L’Iran condamne deux femmes journalistes à plus de six ans de prison pour « collaboration avec les États-Unis »

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Une femme regarde un écran d’ordinateur avec une photo des femmes journalistes iraniennes Niloufar Hamedi et Elaheh Mohammadi, à Nicosie, Chypre, le 2 novembre 2022.

CSDHI – Un tribunal iranien a condamné deux femmes journalistes à des peines allant jusqu’à sept ans de prison pour avoir « collaboré » avec le gouvernement des États-Unis, entre autres chefs d’accusation, selon des rapports locaux. Les deux journalistes sont emprisonnées depuis plus d’un an suite à leur couverture de la mort de Mahsa Amini lors de sa garde à vue en septembre 2022.

Il s’agit d’une sentence préliminaire qui peut faire l’objet d’un appel dans les 20 jours.

Les deux femmes journalistes, Niloufar Hamedi, qui a annoncé la mort de Mahsa Amini parce qu’elle portait un foulard trop lâche, et Elaheh Mohammadi, qui a parlé de ses funérailles, ont été condamnées respectivement à sept et six ans de prison, a rapporté dimanche le site d’information judiciaire Mizan.

Le tribunal révolutionnaire de Téhéran a accusés les deux femmes journalistes de « collaboration avec le gouvernement américain hostile », de « collusion contre la sécurité nationale » et de « propagande contre le système », selon Mizan.

Hamedi travaillait pour le journal réformiste Shargh et Mohammadi pour Ham-Mihan. Les deux femmes journalistes ont été arrêtées en septembre 2022.

En mai, les Nations unies ont décerné à ces deux femmes journalistes leur premier prix pour la liberté de la presse « pour leur engagement en faveur de la vérité et de la responsabilité ».

La mort de Mahsa Amini a déclenché des mois de protestations dans des dizaines de villes à travers l’Iran. Ces manifestations ont constitué l’un des défis les plus sérieux pour la République islamique depuis le Mouvement vert de 2009, qui avait attiré des millions de personnes dans les rues.

Alors que près de 100 journalistes ont été arrêtés au cours des manifestations, les reportages de Hamedi et Mohammadi ont été essentiels dans les jours qui ont suivi la mort de Mahsa Amini pour faire connaître la colère qui s’en est suivie.

La détention des deux femmes journalistes a suscité des critiques internationales sur la répression sanglante des forces de sécurité qui a duré des mois après la mort de Mahsa Amini.

Depuis le début des protestations, au moins 529 personnes ont été tuées dans les manifestations, selon des militants des droits de l’homme en Iran. Plus de 19 700 autres personnes ont été arrêtées par les autorités dans le cadre d’une répression violente visant à étouffer la contestation. Depuis des mois, l’Iran n’a pas fourni de chiffres globaux sur les victimes, tout en reconnaissant que des dizaines de milliers de personnes avaient été arrêtées.

Source : VOA