CSDHI – Le 21 août, « Journée internationale du souvenir et de l’hommage aux victimes du terrorisme », est l’occasion d’honorer les victimes et les survivants de ce phénomène inhumain. Alors que le terrorisme a pris diverses formes à travers le monde, le régime au pouvoir en Iran l’a institutionnalisé comme politique officielle d’État dès ses premiers jours au pouvoir. Au cours des quatre dernières décennies, cette politique a coûté la vie à des milliers de personnes en Iran et mis en danger la sécurité internationale par le biais du terrorisme extraterritorial et d’assassinats politiques à l’étranger.
La politique de terrorisme extraterritorial du régime iranien
De multiples affaires judiciaires ont prouvé que le terrorisme du régime iranien n’est pas aléatoire, mais qu’il s’agit d’une politique d’État organisée :
- Procès Mykonos – Allemagne (1997) : le tribunal de Berlin a explicitement identifié les dirigeants du régime, notamment Ali Khamenei, Akbar Hashemi Rafsanjani, Ali Akbar Velayati et Ali Fallahian, comme étant ceux qui ont ordonné l’assassinat des dirigeants de l’opposition iranienne.
- Attentat à la bombe contre l’AMIA – Argentine (1994) : les tribunaux argentins ont confirmé l’implication du régime iranien et du Hezbollah dans l’attentat qui a fait 85 morts et plus de 300 blessés.
- Affaire Assadollah Assadi – Belgique (2018) : un diplomate iranien a été condamné à 20 ans de prison pour avoir planifié un attentat à la bombe contre le rassemblement de l’opposition iranienne à Villepinte, près de Paris.
- Tentative d’assassinat d’Alejo Vidal-Quadras – Espagne (2023) : le tribunal espagnol a trouvé des preuves de l’implication d’agents du régime iranien et de mercenaires à la solde de celui-ci dans la tentative d’assassinat de l’ancien vice-président du Parlement européen.
Modèles courants du terrorisme d’État du régime
Utilisation de la couverture diplomatique et des ambassades pour faire passer des explosifs en contrebande et coordonner des opérations (par exemple, affaire Assadi).
Déploiement de réseaux de mandataires et de groupes de mercenaires dans les pays cibles.
Ciblage direct de personnalités de l’opposition iranienne à l’étranger par le biais d’assassinats politiques.
Attaques contre des non-Iraniens et des cibles civiles (par exemple, attentat à la bombe contre l’AMIA, tours Khobar).
Dans cette structure, la Force Qods des pasdarans servait de bras opérationnel central du terrorisme d’État du régime. Au cours de ses premières années, les équipes opérationnelles étaient directement envoyées par les unités de la Force Qods sous le commandement de Qassem Soleimani. Après des scandales tels que le complot de Villepinte et les assassinats de Mykonos, le régime s’est de plus en plus appuyé sur des mercenaires étrangers et des réseaux criminels pour dissimuler son implication directe, comme on l’a vu dans la tentative d’assassinat d’Alejo Vidal-Quadras en Espagne. Néanmoins, toutes les opérations ont finalement été menées sous le commandement de Soleimani et sur ordre direct d’Ali Khamenei. Ce schéma démontre que le terrorisme n’est pas accessoire, mais qu’il fait partie intégrante du mécanisme de gouvernance du régime.
Condamnations internationales
- Union européenne (2019) : a inscrit le ministère iranien du Renseignement et plusieurs responsables sur la liste des organisations terroristes de l’UE.
- Parlement européen : a publié à plusieurs reprises des résolutions condamnant le terrorisme extraterritorial et les assassinats politiques de l’Iran.
- Nations unies : des rapporteurs spéciaux ont souligné les violations par l’Iran du droit international et de ses obligations au titre du PIDCP et d’autres traités.
- Tribunaux nationaux : le procès de Mykonos (Allemagne), l’affaire AMIA (Argentine), les tribunaux américains sur les tours Khobar et le tribunal belge contre Assadi ont tous condamné le régime.
- Conséquences diplomatiques : à la suite du verdict de Mykonos, tous les États membres de l’UE ont retiré leurs ambassadeurs de Téhéran en signe de protestation.
Quelques-unes des nombreuses victimes du terrorisme du régime iranien
- Abdul-Rahman Ghassemlou – Autriche (1989) : Il a été tué à Vienne le 13 juillet 1989 par trois balles tirées à bout portant dans la salle où se déroulaient les négociations, par la délégation du régime iranien.
- Dr Kazem Rajavi – Suisse (1990) : professeur d’université et représentant de la résistance iranienne à Genève. Il a été le premier à porter la question des exécutions massives en Iran à l’attention des Nations unies. Le 24 avril 1990, il a été assassiné. Les procureurs suisses ont rouvert son dossier pour crime contre l’humanité.
- Abdorrahman Boroumand – France (1991) : il a été assassiné dans le hall de son immeuble, place Vauban, à Paris, le 18 avril 1991, par un inconnu qui l’a poignardé à cinq reprises avant de prendre la fuite.
- Shapour Bakhtiar – France (1991) : Bakhtiar et son secrétaire, Soroush Katibeh, ont été poignardés à treize reprises et égorgés à l’arme blanche par trois assassins à leur domicile de Suresnes, le 6 août 1991.
- Mohammad Hossein Naqdi – Italie (1993) : Ancien diplomate ayant rejoint la Résistance, assassiné à Rome le 16 mars 1993. Son meurtre au cœur de l’Europe a souligné le mépris du régime pour les frontières.
