TEHERAN, 14 mai 2007 (AFP) – Le grand quotidien modéré iranien Shargh a reparu lundi dans les kiosques après son interdiction pendant neuf mois pour avoir publié une caricature jugée "insultante" à l'encontre du président Mahmoud Ahmadinejad.
La justice avait autorisé début mars le journal à reparaître. Shargh a conservé la même équipe rédactionnelle et reste fidèle à sa ligne éditoriale. Avant son interdiction, le quotidien avait un tirage supérieur à 100.000 exemplaires.
Le journal avait été interdit par la Commission de la surveillance de la presse après la publication d'un dessin qui représentait un jeu d'échecs sur lequel un cheval faisait face à un ne nimbé d'une auréole.
Certains avaient fait le lien avec une déclaration de M. Ahmadinejad dans laquelle il expliquait avoir senti qu'une aura de lumière l'entourait lors de son discours devant l'assemblée générale de l'ONU en 2005.
Les journalistes de Shargh avaient rejeté cette interprétation, affirmant que le dessinateur avait simplement gommé partiellement les cases noires de l'échiquier afin de faire ressortir l'ne qui était de la même couleur, faisant apparaître ce qui avait pu être confondu avec une auréole.
Un autre quotidien modéré Ham Mihan a reparu dimanche après sept ans d'interdiction. Le journal avait fait les frais en 2000 d'une campagne du pouvoir judiciaire, dominé par les conservateurs, et visant la presse réformatrice à l'époque du président réformateur Mohammad Khatami.
L'Iran compte une cinquantaine de quotidiens nationaux, dont environ la moitié sont contrôlés par les modérés et les réformateurs.



