Le transfert forcé du prisonnier politique Mir-Youssef Younesi déclenche un sit-in de protestation à la prison d’Evine

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CSDHI – Mardi, la tension est montée d’un cran à la prison d’Evine lorsque le prisonnier politique Mir-Youssef Younesi, un homme de 70 ans, a été transféré de force dans le quartier 7, une section destinée aux détenus condamnés pour des crimes de droit commun. Cette décision, prise par le directeur de la prison Heydat Farzadi, a déclenché un sit-in de protestation de la part d’autres prisonniers politiques du quartier 4.

L’incident s’est déroulé après une visite familiale au cours de laquelle Mir-Youssef a passé un moment précieux avec son fils, Ali, qui est également emprisonné pour ses convictions politiques. Après leurs retrouvailles, les gardiens de prison sont intervenus brusquement, les séparant et éloignant Mir-Youssef, invoquant une nouvelle règle qui leur interdisait d’être logés ensemble. En dépit de leurs protestations et de leurs appels émotionnels profonds à rester ensemble, le transfert a eu lieu.

Mir-Youssef est confronté à de graves problèmes de santé, notamment le diabète et une perte d’audition, ce qui rend son transfert forcé encore plus pénible. Ses vulnérabilités en matière de santé ont été ignorées alors qu’il a été transféré contre son gré. En réaction, plusieurs prisonniers politiques du quartier 4 ont organisé un sit-in de protestation, se rassemblant devant le bureau de Pasdar Ghasemi, l’officier en chef, pour exiger le retour de Mir-Youssef.

La séparation soudaine et brutale de la famille Younesi met en évidence les profondes souffrances endurées par les prisonniers politiques et les tourments émotionnels infligés à leurs familles. Cette situation suscite de vives inquiétudes quant aux violences psychologiques subies par ceux qui défendent leurs convictions dans des conditions aussi oppressives.

Contexte

Mir-Youssef Younesi est un militant politique de longue date qui a passé plus de 14 ans en prison, avant et après la révolution de 1979. Il a de nouveau été arrêté lors des manifestations nationales de 2022. Le 28 décembre 2022, il a été détenu au domicile familial à Shahroud par des agents en civil sans mandat. Quelques jours plus tard, le ministère iranien du renseignement l’a accusé d’être impliqué dans un « réseau fournissant un soutien financier et logistique » à l’Organisation des moudjahidines du peuple iranien (OMPI), un groupe interdit par le gouvernement iranien.

Il a été détenu à l’isolement pendant plus de trois mois dans les pavillons 209 et 240 de la prison d’Evine, où il aurait été privé de médicaments, soumis à la torture et contraint d’avouer des accusations qu’il niait. Il est resté dans l’incertitude juridique pendant plus d’un an et a finalement été condamné à cinq ans de prison par le juge Iman Afshari de la branche 26 du tribunal révolutionnaire de Téhéran.

Son fils, Ali Younesi, est étudiant en génie informatique et lauréat d’un prix de l’université technologique de Sharif. Il a été arrêté le 10 avril 2020, en même temps qu’un autre étudiant, Amir Hossein Moradi, sans décision de justice. L’arrestation a donné lieu à de violents passages à tabac, dont une attaque menée par douze agents du Corps des gardiens de la révolution islamique (les pasdarans), qui a gravement blessé Ali au front. Tous deux ont été placés à l’isolement dans le pavillon 209 après leur arrestation.

Ali Younesi a été initialement condamné à 16 ans de prison, peine qui a ensuite été réduite à six ans et huit mois. Il est toujours détenu dans le pavillon 4 de la prison d’Evine.