- Zahra (Faezeh) Rajabi et Ali Moradi – Turquie (1996) : Rajabi, responsable des réfugiés iraniens, et son collègue ont été assassinés à Istanbul le 20 février 1996, semant la peur parmi les Iraniens en exil.
- Fereydoun Farrokhzad – Allemagne (1992) : Son corps a été retrouvé dans la cuisine de son appartement à Bonn, en Allemagne, le 8 août 1992, après que des voisins aient signalé les aboiements de ses deux chiens. Farrokhzad avait été tué violemment, après avoir été poignardé à plusieurs reprises.
- Ali Akbar Ghorbani – Turquie (1992) : Enlevé en juin 1992, torturé à mort par des agents du régime – un exemple combinant enlèvement, torture et assassinat à l’étranger.
- Hossein Abedini – Turquie (1990) : A survécu à une tentative d’assassinat à Ankara. A témoigné plus tard : « Ma seule crainte était que la voix de la Résistance soit réduite au silence. »
- Victimes du restaurant Mykonos – Allemagne (1992) : Sadegh Sharafkandi, Fattah Abdoli, Homayoun Ardalan et Nouri Dehkordi ont été assassinés le 17 septembre 1992 à Berlin. Le procès Mykonos a officiellement désigné les hauts dirigeants du régime comme responsables. Ce verdict a marqué la première fois qu’un tribunal européen tenait officiellement les plus hauts dirigeants du régime iranien pour responsables d’actes de terrorisme d’État. L’impact politique a été considérable : tous les États membres de l’UE ont rappelé leurs ambassadeurs à Téhéran, plongeant le régime dans un isolement diplomatique sans précédent.
L’affaire AMIA – Procès par contumace des dirigeants du régime
L’attentat à la bombe contre l’AMIA à Buenos Aires en 1994 a fait 85 morts et plus de 300 blessés. Après des décennies d’obstruction, le 25 juin 2025, le juge fédéral argentin Daniel Rafecas a ordonné le procès par contumace de hauts responsables iraniens.
Parmi les personnes inculpées figurent Ali Khamenei (en tant qu’autorité principale, conformément à la demande de la résistance iranienne), Akbar Hashemi Rafsanjani, Ali Fallahian, Ali Akbar Velayati et Ahmad Vahidi.
Le juge Rafecas a souligné qu’en raison du caractère criminel de l’attaque contre l’humanité, un procès par contumace était à la fois légitime et nécessaire pour établir la vérité. La ministre argentine de la Sécurité, Patricia Bullrich, a également déclaré que ce mécanisme était la seule voie vers la justice.
Déclaration commune de 14 pays (31 juillet 2025)
Le 31 juillet 2025, quatorze pays d’Europe et d’Amérique du Nord — l’Albanie, l’Autriche, la Belgique, le Canada, la Tchéquie, le Danemark, la Finlande, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Espagne, la Suède, le Royaume-Uni et les États-Unis — ont publié une déclaration commune condamnant fermement le terrorisme et ses activités transnationales du régime iranien.
Les gouvernements ont déclaré que les services de renseignement iraniens collaborent de plus en plus avec des réseaux criminels internationaux pour tuer, kidnapper et harceler des dissidents politiques, des journalistes, des citoyens juifs et des fonctionnaires actuels et anciens en Europe et en Amérique du Nord. La déclaration souligne que ces opérations constituent une violation flagrante de la souveraineté nationale, et les signataires s’engagent à agir collectivement pour empêcher ces activités. Ils exigent également que les autorités iraniennes cessent immédiatement ces actions hostiles et illégales.
Cette déclaration a une fois de plus mis en évidence que la politique de terrorisme d’État du régime des mollahs n’est pas seulement un problème national ou régional, mais une menace sérieuse pour la sécurité mondiale et l’ordre international.
Couverture médiatique et sources officielles
Cette déclaration a été largement relayée par les médias et les institutions internationaux :
- Département d’État américain – Déclaration commune, 31 juillet
- Ministère britannique des Affaires étrangères (Wired Gov) – Déclaration sur les menaces étatiques des services de renseignement iraniens, 31 juillet 2025
- Centre pour les droits de l’homme en Iran (CHRI) – Rapport sur les complots de l’Iran à l’étranger
- Reuters – 14 pays condamnent les menaces des services de renseignement iraniens
- Associated Press (AP) – Reportage
Conclusion
Quatre décennies de terrorisme extraterritorial du régime des mollahs – de l’assassinat du Dr Kazem Rajavi et des meurtres de Mykonos à l’attentat à la bombe contre l’AMIA et à la condamnation de diplomates iraniens pour complots terroristes – ont fait des milliers de victimes en Iran et dans le monde entier. Cette politique n’a jamais été accessoire, mais est restée un pilier central de la survie du régime.
La déclaration commune de 14 pays le 31 juillet 2025 a réaffirmé que les menaces du régime iranien continuent de mettre en danger la sécurité en Europe et en Amérique du Nord, soulignant la nécessité urgente d’une action multilatérale coordonnée.
Il est désormais impératif que la communauté internationale reconnaisse ce terrorisme d’État comme un crime contre l’humanité et mette en place des mécanismes contraignants pour tenir les plus hauts responsables du régime des mollahs — en particulier Ali Khamenei, en tant qu’autorité suprême derrière cette machine terroriste — pour responsables.
Ne pas agir de manière décisive ne fera qu’encourager le régime iranien à poursuivre sa machine terroriste. Le moment est venu de demander des comptes.



