CSDHI – Au cours du mois dernier, Saeed Massouri a été convoqué à deux reprises au bureau du chef de section, où il a été directement menacé de mort par des agents du ministère du Renseignement.
Mercredi 16 juillet 2025 – La prison de Qezel-Hessar à Karaj a été le théâtre d’un raid soudain et violent. Des agents de sécurité ont pris d’assaut l’unité 4, où sont détenus les prisonniers politiques, dans le but de transférer Saeed Massouri – l’un des prisonniers politiques les plus anciens et les plus connus d’Iran – vers un lieu inconnu sans présenter de mandat judiciaire. L’assaut a été accueilli par une résistance collective des prisonniers politiques, qui a finalement contraint les agents à battre en retraite après des affrontements et une montée des tensions.
Atmosphère de sécurité renforcée à la prison de Qezel-Hessar
Des sources bien informées à l’intérieur de la prison ont confirmé qu’à la suite du raid, une atmosphère de sécurité renforcée s’est installée dans le quartier des prisonniers politiques. Des forces spéciales ont été déployées dans la cour de la prison, et le risque d’une nouvelle attaque visant à enlever Saeed Massouri ou à réprimer les détenus persiste. Cet incident survient dans le contexte d’une nouvelle vague de répression visant les prisonniers politiques dans tout l’Iran, alors que les autorités judiciaires et sécuritaires accélèrent les exécutions et les convocations extrajudiciaires sous prétexte de « conditions de guerre ».
Risque d’exécution pour trois autres prisonniers politiques
Outre les menaces de mort proférées à l’encontre de Saeed Massouri, trois autres prisonniers politiques condamnés à mort sont détenus dans le même quartier, et leur situation est également extrêmement préoccupante.
Behrouz Ehsani et Mehdi Hassani ont vu leur demande de nouveau procès rejetée pour la quatrième fois, et le risque d’exécution est imminent.
Abolhassan Montazer, un autre prisonnier politique condamné à mort, est détenu depuis des mois dans l’incertitude totale quant à son sort.

Les militants des droits humains avertissent qu’outre la tentative d’enlèvement de Saeed Massouri, la probabilité que ces condamnations à mort soient exécutées a également augmenté.
Menaces directes contre la vie de Saeed Massouri
Selon des informations vérifiées, Saeed Massouri a été convoqué à deux reprises au cours du mois dernier au bureau du chef de quartier, où il a été directement menacé de mort par des agents du ministère du Renseignement. Parallèlement, sa famille a également subi des pressions sécuritaires et reçu des appels téléphoniques menaçants. Ces développements ont accru les inquiétudes quant à un éventuel transfert forcé, voire à la disparition forcée de ce prisonnier politique.
Saeed Massouri : 25 ans de prison sans un seul jour de permission
Saeed Massouri, né en 1965 à Khorramabad, est l’un des prisonniers politiques les plus anciens d’Iran. Depuis son arrestation en janvier 2001, il est emprisonné sans avoir bénéficié d’un seul jour de permission. Avant son arrestation, il était étudiant en médecine en Allemagne et en Norvège. À son retour en Iran, il a été arrêté dans la ville de Dezful pour « collaboration avec l’Organisation des Moudjahidine du peuple iranien (OMPI) ».
Après avoir subi 14 mois d’interrogatoires en isolement cellulaire, d’abord dans le centre de détention du ministère du Renseignement à Ahvaz, puis dans le quartier 209 de la prison d’Evin, il a d’abord été condamné à mort. Cette peine a ensuite été commuée en prison à vie. Au cours des 25 dernières années, Massouri a mené plusieurs grèves de la faim pour protester contre les conditions de détention inhumaines, la discrimination, la torture physique et psychologique et le déni de ses droits fondamentaux. Il s’est vu systématiquement refuser l’accès aux soins médicaux, aux appels téléphoniques, à l’éducation et aux permissions de sortie, et a été soumis à une pression constante de la part des forces de sécurité.
Transfert de Bijan Kazemi vers le refuge du ministère du Renseignement à Qom
Bijan Kazemi aurait été transféré vers un « refuge » géré par le ministère du Renseignement dans la ville de Qom.
Incertitude pour les prisonniers politiques Karim Khoshjah et Yaghoub Derakhshan à la prison de Lakan
Les prisonniers politiques Karim Khoshjah et Yaghoub Derakhshan restent dans une situation juridique incertaine à la prison de Lakan à Rasht, où ils sont accusés du grave délit de baghi (rébellion armée).
