Un journaliste afghan détenu en Iran (organisations)

Un journaliste afghan qui défend les droits de la femme en terre d'islam a été arrêté en Iran pour des raisons inconnues, ont déclaré mardi des organisations de défense de la liberté de la presse.
La Fédération internationale des journalistes (FIJ) s'est déclarée "extrêmement inquiète d'informations selon lesquelles le directeur de la publication de la revue afghane Haqoq-e-Zan (Droits de la femme) a été arrêté en Iran le 4 mars et continue d'être détenu sans inculpation", dans un communiqué reçu par l'AFP.

Ali Muhaqiq Nasab, qui semble être également détenteur d'un passeport iranien, a été arrêté chez lui à Qom, à une centaine de kilomètres de Téhéran, selon la FIJ et l'Association des journalistes indépendants afghans (AIJA).
Le président de l'AIJA, Rahimullah Samander, a déclaré à l'AFP que "le renseignement iranien" a arrêté M. Nasab et saisi son téléphone portable, son ordinateur et des documents.

Les autorités "n'ont fourni aucune explication à sa femme", selon M. Samander. "Elle dit n'avoir aucune possibilité d'accès à lui" et "nous n'avons pu obtenir aucune information auprès de l'ambassade d'Iran ici", a-t-il ajouté.
Selon M. Samander, M. Nasab, qui a exercé la fonction de juge en Iran, a écrit des livres sur l'islam et sur les droits de la Femme.

Dans l'un d'eux, il demandait pourquoi tous les chiites du monde devaient considérer les chefs spirituels successifs de la République islamique d'Iran comme leurs dirigeants.
Pour cela, "il a été arrêté, jugé et a passé plus d'un an et demi en prison (en Iran) avant de rentrer en Afghanistan en 2004", selon le président de l'AIJA.
Il a ensuite connu des problèmes en Afghanistan en publiant tous les deux mois Haqoq-e-Zan, dans lequel il défendait les droits de la femme.

Accusé en octobre 2005 de blasphème, il a été condamné à deux ans de prison pour avoir "intentionnellement publié dans Haqoq-e-Zan des articles anti-islamiques dans lequel il remettait en cause les condamnations sévères pour adultère et vol".
Il a été libéré en appel mais sa revue a été fermée, indique l'AIJA.
 

 (AFP)