CSDHI – La mort de Sahar Shahbazian, une prisonnière iranienne de 26 ans, le 12 novembre 2025 à la prison de Fardis (Kachui), à Karaj, met une nouvelle fois en lumière les conditions de détention mortelles auxquelles sont confrontées les femmes incarcérées en Iran.
Selon des sources fiables, la prisonnière iranienne Sahar Shahbazian a subi un arrêt cardiaque et est décédée en raison d’une intervention médicale retardée. Les responsables pénitentiaires ont affirmé qu’elle était morte d’une « overdose », une version contredite par les témoins oculaires et par les proches de la victime.
La prisonnière iranienne Sahar Shahbazian, détenue sous l’accusation d’homicide, avait pourtant été reconnue innocente au cours de l’enquête, mais restait toujours emprisonnée. Le refus de la transférer à l’hôpital à temps lui a coûté la vie — une mort évitable de plus derrière les murs des prisons iraniennes.
Morts récurrentes à la prison de Fardis (Kachui)
À peine deux mois auparavant, Maryam Shahraki, 40 ans, mère de deux enfants, est décédée dans la même prison après avoir ressenti de vives douleurs à la poitrine. La prisonnière iranienne avait été incarcérée uniquement pour incapacité de payer une dette de 300 millions de tomans.
Le médecin de la prison, le Dr Nasir, a diagnostiqué à tort ses symptômes cardiaques comme de simples douleurs à l’estomac et l’a renvoyée dans sa cellule avec quelques comprimés. Quelques heures plus tard, elle s’est effondrée et est morte d’un arrêt cardiaque, avant même d’arriver à l’hôpital.
Des témoins ont confirmé qu’un transfert hospitalier rapide aurait pu sauver la prisonnière iranienne.
Sa mort illustre la crise médicale profonde qui règne à la prison de Fardis (Kachui), où les détenues doivent souvent attendre des heures, voire des jours, avant d’être envoyées à l’hôpital — une autorisation souvent refusée par le personnel médical de la prison.
De Qarchak à Fardis : un schéma systémique
Ce même schéma a déjà coûté des vies dans d’autres prisons. Somayeh Rashidi, prisonnière politique de 42 ans détenue à Qarchak, souffrait d’épilepsie et avait réclamé à plusieurs reprises des soins médicaux.
Ses demandes ont été ignorées. Privée de traitement, elle a subi des crises répétées, est tombée dans un coma de dix jours, et est décédée à l’hôpital Mofatteh de Varamin.
Des observateurs des droits humains décrivent ces décès comme une forme « d’exécution silencieuse » — un mode d’élimination des prisonniers par privation systématique de soins médicaux, plutôt que par la violence directe.
Les femmes détenues, en particulier les prisonnières politiques, restent les plus vulnérables à cette négligence meurtrière.
Violations juridiques et des droits humains
Ces morts répétées en détention reflètent de graves violations des engagements internationaux de l’Iran :
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Article 6 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) : le droit à la vie impose à l’État de protéger toute personne détenue.
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Article 10 du PIDCP : tout détenu doit être traité avec humanité et dignité ; refuser des soins médicaux viole ce principe.
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Règles minima des Nations unies pour le traitement des détenus (Règles Nelson Mandela) : les prisonniers doivent avoir le même accès aux soins de santé que les citoyens libres.
En ignorant ces obligations, le régime iranien a institutionnalisé une politique de négligence médicale, équivalant à un traitement inhumain et à une privation arbitraire de la vie.
Conclusion
Les morts de Sahar Shahbazian, Maryam Shahraki et Somayeh Rashidi ne sont pas des cas isolés, mais font partie d’un schéma systématique de négligence délibérée dans les prisons iraniennes.
Les prisons de Fardis (Kachui) et Qarchak sont devenues des symboles de cruauté d’État, où le refus de soins médicaux sert d’outil de punition.
Tant que des mécanismes indépendants de contrôle et de responsabilité ne seront pas mis en place, les prisons iraniennes resteront des chambres de mort silencieuses — et des femmes comme Sahar, Maryam et Somayeh continueront de mourir dans l’indifférence.



