Rapport mensuel sur les exécutions et les violations des droits humains en Iran – Octobre 2026

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CSDHI – Le rapport mensuel d’Iran HRM sur la situation des droits humains fait état d’au moins 96 personnes exécutées en Iran en octobre 2026. La plupart de ces exécutions, soit 78 cas, n’ont jamais été officiellement annoncées. Seules 18 ont été signalées par les médias officiels, tandis qu’au moins une femme figure parmi les personnes exécutées sans que leur exécution ait été rendue publique.

Trois des personnes exécutées avaient été arrêtées dans le cadre du soulèvement de janvier 2026 : Siavash Jamshidi Kheirabadi, Alireza Sepahi et Alireza Raisi. Ali Sina Mostafavi et Omar Darastaran figuraient parmi les autres personnes exécutées dans des affaires impliquant des accusations liées à la sécurité nationale ou à des activités armées.

La menace d’exécution ne se limitait pas aux personnes mises à mort. La Cour suprême iranienne a confirmé la condamnation à mort du prisonnier politique Manouchehr Fallah, et son dossier a été transmis en vue de l’exécution de la sentence, le plaçant sous la menace imminente d’une exécution. Le 20 octobre, les forces de sécurité ont également arrêté Ali Alipour, dont le fils, Babak Alipour, membre de l’OMPI, avait été exécuté en mars 2026.

Dans les prisons iraniennes, l’opposition à la peine de mort s’est poursuivie. Le 27 octobre, des prisonniers de 66 établissements pénitentiaires ont participé à des grèves de la faim coordonnées, marquant la 144e semaine consécutive de la campagne « Les mardis contre les exécutions ». La campagne a également bénéficié d’un soutien international au cours des derniers jours du mois.

Exécutions en violation des droits humains : au moins 96 prisonniers exécutés en octobre

Les autorités iraniennes ont exécuté au moins 96 prisonniers en octobre 2026, poursuivant le recours massif à la peine capitale.

Sur l’ensemble de ces exécutions, 78 cas, soit environ 81 % du total mensuel, n’ont pas été annoncés publiquement par les autorités iraniennes, tandis que seules 18 exécutions ont été rapportées par les médias officiels. Au moins une femme figure parmi les personnes dont l’exécution n’a pas été annoncée.

Le manque de transparence entourant la majorité des exécutions soulève de graves préoccupations concernant l’obligation de rendre des comptes, l’accès à l’information et la possibilité, pour les familles et les observateurs indépendants, de contrôler la mise en œuvre des condamnations à mort.

Des exécutions ont été signalées dans des prisons de plusieurs provinces, notamment celles d’Ispahan, de Guilan, du Fars, de Kerman, du Lorestan, du Khouzistan, du Golestan, du Sistan-et-Baloutchistan et d’Hormozgan.

Exécutions dans les prisons iraniennes

Des informations ont fait état de nombreuses exécutions au cours de la première moitié du mois d’octobre 2026

Le 3 octobre, Mostafa Sharifi a été exécuté à la prison d’Urmia. Le 4 octobre, Mahmoud Alishahi et Samad Hojjatpour ont été exécutés à Chiraz.

Le 7 octobre, cinq prisonniers ont été pendus dans différentes prisons : Ahmad Bazvand à Khorramabad, Ahmad Nikdel à Dezful, Mehdi Alizadeh à Chiraz, un prisonnier dont l’identité n’a pas été révélée à la prison de Qezel Hesar, et Abbas Anjom-Rooz, âgé de 28 ans, à Kerman.

Le 11 octobre, huit prisonniers ont été exécutés. Ayoub Mohammad-Nabil, Masoud Khodayari et Behnam Mozaffarzadeh ont été exécutés à Rasht ; Esmail Khalili Baseri à Chiraz ; et Mehdi Ranjbaran, Manouchehr Nazari, âgé de 28 ans, ainsi que Faramarz Akbarpour, âgé de 30 ans, à Gorgan.

Danial Jahanian a également été exécuté à Bandar Abbas dans une affaire concernant la mort d’un lieutenant des Forces de sécurité de l’État (SSF).

