145e semaine de la campagne « Les mardis contre les exécutions » dans 66 prisons à travers l’Iran

CSDHI – Mardi 3 novembre 2026, des prisonniers politiques détenus dans 66 prisons à travers l’Iran ont participé à la 145e semaine de la campagne « Les Mardis contre les exécutions » en observant une grève de la faim. Cette mobilisation vise à protester contre la multiplication des condamnations à mort et des exécutions, ainsi que contre la répression croissante exercée par les autorités iraniennes. Cette semaine, la campagne a également reçu le soutien de personnalités et d’organismes internationaux, notamment de membres des Nations unies. À Paris, un rassemblement de solidarité a été organisé sur l’esplanade des Invalides, à proximité de l’Assemblée nationale.

Une vague d’exécutions et de condamnations à mort

La mobilisation intervient alors que les exécutions se poursuivent en Iran, malgré les condamnations internationales et les appels à mettre fin à la peine de mort.

Au cours des six premiers jours du mois iranien d’Aban, à partir du 23 octobre 2026, au moins 25 prisonniers ont été exécutés. Parmi eux, 22 ont été pendus les 27 et 28 octobre.

Parallèlement, les condamnations à mort de prisonniers politiques continuent de susciter de vives inquiétudes. Shahab Zohdi, arrêté lors du soulèvement de janvier 2026, a de nouveau été condamné à mort par le juge Salavati, après l’annulation de sa précédente condamnation par la Cour suprême.

Imran Amani, un jeune homme de 21 ans originaire de Gonbad-e Kavus, a également été condamné à mort le 24 octobre 2026 pour le chef d’accusation de « moharebeh » (hostilité envers Dieu).

Des informations font également état de condamnations à mort prononcées contre plusieurs autres prisonniers politiques, notamment Amin Pardal, Arman Marefati, Shayan Shakibaei et Matin Farnian, ainsi que contre d’autres personnes dont les noms n’ont pas été rendus publics.

Face à cette situation, les prisonniers participant à la campagne rappellent que le droit à la vie doit être au cœur de toutes les revendications en faveur des droits humains. Ils affirment que ni les menaces ni les condamnations à mort ne les détourneront de leur engagement contre cette peine.

Ils réclament l’annulation immédiate des condamnations à mort et l’arrêt des exécutions en Iran.

Un soutien international croissant à la campagne

À l’occasion de cette 145e semaine, plusieurs personnalités et institutions internationales ont exprimé leur solidarité avec les prisonniers et leur opposition aux exécutions en Iran.

Andrea Bolaños Vargas, rapporteure spéciale des Nations unies sur la situation des défenseurs des droits de l’homme, a apporté son soutien à la campagne. Ana Lorena Delgadillo, membre du Groupe de travail des Nations unies sur les disparitions forcées ou involontaires, a également rejoint cette mobilisation.

Dans son message de solidarité, Ana Lorena Delgadillo a dénoncé les exécutions en Iran et exprimé son soutien aux personnes condamnées à mort ainsi qu’à leurs familles. Elle a également rappelé que le Groupe de travail continue de recevoir des signalements de disparitions forcées en Iran, tout en soulignant que tous les cas ne lui sont pas nécessairement signalés.

Elle a rappelé que les disparitions forcées commises de manière QguiBjAA?feature=sharegénéralisée ou systématique peuvent constituer des crimes contre l’humanité. Elle a enfin exprimé sa solidarité avec les prisonniers qui observent une grève de la faim chaque mardi, en appelant à mettre fin aux exécutions et aux disparitions forcées.

Alexis Anagnostakis, président du Comité des droits de l’homme de l’Association européenne des avocats pénalistes, ainsi que le Bureau des droits de la personne d’Affaires mondiales Canada, ont également condamné l’augmentation des exécutions.

D’autres experts et personnalités des Nations unies, notamment Gina Romero et Leopoldo Maldonado, avaient auparavant exprimé leur soutien à cette campagne.

Philip D. Jaffé : « Le droit à la vie n’est pas un privilège que les autorités peuvent retirer »

Philip D. Jaffé, professeur émérite à l’Université de Genève et membre du Comité des droits de l’enfant des Nations unies, a lui aussi exprimé sa solidarité avec les prisonniers politiques en rejoignant la campagne « Les Mardis contre les exécutions ».

