CSDHI – Selon plusieurs témoignages, le transfert soudain de plus de 200 prisonniers pour délits financiers depuis la prison de Fashafuyeh vers le Quartier 7 de la prison d’Evine a provoqué une crise sans précédent au sein de l’établissement. Cette opération, menée sans aucun renforcement des infrastructures ou services essentiels, a entraîné une surpopulation extrême, de graves pénuries d’installations sanitaires, une réduction drastique de l’espace vital et une intensification des pressions psychologiques et physiques sur les détenus. Les prisonniers politiques du quartier sont désormais exposés à des risques accrus en raison du mélange des catégories de détenus et de l’effondrement des conditions minimales de vie.
Transfert massif non planifié et surpopulation rapide
Des sources informées confirment que les responsables d’Evine, dont le directeur de la prison, ont procédé au transfert du groupe de plus de 200 prisonniers pour délits financiers sans fournir de ressources supplémentaires. Alors que chaque hall du Quartier 7 était initialement conçu pour accueillir environ 200 détenus, certains en abritent aujourd’hui plus de 700. Cette surpopulation extrême a rendu les conditions de vie insupportables et expose les prisonniers politiques à une pression physique et psychologique croissante.
Structure du Quartier 7 et perturbation du classement des détenus
Le Quartier 7 comprend huit sections historiquement réservées aux personnes condamnées pour délits financiers. Au fil des années, toutefois, des prisonniers politiques, des détenus liés à des affaires sécuritaires et des personnes souffrant d’addictions liées à la drogue y ont également été placés — en contradiction avec les réglementations nationales et les normes internationales. Les Halls 1, 2, 3, 4, 5, 6, le Hall Jihad (Hall 11) et le Hall 12 fonctionnent tous très largement au-delà de leur capacité prévue. Le Hall 12 — normalement réservé aux prisonniers politiques et aux personnes accusées de fraude ou de faux — ne parvient plus à absorber l’arrivée massive de nouveaux détenus.
Graves pénuries et conditions de vie dégradantes
Les informations provenant du Quartier 7 illustrent l’ampleur de la crise :
– Les installations sanitaires et les douches sont insuffisantes, provoquant de longues files d’attente.
– Les dortoirs sont surchargés, obligeant de nombreux prisonniers à dormir sur le sol, dans les couloirs ou près des toilettes.
– La salle commune (« chiragh-khaneh ») n’est plus utilisable en raison du manque d’espace.
– Les sorties à l’air libre et les déplacements sont réduits au strict minimum.
– Les détenus manquent d’eau chaude, de médicaments et de soins médicaux de base.
Ces conditions, combinées au stress psychologique généré par la surpopulation, ont fait du Quartier 7 l’une des zones les plus critiques de la prison d’Evine.
Violation des normes internationales et des obligations légales
Le transfert massif et non planifié des prisonniers constitue une violation à la fois des réglementations iraniennes et de plusieurs instruments internationaux relatifs aux droits humains :
– Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), article 10 : obligation de séparer les prisonniers politiques de ceux condamnés pour des délits généraux ou financiers.
– PIDCP, article 7 : interdiction des traitements dégradants ou inhumains.
– Règles Nelson Mandela 8 et 11–17 : obligation de garantir un espace de vie adéquat, des installations sanitaires suffisantes et un accès aux services essentiels.
La surpopulation, les conditions insalubres et la privation des besoins fondamentaux constituent des violations systématiques des droits et de la dignité des détenus sous le régime iranien.