Le 12 octobre, quatre prisonniers ont été exécutés, dont Omar Darastaran à la prison de Zahedan, Amin Khajeh-Nezami, âgé de 33 ans, et Habibollah Ghanbarzehi, âgé de 38 ans, à Kerman, ainsi que Mehdi Mirzaei, âgé de 23 ans, à Hamadan.

Le 13 octobre, un autre prisonnier a été exécuté à Minab dans le cadre d’une affaire liée à des accusations concernant la mort d’un policier. L’identité du prisonnier n’a pas été révélée.

Ces affaires illustrent l’étendue géographique des exécutions et la poursuite de l’application des condamnations à mort dans les prisons iraniennes.

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Exécutions de prisonniers arrêtés lors du soulèvement de janvier 2026

L’un des développements les plus graves du mois d’octobre a été l’exécution de personnes arrêtées dans le cadre des manifestations nationales de janvier 2026.

Exécution de Siavash Jamshidi Kheirabadi

Le 3 octobre, le pouvoir judiciaire iranien a annoncé l’exécution à Shahrekord de Siavash Jamshidi Kheirabadi, un détenu associé au soulèvement de janvier 2026.

Selon l’agence de presse Mizan, liée au pouvoir judiciaire, il avait été reconnu coupable de moharebeh (hostilité envers Dieu), à la suite d’accusations portant notamment sur l’utilisation d’armes à feu, des tirs, ainsi que des rassemblements et une entente contre la sécurité nationale.

Le pouvoir judiciaire a affirmé que Jamshidi Kheirabadi avait participé à plusieurs reprises aux manifestations de janvier, communiqué avec d’autres personnes au sujet des manifestations et utilisé des plateformes en ligne pour organiser des activités que les autorités ont qualifiées de menaces pour la sécurité nationale.

Les responsables l’ont également accusé d’avoir tiré sur des policiers et détenu des armes à feu, notamment une arme militaire.

Le pouvoir judiciaire n’a pas révélé la date exacte de son exécution.

Son affaire soulève de graves préoccupations concernant le recours à des infractions de sécurité nationale définies en termes très larges et à la peine capitale contre des personnes arrêtées pendant des périodes de vastes manifestations publiques.

Exécutions d’Alireza Sepahi et d’Alireza Raisi à Ispahan

Aux premières heures du 5 octobre 2026, les autorités iraniennes ont exécuté Alireza Sepahi, âgé de 24 ans, et Alireza Raisi, âgé de 21 ans, à la prison de Dastgerd, à Ispahan.

Les deux hommes avaient été arrêtés dans le cadre du soulèvement de janvier 2026 et étaient accusés dans l’affaire connue sous le nom d’affaire de la « place Alikhani ».

Le pouvoir judiciaire iranien les a condamnés pour plusieurs chefs d’accusation, notamment moharebeh (hostilité envers Dieu), « corruption sur Terre » et infractions contre la sécurité nationale.

L’affaire concernait la mort de quatre membres des unités spéciales des forces de sécurité lors des manifestations à Ispahan.

Leurs condamnations à mort ont été prononcées par les juges Morteza Barati Dorcheh et Mohammadreza Tavakoli.

La procédure a soulevé de graves préoccupations concernant l’accès des accusés à une représentation juridique et leur droit à un procès équitable.

Selon les informations disponibles, les accusés dans l’affaire de la place Alikhani se sont vu refuser le droit de choisir leurs propres avocats, et même les avocats de la défense désignés par le tribunal n’ont pas été autorisés à consulter les dossiers de l’affaire.

Cinq autres accusés dans cette même affaire — Erfan Esfandiari, Gol-Mohammad Mohammadi, Amirhossein Safari, Abolfazl Sepahi et Ghaem Hosseini — auraient été exécutés en juillet et en août 2026.

Vingt-trois autres accusés ont été condamnés à des peines de prison allant de cinq à dix ans, tandis que plusieurs autres restaient sous le coup de condamnations à mort.

Les exécutions de Sepahi et de Raisi ont eu lieu quelques jours seulement avant le 10 octobre, Journée mondiale contre la peine de mort, attirant une nouvelle fois l’attention sur le recours à la peine capitale dans les affaires liées aux manifestations et sur les risques encourus par les autres accusés.