Dans son message, il a déclaré :

« En solidarité avec les prisonniers dans toute l’Iran, je rejoins la campagne Les Mardis contre les exécutions. Ces prisonniers sont derrière les barreaux, et pourtant, ils se battent pour la vie des autres.

Le droit à la vie n’est pas un privilège que les autorités peuvent retirer pour faire taire les voix dissidentes.

Je suis à vos côtés. Non aux exécutions en Iran, ni ailleurs ! »

Ce soutien témoigne de l’importance de faire entendre, au niveau international, la voix des prisonniers qui risquent leur vie en s’opposant à la peine de mort.

Un rassemblement de solidarité à Paris, près de l’Assemblée nationale

En soutien à la grève de la faim des prisonniers politiques dans 66 prisons iraniennes, un stand de solidarité a été organisé à Paris, sur l’esplanade des Invalides, à proximité de l’Assemblée nationale.

Cette initiative avait pour objectif de faire connaître la campagne « Les Mardis contre les exécutions », de dénoncer la multiplication des exécutions en Iran et de sensibiliser le public ainsi que les responsables politiques français à la mobilisation des prisonniers.

Cette action a permis de relayer leur message au-delà des murs des prisons et de rappeler que leur combat pour le droit à la vie et la liberté nécessite une solidarité internationale constante.

La grève de la faim dans 66 prisons iraniennes

Le mardi 3 novembre 2026, lors de la 145e semaine de la campagne, les prisonniers participants ont observé une grève de la faim dans les 66 établissements pénitentiaires suivants :

Prison de Qezel Hesar (unités 2, 3 et 4), prison d’Evine (quartiers des femmes et des hommes), prison centrale de Karaj, prison de Fardis à Karaj, prison du Grand Téhéran, prison de Qarchak, prison de Khorin Varamin, prison de Choobindar à Qazvin, prison d’Ahar, prison d’Arak, prison de Langarud à Qom, prison de Khorramabad, prison de Borujerd, prison de Yasuj, prison d’Asadabad à Ispahan, prison de Dastgerd à Ispahan, prison de Sheiban à Ahvaz, prison de Sepidar à Ahvaz (quartiers des femmes et des hommes), prison de Nezam à Chiraz, prison d’Adelabad à Chiraz (quartiers des femmes et des hommes), prison de Firuzabad dans la province du Fars, prison de Dehdasht, prison de Zahedan (quartiers des femmes et des hommes), prison de Borazjan, prison de Ramhormoz, prison de Behbahan, prison de Bam, prison de Yazd (quartiers des femmes et des hommes), prison de Kahnuj, prison de Tabas, prison centrale de Birjand, prison de Mashhad, prison de Gorgan, prison de Sabzevar, prison de Gonbad-e Kavus, prison de Qaemshahr, prison de Rasht (quartiers des hommes et des femmes), prison de Rudsar, prison de Havigh à Talesh, prison d’Azbaram à Lahijan, prison de Dizelabad à Kermanshah, prison d’Ardabil, prison de Tabriz, prison d’Oroumieh, prison de Salmas, prison de Khoy, prison de Naqadeh, prison de Miandoab, prison de Mahabad, prison de Bukan, prison de Saqqez, prison de Baneh, prison de Marivan, prison de Sanandaj, prison de Kamyaran, prison d’Ilam, prison de Kerman, prison de Borujen, prison de Nishapur, prison de Gachsaran, prison de Nur, prison d’Iranshahr, prison de Bandar Abbas, prison de Ziabar à Someh Sara, prison de Dareh Shahr à Ilam et prison de Meshgin Shahr.

« Non aux exécutions » : un appel qui dépasse les murs des prisons

Depuis son lancement, la campagne « Les Mardis contre les exécutions » est devenue un mouvement de résistance et de solidarité qui dépasse les frontières des prisons iraniennes. Chaque mardi, des prisonniers politiques mettent leur vie et leur santé en danger en observant une grève de la faim pour dénoncer la peine de mort et défendre le droit à la vie.

La participation de personnalités internationales, d’experts des Nations unies et de citoyens solidaires à cette mobilisation contribue à faire entendre la voix de ceux qui, derrière les barreaux, refusent de se résigner aux exécutions.

Les prisonniers de la campagne réaffirment leur détermination : aucune menace, aucune condamnation à mort ne les fera renoncer à leur combat.

 

La peine de mort doit être abolie. Les exécutions en Iran doivent cesser.

145e semaine de la campagne « Les Mardis contre les exécutions » – Mardi 3 novembre 2026.