CSDHI – La démographe iranienne Shahla Kazemipour brosse un tableau inquiétant des défis auxquels sont confrontées les jeunes femmes iraniennes en Iran.
Une génération perdue de potentiel féminin ?
Son analyse, basée sur les statistiques officielles et sur ses propres recherches, révèle un taux d’abandon important chez les filles qui passent de l’école primaire à l’école secondaire.
Mme Kazemipour estime que si le taux d’inscription des filles à l’école primaire est prometteur (95 %), il n’est plus que de 70 % au lycée.
Cela signifie qu’environ 621 000 filles abandonnent l’école chaque année, ce qui représente une perte considérable de talent et de potentiel féminin.
Les faibles taux d’emploi reflètent des opportunités limitées
Les disparités en matière d’éducation continuent d’avoir un impact sur les possibilités offertes aux femmes, même après l’obtention de leur diplôme. Les recherches de Mme Kazemipour indiquent qu’environ 40 % seulement des femmes iraniennes âgées de 20 à 30 ans ont un emploi.
Bien que des données spécifiques sur le chômage ne soient pas fournies, le faible taux d’emploi soulève des inquiétudes quant à l’accès limité à l’emploi et à la participation économique des jeunes femmes.
Les mariages précoces compliquent encore le problème
La statistique la plus alarmante présentée par Kazemipour est peut-être la prévalence du mariage des enfants. Les données officielles révèlent que 200 000 filles âgées de 15 à 19 ans sont mariées chaque année, ce qui met en évidence une norme sociale très préoccupante.
En outre, les statistiques de l’organisme national d’enregistrement des faits d’état civil font état d’une tendance inquiétante à marier des filles mineures, dont certaines n’ont pas plus de 12 ans, à des hommes nettement plus âgés qu’elles.
Ces chiffres soulèvent de sérieuses questions quant à la protection des droits des filles et aux conséquences potentielles sur leur santé, leur éducation et leur bien-être général.
Les reportages établissant un lien entre le mariage d’enfants et la violence domestique soulignent encore davantage l’urgence de s’attaquer à ce problème.
Perspectives d’avenir : Relever les défis
L’analyse de Mme Kazemipour met en lumière les obstacles importants auxquels sont confrontées les jeunes femmes iraniennes pour accéder à l’éducation et poursuivre une carrière.
Le taux élevé d’abandon scolaire et le faible taux d’emploi suggèrent la nécessité de politiques et d’initiatives qui encouragent les filles à rester à l’école, à développer leurs compétences et à participer à la vie active.
En outre, la question du mariage des enfants nécessite une action immédiate pour protéger les filles et garantir le respect de leurs droits fondamentaux.
Source : INU