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Exécutions pour des accusations liées à la sécurité nationale et à des activités armées

Ali Sina Mostafavi figurait parmi les personnes exécutées en octobre à la suite d’accusations liées à des activités armées.

Il était accusé d’avoir tenté de mener une opération armée pendant le conflit de 40 jours impliquant l’Iran, les États-Unis et Israël.

Le 12 octobre, les autorités iraniennes ont exécuté Omar Darastaran à la prison de Zahedan.

Il était accusé d’appartenir à Jaish al-Adl et d’avoir participé à des attaques armées contre des installations de sécurité et militaires.

Selon la version officielle du pouvoir judiciaire, les accusations concernaient des attaques présumées contre des installations des Forces de sécurité de l’État et du Corps des gardiens de la révolution islamique (les pasdarans) dans le comté de Rask, contre la base de Parood et contre des installations militaires dans le comté de Chabahar, en avril 2024.

Prisonniers politiques menacés d’exécution

Le 22 octobre, des informations ont confirmé que la Cour suprême iranienne avait maintenu la condamnation à mort du prisonnier politique Manouchehr Fallah, reconnu coupable d’appartenance à l’OMPI.

Son dossier a ensuite été transmis au Bureau de l’exécution des peines de Rasht, le plaçant sous la menace imminente d’une exécution.

Fallah, né en 1984, a été arrêté à l’aéroport de Rasht en juin 2023, puis détenu à la prison de Lakan.

En février 2025, la deuxième chambre du tribunal révolutionnaire de Rasht, présidée par le juge Mohammad Ali Darvish Goftar, l’a condamné à mort.

À la suite d’un réexamen judiciaire, la Cour suprême a renvoyé l’affaire devant une autre chambre pour qu’elle soit réexaminée. Cette chambre était présidée par Ahmad Darvish Goftar, le père du juge qui avait prononcé la première condamnation.

En mai 2026, le tribunal a de nouveau condamné Fallah à mort.

La confirmation de cette décision par la Cour suprême en octobre 2026 a supprimé une importante garantie judiciaire qui subsistait et créé une menace immédiate pour sa vie.

Autres prisonniers politiques condamnés à mort

Au cours du mois d’octobre, de nouvelles inquiétudes sont apparues concernant le prononcé et la confirmation de condamnations à mort à l’encontre de plusieurs prisonniers.

La campagne « Les mardis contre les exécutions » a attiré l’attention sur les affaires suivantes :

  • Ilia Bin Rashid, un manifestant arabe à Ispahan, dont la condamnation à mort figurait parmi celles mises en avant par la campagne.
  • Reza Zanganeh, un prisonnier politique détenu à la prison centrale de Karaj, qui était sous le coup d’une condamnation à mort.
  • Hassan Golshan-Nejad, détenu à la prison de Mashhad pour des accusations liées à la sécurité, dont l’affaire figurait également parmi les récentes condamnations à la peine capitale signalées.

Ces affaires, ainsi que la confirmation de la condamnation à mort de Manouchehr Fallah, illustrent le danger persistant auquel sont exposés les prisonniers politiques et les personnes poursuivies pour des faits liés aux manifestations ou à la sécurité nationale.

Arrestation d’Ali Alipour, père de Babak Alipour, membre de l’OMPI/MEK exécuté

Le 20 octobre 2026, vers 8 heures du matin, les forces de sécurité iraniennes ont arrêté Ali Alipour à son domicile de Rasht.

Ali Alipour est le père de Babak Alipour, membre de l’OMPI, qui a été exécuté à la prison de Qezel Hesar le 31 mars 2026, en même temps que Pouya Ghobadi, un autre membre de l’organisation.

Après son arrestation, Ali Alipour a été transféré dans le centre de détention connu sous le nom de Shohada-e Gomnam (« Martyrs anonymes »).

Les agents de sécurité ont également confisqué des équipements électroniques et des téléphones portables lui appartenant, ainsi qu’à d’autres membres de sa famille.

Son fils Rouzbeh Alipour, le frère de Babak, avait déjà été arrêté en février 2026.

Rouzbeh a d’abord été détenu à la prison de Fashafuyeh, également connue sous le nom de pénitencier central du Grand Téhéran, avant d’être transféré dans le quartier 37 de l’unité 3 de la prison de Qezel Hesar.

