L’aveu involontaire d’un régime : un commandant des pasdarans admet le massacre de civils

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CSDHI – Une déclaration télévisée du chef des pasdarans à Téhéran met à nu le mensonge du discours sur le « terrorisme » et confirme le massacre de civils, avec une violence systématique contre des Iraniens non armés lors du soulèvement national.

Une récente déclaration télévisée de Hassan Hassan-Zadeh, commandant du Corps du Grand Téhéran des Gardiens de la révolution islamique (les pasdarans), a réduit à néant la propagande soigneusement construite du régime. Tentant de justifier les actions des forces de sécurité lors du soulèvement national de janvier 2026, il a affirmé qu’un « nombre important de personnes innocentes et opprimées », qui ne faisaient que vaquer à leurs occupations quotidiennes dans la ville, avaient été « martyrisées ».

Ce n’était pas un lapsus.

C’était un aveu.

Loin de présenter les pasdarans comme des victimes, les propos de Hassan-Zadeh reconnaissent ouvertement ce que le régime iranien nie avec acharnement depuis des années : ses forces ont tiré directement sur des civils. Cette déclaration pulvérise la thèse officielle selon laquelle le soulèvement aurait été mené par des « terroristes » ou des « émeutiers » et confirme que de simples citoyens — de l’aveu même du commandant — ont été tués alors qu’ils menaient leur vie quotidienne.

Cette seule phrase suffit à démanteler des années de tromperie officielle. Elle valide ce que le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), des témoins sur le terrain et des organisations indépendantes de défense des droits humains rapportent de manière constante depuis les premiers jours du soulèvement : les pasdarans et ses forces auxiliaires ont déchaîné des tirs à balles réelles contre des civils non armés à travers tout le pays.

L’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI) a précédemment indiqué que le nombre de personnes tuées lors du soulèvement national dépasse le chiffre de  3 000. Ce chiffre qui met en lumière le massacre de civils n’est pas une supposition. Il repose sur des enquêtes approfondies s’appuyant sur des sources locales, des hôpitaux, des instituts médico-légaux ainsi que sur les familles des victimes et des disparus dans 195 villes. L’ampleur des tueries, l’utilisation généralisée de munitions réelles et les enterrements nocturnes secrets concordent tous avec cette évaluation.

Les propos de Hassan-Zadeh sur le massacre de civils révèlent également, de manière involontaire, la profonde peur qui étreint l’appareil dirigeant. Il a évoqué des « attaques de personnes en colère contre les forces des pasdarans et du Bassidj », reconnaissant ainsi que le soulèvement a dépassé le stade de la protestation pour devenir une confrontation directe avec l’appareil répressif du régime. Il ne s’agit pas d’une crise fabriquée de l’extérieur, comme le prétendent les autorités, mais d’une éruption sociale interne — l’expression d’une colère accumulée après des décennies de gouvernement par les balles, les prisons et les exécutions.

L’aveu du meurtre de « personnes innocentes » et du massacre de civils constitue une preuve irréfutable d’un crime d’État organisé. Il place la responsabilité directement sur les institutions qui ont ordonné, exécuté et tentent aujourd’hui de justifier un meurtre de masse.

Le régime d’Ali Khamenei ne survit que par la violence brute. Mais il se heurte désormais à une génération qui ne craint plus et ne recule plus. Le ciblage des centres de répression n’est pas du chaos ; c’est la réponse prévisible d’une société étouffée par une brutalité systématique.

Hassan-Zadeh pensait défendre le régime. Il l’a au contraire démasqué — aux yeux du peuple iranien et du monde — comme un système conscient d’avoir perdu toute légitimité, désormais accusé par ses propres paroles.