Vaste mouvement de protestation contre la condamnation à mort d’Ehsan Faridi

537 militants civils azéris appellent à l’abolition de la peine capitale
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CSDHI – Plus de 500 militants civils et nationalistes azéris ont signé une déclaration collective exigeant l’annulation immédiate de la condamnation à mort prononcée contre Ehsan Faridi, un étudiant de 22 ans originaire de Tabriz. Le texte dénonce l’usage de la peine capitale par le régime iranien comme un instrument politique destiné à faire taire la dissidence et à étouffer l’activisme civil. Les signataires qualifient le cas de Ehsan Faridi d’exemple flagrant de l’emploi de la peine de mort pour intimider la société et éliminer les opposants politiques.

Contexte et déroulement de l’arrestation

Né en 2003, Ehsan Faridi est étudiant en génie de la production à l’Université technique de Tabriz.
Il a été arrêté une première fois le 8 mars 2024 (18 Esfand 1402) par les forces de sécurité, puis transféré à la prison de Tabriz après dix jours d’interrogatoire. Libéré sous caution le 18 mars 2024 (28 Esfand 1402), il a été de nouveau interpellé le 18 juin 2024 (29 Khordad 1403) alors qu’il se présentait au parquet de Tabriz pour suivre son dossier.

Son accusation initiale de « propagande contre l’État » a été requalifiée en « corruption sur terre (efsad-fel-arz) », un crime passible de la peine de mort selon le code pénal. Selon des sources juridiques, le juge d’instruction Seyed Ali Mousavi aurait exigé un pot-de-vin de la famille d’Ehsan Faridi. Face à leur refus, il aurait alourdi les charges par représailles. Bien que le juge Mousavi ait été ultérieurement révoqué pour corruption et constitution d’un réseau de pots-de-vin, la procédure s’est poursuivie sur les mêmes bases fallacieuses.

En février 2025 (Bahman 1403), la 2ᵉ chambre du tribunal révolutionnaire de Tabriz, présidée par le juge Abdi, a condamné Ehsan Faridi à mort. La cour d’appel a confirmé le verdict sans réexamen approfondi, et le dossier est désormais devant la Cour suprême.

Pressions sécuritaires et intimidation de la famille

Dès le départ, le ministère du renseignement de Tabriz a exercé de fortes pressions sur la famille Ehsan Faridi pour les contraindre au silence. Les agents leur ont répété que toute médiatisation aurait des « conséquences graves » pour leur fils.

La famille est restée muette durant des mois, jusqu’en octobre 2025 (Mehr 1404), lorsque Parvin Hayati, la mère d’Ehsan, a brisé le silence et lancé un appel public au peuple iranien et à la communauté internationale.

« Se taire face à l’injustice, c’est trahir. Mon fils voulait seulement vivre — comment cela peut-il être qualifié de corruption ? »
Parvin Hayati

Elle a rappelé qu’Ehsan était âgé de moins de 20 ans au moment de son arrestation et qu’il n’avait commis aucun acte de violence :

« Je jure sur la vie de mon fils que je ne cesserai de me battre jusqu’à ce qu’il soit libéré et totalement blanchi. »

Déclaration des 537 militants civils azéris

Le 2 novembre 2025 (11 Aban 1404), 537 militants civils azéris ont publié un manifeste intitulé « Un appel à la conscience et à la communauté internationale », exigeant l’annulation immédiate de la condamnation à mort d’Ehsan Faridi.

« La peine de mort n’apporte ni justice ni sécurité ; elle ne fait qu’entretenir les cycles de violence et de vengeance. »

Les signataires estiment que la persistance des exécutions en Iran traduit une régression majeure au regard des normes internationales des droits humains et que l’affaire Ehsan Faridi est « un exemple manifeste de l’usage politique de l’exécution pour museler la liberté de pensée ». Ils soulignent :

« Dans un monde où plus des deux tiers des pays ont aboli ou suspendu les exécutions, l’insistance de l’Iran sur ce châtiment incarne un déni de la dignité humaine. »

Les militants appellent à l’abolition totale de la peine de mort en Iran, affirmant que la fin de cette pratique constitue « une condition fondamentale pour un avenir démocratique et humain ».

Analyse juridique et droits humains

Le cas d’Ehsan Faridi viole plusieurs articles du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), ratifié par l’Iran :

  • Article 6 – Droit à la vie : condamner à mort une personne arrêtée avant 18 ans est une violation flagrante.

  • Article 7 – Interdiction de la torture et des traitements cruels : la détention prolongée et les pressions psychologiques infligées à Ehsan et à sa famille constituent un traitement inhumain.

  • Article 9 – Droit à la liberté et à la sécurité : l’arrestation sans mandat clair et le refus d’un avocat indépendant violent ce droit fondamental.

  • Article 14 – Droit à un procès équitable : le jugement rendu sans défense et basé uniquement sur des rapports sécuritaires est dépourvu de toute légitimité légale.

  • Article 19 – Liberté d’expression : l’accusation de « propagande contre l’État » sanctionne l’exercice pacifique de la liberté d’opinion.

Cette procédure viole non seulement les normes juridiques iraniennes, mais aussi les engagements internationaux du pays.

Dimensions humaines et sociales

Ehsan Faridi compte parmi les plus jeunes prisonniers politiques menacés d’exécution en Iran. Son arrestation, son traitement et sa condamnation ont suscité une vague d’indignation sur les réseaux sociaux et dans les milieux universitaires. Les étudiants de l’Université de Tabriz et d’autres campus ont qualifié ce verdict de « mise à mort de l’avenir de l’Iran ».

Des campagnes citoyennes comme #NoToExecution et #EhsanFaridi se sont multipliées pour attirer l’attention sur son sort. Au niveau international, des défenseurs des droits humains et des institutions académiques ont saisi les organes de l’ONU pour demander une intervention urgente.

Appel à l’action internationale

L’affaire Ehsan Faridi révèle la persécution systématique de la jeunesse et du milieu étudiant en Iran. Dans un système judiciaire transformé en instrument de répression politique, la justice ne peut venir de l’intérieur.
La peine capitale y sert moins à dissuader qu’à terroriser et punir la dissidence.

L’appel des militants azéris et la voix de la mère d’Ehsan Faridi sont un cri de conscience adressé au monde.
Il appartient désormais à la communauté internationale — Nations unies, Haut-Commissariat aux droits de l’homme, défenseurs de la liberté et de la dignité humaine — d’exercer une pression politique et juridique sur le régime iranien pour empêcher l’exécution de ce jeune étudiant.

Sauver Ehsan Faridi, c’est non seulement défendre une vie, mais aussi s’opposer à la montée des exécutions politiques en Iran.