En octobre, il se trouvait toujours dans une situation juridique incertaine qui se prolongeait.

Les membres de sa famille se seraient vu refuser une dernière visite avant son exécution. Les autorités ont ensuite refusé de remettre son corps et n’avaient toujours pas révélé le lieu de son inhumation près de sept mois plus tard.

La campagne « Les mardis contre les exécutions » atteint sa 144e semaine

Le mardi 27 octobre 2026, des prisonniers de 66 établissements pénitentiaires iraniens ont participé à des grèves de la faim coordonnées, marquant la 144e semaine consécutive de la campagne « Les mardis contre les exécutions ».

Lancée à la prison de Qezel Hesar le 30 janvier 2024, cette campagne est devenue un mouvement national de protestation contre la peine de mort organisé au sein des prisons.

Les prisonniers participants ont poursuivi leurs actions hebdomadaires malgré les menaces signalées, les restrictions de communication, les pressions exercées par les autorités pénitentiaires et les mesures punitives prises contre les personnes impliquées.

Dans leur dernière déclaration, les prisonniers ont condamné la poursuite du prononcé et de l’application des condamnations à mort et ont mis en garde contre le nombre élevé de détenus menacés d’exécution.

Ils ont particulièrement attiré l’attention sur les affaires de Manouchehr Fallah, Ilia Bin Rashid, Reza Zanganeh et Hassan Golshan-Nejad.

La campagne a bénéficié d’un soutien international croissant au cours des derniers jours d’octobre.

Le 27 octobre, Andrea Bolaños Vargas, rapporteure spéciale des Nations unies sur la situation des défenseurs des droits de l’homme, a annoncé sa participation à une grève de la faim solidaire en soutien aux défenseurs des droits humains emprisonnés et menacés d’exécution.

Elle a appelé à mettre fin aux exécutions et à libérer les personnes détenues en raison de leurs activités en faveur des droits humains.

David R. Boyd, ancien rapporteur spécial des Nations unies sur les droits de l’homme et l’environnement, a annoncé le 26 octobre qu’il observerait une grève de la faim de 24 heures le lendemain, en solidarité avec les prisonniers politiques iraniens et en opposition à la peine de mort.

Ana Lorena Delgadillo, membre du Groupe de travail des Nations unies sur les disparitions forcées ou involontaires, a également annoncé son intention de participer à une grève de la faim solidaire la semaine suivante.

Ces actions ont témoigné de l’attention internationale croissante portée à la campagne et à la situation des prisonniers menacés de condamnation à mort en Iran.

La participation de personnalités internationales engagées dans la défense des droits humains a renforcé les demandes des prisonniers : mettre fin aux exécutions et mieux protéger les droits humains fondamentaux.

  • Leopoldo Maldonado, rapporteur spécial sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression.
  • Gina Romero, rapporteure spéciale des Nations unies sur la liberté d’association et de réunion.

Appel à l’action

La situation des droits humains en Iran en octobre 2026 a été caractérisée par le maintien du recours à la peine capitale, l’exécution de personnes arrêtées lors des manifestations nationales, les condamnations à mort de prisonniers politiques et les pressions exercées sur les familles des détenus exécutés.

Iran Human Rights Monitor (Iran HRM) condamne fermement le recours persistant à la peine de mort et les violations documentées des droits fondamentaux.

Iran HRM appelle les Nations unies, le Conseil des droits de l’homme des Nations unies, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, le rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des droits de l’homme en Iran ainsi que les organisations internationales compétentes en matière de droits humains à :

  • Exiger l’arrêt immédiat des exécutions en Iran ;
  • Prendre d’urgence des mesures pour protéger Manouchehr Fallah et les autres prisonniers menacés de condamnation à mort ;
  • Demander des enquêtes indépendantes sur les exécutions liées aux manifestations ;
  • Exiger la fin des arrestations arbitraires et des pressions exercées contre les proches des prisonniers politiques.

La poursuite des exécutions et l’augmentation du nombre de prisonniers menacés de condamnation à mort exigent une surveillance internationale durable, des mesures de protection efficaces et que les responsables des graves violations des droits humains rendent des comptes.