Iran : La femme d’un rescapé de la potence raconte

CSDHI – Même si Alireza, le condamné de Bojnourd qui a survécu à sa pendaison, ne sent plus sa vie en danger, il est toujours emprisonné et sa famille est sous pression.

Sa femme de 32 ans, qui vit dans une banlieue pauvre de Bojnourd ( nord-est de l’Iran ) avec ses trois enfants,  a donné une interview à un quotidien officiel, Asr-e-Iran le 4 février.

Question : Comment va votre mari ?

Réponse : Il est amnésique. Il a oublié beaucoup de choses.

Q : Comment faites-vous pour lui parler ?

R : A chaque fois je dois me présenter. Il a perdu la mémoire. Son état a empiré depuis son retour à la prison parce qu’il n’a pas accès à tous les médicaments nécessaires. Il ne reçoit pas les soins qu’on lui donnait à l’hôpital. Chaque fois que je lui rends visite, je dois expliquer qu’il a survécu à une exécution, et puis il se souvient. Il n’est pas normal.

Q: Pourquoi est-il dans cet état ? Est-ce que les médecins en expliquent la raison ?

R : Ils disent qu’il y a deux raisons : d’une part, son cerveau a manqué d’oxygène et d’autre part, il est sous le choc de l’exécution. On dit qu’il a besoin de beaucoup de soins pour récupérer.

Q : Est-ce que son avocat a parlé d’une solution juridique ?

R : On doit verser une caution de 3 milliards de rials (environ 100.000 dollars) pour le sortir, mais je suis incapable de trouver une somme pareille. C’est impossible. Je suis si pauvre que je ne peux même pas régler les besoins quotidiens.

Q : Est-ce que vous êtes à la rue ?

R : On a été à la rue toute une journée. Mais comment faire avec trois enfants ? Mon frère est venu et il a dit au propriétaire de nous garder pendant quelques mois jusqu’à ce qu’on trouve un endroit moins cher. Et eux ils veulent une caution de 3 milliards de rials. Si on avait cet argent, mon mari n’aurait pas vendu de la drogue. La raison de notre malheur, c’est qu’on est trop pauvres. »