La commission iranienne de la surveillance de la presse, contrôlée par les conservateurs, a ordonné au quotidien réformateur Hambasteghi de cesser sa parution, a rapporté lundi l'agence Isna.
"Si le rédacteur en chef d'un journal démissionne ou décède, le propriétaire du titre dispose de trois mois pour présenter un nouveau rédacteur en chef au ministère de la Culture. Dans le cas contraire le quotidien est empêché de paraître", a déclaré Nasser Seraj, membre de la Commission, pour expliquer cette décision.
Le journal, qui appartient au parti politique Hambasteghi (Solidarité), s'était séparé de son rédacteur en chef Ali Salehabadi il y a trois mois, et ne l'a pas remplacé depuis. Le quotidien avait un faible tirage, ne dépassant pas les 10.000 exemplaires.
En mars dernier, les autorités iraniennes ont interdit neuf périodiques pour publication de photographies d'"actrices corrompues étrangères", et d'articles "contraires à la morale".
La presse iranienne fait de plus en plus l'objet de restrictions de la part du pouvoir depuis l'élection du président ultra-conservateur Mahmoud Ahmadinejad en juin 2005.
En juillet 2007, le pouvoir a interdit définitivement le quotidien Mosharekat, organe du Front de la participation (réformateur), et suspendu le grand quotidien modéré Ham Mihan.
La dernière grande offensive contre la presse remonte à l'an 2000, quand le pouvoir judiciaire, dominé par les conservateurs, avait fermé plusieurs dizaines de publications proches des réformateurs alors au pouvoir.
(AFP)



