Iran: la justice sursoit à l’exécution d’un jeune homme coupable de meurtre

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ImageTEHERAN, 18 juil 2007 (AFP) – Le chef du pouvoir judiciaire iranien a sursis pour 10 jours à l'exécution prévue mercredi d'un jeune adulte condamné pour un meurtre commis alors qu'il était mineur, afin de permettre à ses proches de trouver un accord de dédommagement, a déclaré son avocate.

Sina Paymard, qui avait 16 ans aux moments des faits, a été reconnu coupable du meurtre d'un homme âgé de 32 ans, dans le cadre d'une affaire de drogue.
Son exécution par pendaison était initialement prévue en septembre dernier, deux semaines après ses 18 ans.
Mais sa dernière volonté -jouer du ney, la flûte iranienne- lui avait alors sauvé la vie: émus, les proches de la victime avaient accepté en dernière minute le principe d'un dédommagement.

 

L'ayatollah Mahmoud Hachémi Chahroudi "a sursis pour 10 jours à l'exécution, ce qui va nous donner le temps de trouver un accord avec la famille de la victime", a déclaré à l'AFP Me Nasrin Sotudeh.
Le montant réclamé par les proches pour qu'ils renoncent à l'application de la peine capitale s'élève à 161.300 dollars, a-t-elle ajouté.

Officiellement, le dédommagement dans le cas d'une mort violente est fixé à 37.600 dollars pour un homme, la moitié pour une femme. Mais la famille peut tout aussi bien refuser le principe d'une indemnisation et exiger l'application de la sentence.
Les proches du condamné ont "levé la moitié de l'argent et des personnes ont promis de fournir le reste", a ajouté Me Sotudeh, sans autre explication.

Le pouvoir conservateur judiciaire iranien soutient qu'aucun mineur n'est exécuté dans le pays, mais, dans des affaires de meurtres, les condamnés peuvent être pendus une fois atteint l'age de 18 ans.

Dans un rapport publié fin juin, Amnesty International a notamment appelé l'Iran à modifier sa législation pour ne plus autoriser la condamnation à mort des mineurs.
L'organisation de défense des droits de l'Homme soulignait que 71 enfants, condamnés pour des délits divers, attendaient d'être condamnés à mort en Iran, et que le pays avait exécuté plus de mineurs qu'aucun autre Etat depuis 1990.

Depuis cette date, 11 enfants ont été exécutés alors qu'ils étaient encore mineurs, et 13 l'ont été après avoir été maintenus en prison jusqu'à leur 18e anniversaire, selon Amnesty.