Transfert violent vers Qezel-Hessar
En août 2023, Saeed Massouri a été transféré à la prison d’Evin. Cependant, un mois plus tard seulement, il a été renvoyé de force à la prison de Qezel-Hessar à Karaj à la suite d’un raid mené par les forces spéciales. Qezel-Hessar est l’une des prisons les plus surpeuplées et les plus brutales d’Iran, où les conditions sanitaires, de vie et de sécurité sont largement reconnues comme déplorables. Massouri est actuellement détenu dans l’unité 4 du quartier politique de la prison, sous la pression et les menaces constantes des agents de sécurité. Sa vie est aujourd’hui plus que jamais en danger.
Nouvelle vague de répression contre les prisonniers politiques
Ces événements s’inscrivent dans le cadre d’une répression plus large et plus intense à l’encontre des prisonniers politiques dans tout l’Iran. Au cours des dernières semaines, de nombreux militants politiques, civils et sociaux ont été arrêtés dans différentes villes. Parallèlement, le nombre de condamnations à mort prononcées à l’encontre de prisonniers politiques et de manifestants a augmenté, tout comme la pression exercée sur leurs familles.
Les autorités judiciaires et sécuritaires semblent déterminées à créer un climat de peur et d’intimidation afin de réduire au silence toute forme de dissidence. La prison de Ghezel-Hessar et plusieurs autres prisons du pays sont devenues de véritables centres d’application des politiques répressives de l’État.
Réaction des militants des droits humains
Les défenseurs des droits humains et les organisations internationales ont averti que tout préjudice ou agression à l’encontre de Saeed Massouri constituerait une exécution extrajudiciaire, dont la responsabilité directe incomberait aux autorités judiciaires et sécuritaires de la dictature au pouvoir. Ils soulignent que la communauté internationale ne doit pas rester silencieuse face aux menaces qui pèsent sur la vie des prisonniers politiques.
Amnesty International et les rapporteurs spéciaux des Nations unies sur les droits humains ont appelé à plusieurs reprises à la libération immédiate de Saeed Massouri et d’autres prisonniers politiques, qualifiant son maintien en détention de violation flagrante du droit international et des droits humains.
La vie de Saeed Massouri en danger immédiat
Tout porte à croire que la tentative de transfert de Saeed Massouri vers un lieu inconnu pourrait être le prélude à une intensification des pressions, voire à son élimination physique. Les menaces directes, le raid sur le quartier politique et le climat de sécurité renforcée indiquent l’existence d’un plan coordonné visant à réprimer et à punir les prisonniers qui refusent de se taire ou de se soumettre.
Les militants de la société civile et les familles des prisonniers politiques ont lancé un appel urgent aux organisations de défense des droits humains et aux médias indépendants pour qu’ils soutiennent Saeed Massouri et les autres prisonniers en danger.
Déclaration universelle des droits de l’homme
Graves violations des droits humains dans le cas de Saeed Massouri et des prisonniers politiques à Qezel-Hessar
Le raid, les menaces de mort, les tentatives de transfert forcé et les pressions sécuritaires exercées contre Saeed Massouri et d’autres prisonniers politiques dans le quartier 4 de la prison de Qezel-Hessar constituent une violation claire et systématique des droits humains en Iran. Les violations les plus graves sont les suivantes :
Droit à la vie et à la sécurité personnelle (article 3 de la DUDH) : la menace directe qui pèse sur la vie de Saeed Massouri et le risque imminent d’exécution d’autres détenus constituent une violation flagrante de ce droit fondamental.
Interdiction de la torture et des traitements inhumains (article 5 de la DUDH et Convention contre la torture) : les menaces, les tactiques d’intimidation et les conditions de détention inhumaines constituent une torture psychologique et un traitement cruel et dégradant.
Droit à un procès équitable (articles 10 et 11 de la DUDH) : les tentatives de transfert sans décision judiciaire et le rejet répété des demandes de nouveau procès pour les condamnés à mort violent le droit à une procédure régulière.
Droit à la liberté d’opinion et d’expression (article 19 de la DUDH) : l’emprisonnement prolongé de Saeed Massouri uniquement en raison de ses convictions politiques et idéologiques constitue une violation flagrante de la liberté d’expression.
Droit à des conditions de détention humaines (Règles Nelson Mandela) : le refus de soins médicaux, de permissions de sortie et d’autres droits fondamentaux constitue une violation des normes minimales relatives au traitement des prisonniers.
Ces violations montrent que le traitement des prisonniers politiques en Iran enfreint non seulement les lois nationales, mais aussi les principes fondamentaux des droits humains et les instruments internationaux contraignants. Une réponse internationale immédiate est nécessaire.



