Par le Dr Khalil Khani
AugustaFreePress.com, 18 juin – Hassan Rohani, souvent décrit comme un ‘modéré’ par quelques pontifes occidentaux, a toujours été un haut-fonctionnaire du régime iranien. Au cours de ces trois dernières décennies, il a occupé des fonctions au sein de l’appareil national du renseignement militaire et sécuritaire. Ce qui veut dire qu’il a pris une part active dans les politiques de fond du régime, aussi bien dans la répression de l’opposition iranienne que dans la poursuite du développement de l’armement nucléaire.
Le dossier politique de Rohani en dit long sur ses intentions réelles. Rohani a été le représentant de Khamenei au Conseil suprême de la sécurité nationale (CSSN) pendant 16 ans (1989-2005). Il a également été conseiller pour la sécurité nationale auprès des présidents iraniens pendant 13 ans (1989-1997 et 2000-2005). Il a été entre autres : commandant en chef adjoint des forces armées du régime (1987-1988) et membre du Conseil suprême de la défense (1982-1988). Avant de devenir président, Rohani était le négociateur en chef sur le programme nucléaire iranien de 2003 à 2005.
Cependant, le réel pouvoir en Iran repose dans les mains du guide suprême, Ali Khamenei. L’ancien président Mohammad Khatami a décrit la tâche du président en Iran comme celle d’un « exécutant » des volontés de Khamenei. Suivant la constitution du régime, Khamenei dicte les principales politiques, en nommant le commandant en chef des forces armées, les membres du Conseil des gardiens de la révolution, le chef du judiciaire, le directeur de la radio et de la télévision d’Etat, les chefs adjoints du personnel, le commandant du Corps des gardiens de la révolution islamique (pasdaran), qui est une force de répression, et les généraux de haut grade des services militaires et sécuritaires.
Tant Rohani que son prédécesseur Mahmoud Ahmadinejad ont admis publiquement que toutes les décisions finales relatives au programme nucléaire seront prises par Khamenei. Ceci parce que la survie du régime est basée sur la position de Khamenei et sur le rôle absolu joué par le clergé (principe du guide religieux suprême). La plus légère déviation de ce principe fondamental conduirait inévitablement à la chute du régime. C’est pourquoi le régime est par essence incapable de toute réforme de fond. Non seulement il refuse de faire des réformes, mais le régime est prêt à tout pour continuer sur la voie du terrorisme, de la répression et de l’armement nucléaire (pour survivre).
Cet été marquera le 26ème anniversaire du massacre en 1988 de plus de 30.000 prisonniers politiques en Iran. La très grande majorité des victimes étaient des militants politiques affiliés à la principale opposition, l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI). Elle s’est élevée contre la suprématie du clergé et a appelé à un Iran démocratique qui respecte, et non viole, les droits humains.
Beaucoup des victimes incarcérées avaient déjà purgé leur peine de prison. Mais les tribunaux entre les mains du régime, les avaient condamnées à mort au cours de simulacres de procès qui duraient seulement quelques minutes.
Quand Khomeiny, le prédécesseur de Khamenei, a vu son régime vaciller après la guerre Iran-Irak, il a commencé à réprimer systématiquement la seule opposition capable de mener le travail à bien. Il a émis des fatwas (décrets religieux) pour que soient massacrés tous ceux qui ne se repentaient pas et ne voulaient pas collaborer complètement avec le régime. Leurs cadavres ont été secrètement enterrés dans des charniers dans toutes les grandes villes, en particulier à Téhéran.
Dans sa fatwa écrite, Khomeiny ordonnait que « quiconque continue à faire partie de l’OMPI, à quelque niveau que ce soit, il doit être exécuté. Anéantissez immédiatement les ennemis de l’islam. »
Khomeiny a chargé une « commission de la mort », composée de trois membres, de procéder aux exécutions en quelques mois. Un des membres de ce comité responsable des milliers de morts injustifiés, Mostafa Poumohammadi, a été nommé ministre de la « justice » par le « modéré » Rohani. L’ironie du choix peut être difficilement plus marquée.
En 1988, les meurtriers du régime ne posaient qu’une seule question aux prisonniers : « Suivez-vous toujours l’idéologie de l’Ompi ? » Ceux qui répondaient « oui » plutôt que d’utiliser le terme infamant de « Monafeqine » (hypocrite) en se référant à l’OMPI étaient envoyés directement à la potence.
Les effrayantes violations des droits pratiquées par le régime iranien ne sont pas nouvelles. Les abus en matière de droits font partie de l’ADN d’un régime né d’un autoritarisme purement arbitraire. Cependant, la situation a empiré sous la nouvelle administration « modérée » en Iran. Depuis que Rohani a pris ses fonctions, il y a eu près de 800 exécutions. La victime la plus récente, exécutée le 1er juin dernier, était Gholam-Reza Khosravi, un prisonnier d’opinion, incarcéré et torturé pendant un total de douze années. Son crime officiel était d’avoir envoyé des contributions financières au canal TV satellitaire de l’OMPI. Même en prison, Khosravi s’est opposé à la tyrannie du régime et a été l’un des meneurs de la rébellion de la section 350 de la prison d’Evin en avril dernier. L’exécution de Khosravi a soulevé une vague véhémente de réprobation internationale. Amnesty International et le commissaire des droits humains aux Nations Unies ont tous deux fait des déclarations condamnant cette pendaison.
L’exécution porte tous les signes d’un régime en déclin et d’une population qui ne veut pas cesser le combat contre lui. De la même façon que les dirigeants religieux ont cherché à empêcher leur chute dans les années 1980 après avoir été confrontés à la guerre, maintenant ils font tout pour briser toute forme d’opposition car ils font face à la débâcle des arènes économiques et internationales.
A tous ceux qui font du lobbying en se faisant les avocats du régime, ainsi qu’à ceux qui choisissent de fermer les yeux sur les violations horribles des droits à Téhéran, on doit maintenant poser la question suivante : « que ferez-vous si les négociations sur le nucléaire échouent? Allez-vous alors choisir la guerre comme alternative ? Ou bien ôterez-vous vos lunettes roses et regarderez-vous le régime et ses fausses déclarations de modération pour ce qu’elles sont réellement et arrêterez-vous de serrer des mains tachées de sang ? La question est simple mais le choix vous appartient. »
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Le Docteur Khalil Khani est président de la Communauté irano-américaine de l’Arizona, membre de l’Organisation des communautés irano-américaines (OCIA).



