort par les autorités judiciaires iraniennes n’a toutefois pas été publiée à ce jour.

Une arrestation en pleine nuit

Selon les informations rapportées par plusieurs sources, dans la nuit du 4 avril 2026, vers 2 h 30 du matin, les forces de sécurité ont fait irruption au domicile de Mojdeh Hashemi Bazargani, à Alvand.

Pour entrer dans la maison, les agents auraient utilisé une meuleuse pour découper la porte. Mojdeh a raconté avoir d’abord pensé qu’ils venaient pour la tuer ou lui faire subir de graves violences.

Elle a été arrêtée sous les yeux de sa mère, âgée et malade, avec laquelle elle vivait depuis le décès de son père. Depuis son arrestation, sa mère se retrouverait seule pour suivre la situation de sa fille.

Des accusations qu’elle rejette

Selon les informations publiées, Mojdeh est notamment accusée d’espionnage, d’avoir transmis la localisation d’un site militaire à « l’ennemi », de coopération avec les États-Unis et Israël, d’« insulte au Guide » et d’avoir reçu de l’argent depuis l’étranger.

Mojdeh rejette l’ensemble de ces accusations.

Son témoignage sur les interrogatoires et les violences

Dans un enregistrement audio réalisé depuis la prison, Mojdeh raconte avoir subi de graves violences physiques et psychologiques pendant les interrogatoires.

Elle affirme notamment avoir été frappée à la tête avec un tuyau le jour de son arrestation et avoir subi environ douze à treize heures d’interrogatoire. Elle affirme également avoir été frappée à plusieurs reprises avec une matraque, notamment à la tête, au cou et aux épaules.

Selon son témoignage, des coups et des gifles lui auraient notamment cassé deux dents, tandis qu’elle aurait souffert de vertiges, d’essoufflement, de douleurs thoraciques et de nombreux hématomes.

Elle affirme également que ses demandes pour être examinée par un médecin légiste afin de faire constater ses blessures sont restées sans réponse.

Mojdeh affirme par ailleurs que les enquêteurs lui auraient dicté des textes qu’elle devait écrire et signer. Elle dit avoir découvert ensuite que des passages de ses propos, enregistrés alors qu’elle avait les yeux bandés, auraient été coupés et montés afin de produire une vidéo la présentant comme une « terroriste » ayant révélé l’emplacement d’un site militaire.

Cette vidéo aurait ensuite été diffusée par la télévision provinciale de Qazvin.

Une procédure judiciaire contestée

Selon plusieurs sources proches du dossier, Mojdeh aurait été privée du droit de choisir librement son avocat pendant la procédure.

Des médias et organisations de défense des droits humains ont rapporté que sa condamnation à mort aurait été confirmée par la Cour suprême iranienne le 26 septembre 2026.

Cette information a notamment été rapportée par Iran International et d’autres sources citant des personnes proches du dossier. Toutefois, aucune confirmation officielle et publique de la justice iranienne n’était disponible au moment de la rédaction de cet article.

Cette distinction est importante : l’existence et la confirmation de la condamnation sont rapportées par plusieurs sources, mais leur validation officielle n’a pas été rendue publique.

Un état de santé préoccupant

Selon plusieurs rapports, Mojdeh aurait été victime de malaises à répétition pendant sa détention et aurait, à plusieurs reprises, été transférée à l’hôpital avant d’être renvoyée en prison.

Son témoignage fait également état de problèmes physiques persistants depuis les violences qu’elle affirme avoir subies lors des interrogatoires.

Sa mère, âgée et malade, reste par ailleurs seule depuis l’arrestation de sa fille.

Une précision concernant le Croissant-Rouge iranien

Certaines publications ont présenté Mojdeh comme une employée du Croissant-Rouge iranien.

Cependant, la Société du Croissant-Rouge iranien a officiellement démenti cette information, affirmant qu’elle n’avait jamais été employée par l’organisation ni liée à celle-ci par un contrat de collaboration.

Il est donc plus prudent de reprendre uniquement son propre témoignage, selon lequel elle avait auparavant travaillé dans le domaine du secours et de l’aide humanitaire, sans la présenter comme une employée officielle du Croissant-Rouge.

Une jeune femme aujourd’hui menacée d’exécution

Le dossier de Mojdeh Hashemi Bazargani soulève de nombreuses interrogations sur les conditions de son arrestation, les méthodes d’interrogatoire, l’utilisation d’aveux télévisés et son accès à une défense effective.

Son propre témoignage met également en cause la manière dont ces « aveux » auraient été obtenus et présentés au public.

À la date du 30 septembre 2026, aucune information fiable faisant état de l’exécution de Mojdeh Hashemi Bazargani n’a été publiée.

Elle se trouve toujours détenue à la prison centrale de Qazvin, Choubin­der, alors que plusieurs sources affirment que sa condamnation à mort aurait été confirmée par la Cour suprême.

Derrière ce dossier judiciaire se trouve une jeune femme de 27 ans, mais aussi une mère âgée et malade qui attend toujours le retour de sa fille.