CSDHI – « la porte de la maison est ouverte. J’entre. Une drôle d’odeur me prend à la gorge. Dans la cour, de nombreuses portes donnent chacune sur une pièce. Dans chaque pièce une famille. J’écarte le rideau, et j’entre dans la pièce », écrit la journaliste du très officiel quotiden Khorassan du 18 octobre 2015.
Elle va parler du mariage des fillettes sous l’âge légal qui est déjà bas (13 ans) en Iran. Il est reconnu par les autorités s’il y a l’accord du père, du tuteur ou du juge. Passons sur la loi qui autorise le tuteur à épouser sa fillette adoptive. Les mollahs sont inhumains.
La journaliste poursuit : « Deux enfants assises par terre se lèvent pour m’accueilir. Naz-Khatoun est l’une de ces centaines de fillettes mariées trop jeunes; mariée à un homme qu’elle ne connait pas et qu’elle n’aime pas. Aujourd’hui, à 12 ans, elle est mère d’un bébé d’un mois.
Il y a un an de cela, pour se débarrasser d’une bouche en trop à nourrir, son père l’a mariée. Elle avait 11 ans. « Je jouais dans la rue avec mes soeurs, quand ma mère m’a appelée et m’a dit que je devais me marier. Je n’ai pas eu mon mot à dire et on m’a mariée. »
Naz-Khatoun qui à 11 ans a dû quitter sa poupée, a appris à faire la cuisine et à s’occuper de son mari avec sa belle-mère. La fillette raconte: « Quand mon fils est né, il a remplacé ma poupée. Je m’occupe de lui comme de ma poupée. Je le lave, je l’habille, je lui donne du lait. »
A côté du bébé, il y a une petite fille assise. Elle a 9 ans. Elle s’appelle Hakimeh. Elle est venue jouer avec Naz-Khatoun. Cela fait quelques mois que Hakimeh, comme Naz-Khatoun, a été forcée dans la peur de se marier avec son cousin. (en Iran, les mariages consanguins au niveau des cousins sont autorisés). Elle n’a rien d’une femme mariée, mais d’une enfant qui a envie de jouer.
Naz-Khatoun explique: « Il y a cinq ans, le père de Hakimeh est mort et le tuteur qui l’a prise en charge l’a fiancée. » Naz-Khatoun l’appelle: « Hakimeh, viens montrer ta tête! » Hakimeh arrive, enlève son tchador et montre sur sa tête une grosse cicatrice. Puis elle rabbat son tchador et part en courant chez elle.
Naz-Khatoun explique: « ça fait 5 mois qu’elle est mariée. Comme elle ne voulait pas épouser mon frère, mon père lui a frappé la tête contre le mur. Son mari à 23 ans de plus qu’elle. C’est la 3e femme de son cousin. Elle vit avec les deux autres femmes dans la même maison. »
Dans cette maison et dans cette rue, on trouve un tas de filles mariées très jeunes. A un âge où elles devraient aller à l’école et apprendre à lire et à écrire, elles doivent s’occuper de leurs propres enfants. »
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