73ème semaine de la campagne « Les mardis sans exécutions » dans 47 prisons en Iran

Les-mardis-sans-executions-en-iran-csdhi

CSDHI – Alors que nous entrons dans la soixante-treizième semaine de la campagne « Les mardis sans exécutions », la machinerie d’exécution continue son opération implacable malgré la crise provoquée par la guerre. Depuis le début du mois iranien de Khordad (22 mai), au moins 126 personnes ont été exécutées—un chiffre choquant qui révèle clairement comment la répression judiciaire, parallèlement à la violence de guerre, est devenue un instrument clé du régime pour contrôler la société.

La déclaration de cette semaine déclare : « L’exécution n’est pas une punition ; c’est un crime, et nous condamnons fermement toutes les condamnations à mort, quelles que soient les accusations. »

La campagne se poursuit cette semaine avec des grèves de la faim dans 47 prisons à travers le pays.

Le texte complet de la déclaration de la soixante-treizième semaine de la campagne « Non à l’exécution les mardis » est le suivant :

Poursuite de la campagne « Les mardis sans exécutions » dans la soixante-treizième semaine dans 47 prisons différentes

Le peuple iranien a été entraîné dans une guerre qu’il n’a jamais voulue. La guerre et l’exécution sont les deux faces de la même médaille—toutes deux privant les gens de leur droit à la vie. Nous exprimons notre profonde solidarité avec tous les civils qui ont perdu la vie et soulignons l’unité collective dans ces circonstances extraordinaires que nous imposent deux régimes bellicistes.

Malgré la situation exceptionnelle et désespérée causée par la guerre, le mécanisme de la mort et des tueries ne s’est pas arrêté un instant. Le régime autoritaire continue d’exécuter des citoyens. Depuis le début de Khordad (22 mai), au moins 126 personnes ont été exécutées. Un seul jour, le 10 juin 2025, 12 prisonniers ont été envoyés à la potence.

De plus, le lundi 16 juin 2025, Esmail Fekri, un prisonnier de sécurité accusé d’espionnage, a été secrètement exécuté dans la prison de Qezel-Hesar sans aucune divulgation publique. Ces statistiques d’exécutions choquantes ne sont pas seulement des chiffres—ce sont des histoires tragiques de vies injustement prises.

La plupart de ces exécutions se produisent sans information transparente, sans processus judiciaire équitable et dans le silence des médias. De nombreuses victimes sont des défavorisés, des adeptes de religions et de croyances minoritaires, ainsi que des prisonniers politiques—des individus dont les seuls « crimes » étaient de chercher la justice, la liberté ou simplement de survivre.

L’un de ces individus était le prisonnier politique Mojahed Kourkour, qui a été arrêté lors du soulèvement de 2022 et, après avoir enduré près de deux ans et demi d’emprisonnement et de torture, a été exécuté injustement la semaine dernière.

Nous, les membres de la campagne « Les mardis sans exécutions », dans sa soixante-treizième semaine, déclarons une fois de plus : L’exécution n’est pas une punition ; c’est un crime. Nous condamnons fermement toutes les condamnations à mort, quelles que soient les accusations, et nous continuerons à y résister. Ces exécutions sont des meurtres sanctionnés par l’État. Nous n’oublierons jamais les victimes, nous ne resterons pas silencieux et nous ne reculerons pas.

Nous appelons le peuple et la communauté internationale à prêter une attention particulière pendant ces jours critiques de guerre, alors que la menace de mort plane sur de nombreux prisonniers politiques et sociaux. La nuit dernière, la prison de Dizel Abad à Kermanshah a été soumise à la fois à un bombardement aérien et à une agression brutale par les gardes oppressifs de la prison. Maintenant plus que jamais, la présence et la solidarité du peuple sont vitales. Vous—individus conscients et amoureux de la liberté — êtes notre seul soutien et notre voix.

La libération immédiate de tous les prisonniers politiques et idéologiques et l’abolition immédiate de toutes les condamnations à mort doivent devenir une exigence publique, car la vie des prisonniers politiques et des condamnés à mort est en grave danger. Il y a une grande inquiétude que, comme dans le passé, le régime intensifie les exécutions pour intensifier la répression et répandre la peur.

Le mardi 17 juin 2025, dans la soixante-treizième semaine de la campagne « Les mardis sans exécutions », des prisonniers dans 47 prisons feront une grève de la faim, y compris :

Prison d’Evine (Quartier des femmes, quartiers 4 & 8)
Prison de Qezel-Hesar (Unités 3 & 4)
Prison centrale de Karaj
Prison de Fardis Karaj
Prison centrale du Grand Téhéran
Prison de Khorin Varamin
Prison de Choobindar Qazvin
Prison d’Ahar
Prison d’Arak
Prison de Khorramabad
Prison de Yasuj
Prison d’Asadabad Esfahan
Prison de Dastgerd Esfahan
Prison de Sheyban Ahwaz
Prison de Sepidar AhWaz (Quartiers pour hommes et femmes)
Prison de Nezam à Chiraz
Prison d’Adel Abad Chiraz  (Quartiers d’hommes et de femmes)
Prison de Firouzabad Fars
Prison de Zahedan (Quartier des femmes)
Prison de Borazjan
Prison de Ramhormoz
Prison de Behbahan
Prison de Bam
Prison de Kahnooj
Prison de Tabas
Prison de Mashhad
Prison de Gonbad-e-Kavus
Prison de Qaemshahr
Prison de Rasht (quartiers pour hommes et femmes)
Prison de Roodsar
Prison de Haviq Talesh
Prison d’Azbaram Lahijan
Prison de Dizel Abad Kermanshah
Prison d’Ardabil
Prison de Tabriz Prison
Prison d’Oroumieh
Prison de Salmas
Prison de Khoy
Prison de Naqadeh
Prison de Miandoab
Prison de Mahabad
Prison de Bukan
Prison de Saqqez
Prison de Baneh
Prison de Marivan
Prison de Sanandaj
Prison de Kamyaran

Semaine 73
mardi 17 juin 2025
#No_to_Execution_Tuesdays_Campaign