La supercherie du « Métronome » : des preuves numériques révèlent que les pasdarans (IRGC) déploient des armées de bots massives pour amplifier la notoriété de Reza Pahlavi

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CSDHI – Dans l’une des révélations les plus importantes concernant le paysage politique iranien à l’ère numérique, la société américaine de cyber-renseignement Treadstone 71 a publié un rapport technique qui déconstruit le récit de la « popularité en ligne » de Reza Pahlavi, fils de l’ancien dictateur iranien. Ce rapport, étayé par des preuves numériques irréfutables, révèle que l’IRGC et le ministère du Renseignement (MOIS) sont à l’origine d’un vaste réseau de bots automatisés conçus pour gonfler artificiellement la popularité de Pahlavi, dans le but de détourner l’attention du soulèvement populaire et de nuire à l’alternative démocratique.

Il ne s’agit pas de simples spéculations, mais de preuves mathématiques. L’enquête a mis au jour des centaines de milliers de comptes « créés » simultanément, opérant avec une précision mécanique impossible à atteindre par l’être humain.

Le « battement de cœur du métronome » : une impossibilité d’analyse

Au cœur du rapport se trouve la découverte d’un schéma technique que Treadstone 71 nomme le « battement de cœur du métronome ». En analysant les données de centaines de milliers de comptes faisant la promotion de la monarchie et attaquant la résistance iranienne, des experts en cybersécurité ont mis au jour une anomalie statistique qui constitue une preuve irréfutable :

  • Plus de 356 000 comptes ont été créés à des intervalles de temps correspondant à la milliseconde près.
  • Ces comptes n’ont pas été créés aléatoirement, comme le feraient des utilisateurs humains. Au contraire, ils ont été générés à la seconde « 00 » exacte de chaque minute, à intervalles réguliers de 60 secondes.

Le rapport affirme sans équivoque : « Les humains ne s’inscrivent pas de manière aussi régulière. Ce sont des bots ! ». Cette « empreinte » spécifique confirme que l’opération a été programmée via des scripts automatisés, probablement exécutés sur des fermes de serveurs gérées par des acteurs étatiques.

Anatomie d’un mirage : 9 comptes sur 10 sont faux

  1. Ce rapport examine en détail cette « ferme numérique » œuvrant pour Reza Pahlavi, révélant que les chiffres souvent cités comme preuve de son soutien ne sont qu’une illusion numérique :
  2. Taux de faux comptes stupéfiants : L’analyse forensique des comptes Instagram faisant la promotion de Pahlavi a révélé qu’environ 90 % d’entre eux (88,6 % précisément dans l’échantillon étudié) étaient des comptes automatisés.

La campagne « par procuration » : La campagne très médiatisée « Man Vekalat Midaham » (Je donne mon mandat), qui incitait les Iraniens à désigner Pahlavi comme leur représentant, était le fruit d’une « amplification trompeuse ». Le rapport a constaté que la grande majorité des hashtags et des interactions pour cette campagne étaient générés par ces comptes automatisés, activés à des moments précis.

Caractéristiques de la cyberarmée des Gardiens de la révolution islamique (pasdarans)

Treadstone 71 a fourni une analyse détaillée des caractéristiques permettant d’identifier ces comptes, facilitant ainsi la détection de la supercherie :

  • Noms alphanumériques : Les comptes utilisent souvent des identifiants générés aléatoirement (par exemple, user847392), ce qui indique l’utilisation de scripts de génération automatique.
  • Identité manquante : La plupart des comptes n’ont pas de véritable photo de profil ou utilisent des images génériques.
  • Ratio abonnés/abonnements : Ces bots suivent généralement un grand nombre de comptes pour gonfler artificiellement le nombre d’abonnés d’autres comptes, mais n’ont eux-mêmes aucun ou très peu d’abonnés.
  • Pics de création : Le rapport a mis en évidence des pics importants de création de comptes coïncidant avec des événements politiques spécifiques (par exemple, juin 2022, septembre 2022, janvier 2023), confirmant ainsi leur activation et leur désactivation centralisées.

Le « pourquoi » stratégique : Pourquoi le régime soutient-il le fils du Shah ?

Ceci soulève une question cruciale : pourquoi les Gardiens de la révolution et les services de renseignement du régime auraient-ils constitué une armée numérique pour soutenir le fils du Shah déchu ?

La réponse réside dans la stratégie d’« opposition contrôlée ». Le rapport et l’analyse politique qui s’ensuit mettent en lumière plusieurs objectifs clés pour le régime :

Marginaliser l’alternative démocratique

Le régime comprend que sa menace existentielle provient de forces démocratiques organisées telles que le CNRI et les Unités de résistance. En donnant artificiellement du crédit à Reza Pahlavi, le régime crée une opposition de façade. Son but est de convaincre l’Occident et la population que la seule alternative est un retour au passé, occultant ainsi le mouvement démocratique tourné vers l’avenir.

Semer la division :

Ces robots ne se contentent pas de faire l’éloge de Pahlavi ; ils sont programmés pour lancer des attaques vicieuses et coordonnées contre d’autres forces révolutionnaires. Le rapport souligne que ce comportement crée une « polarisation toxique » dans l’espace numérique, conçue pour épuiser les utilisateurs authentiques et briser l’unité de l’opposition.

Déformation du récit du soulèvement :

Tandis que les rues scandent « À bas l’oppresseur, qu’il s’agisse du Shah ou du Guide suprême (Khamenei) », la cyberarmée inonde les réseaux sociaux de slogans pro-monarchistes. Cela déforme les véritables revendications de la révolution et sert le discours du régime selon lequel les manifestants ne cherchent qu’à rétablir la dictature, ce qui lui permet de justifier la répression.

Amplification trompeuse : Manipulation du consentement

Le rapport explique que l’« amplification trompeuse » est une technique de guerre psychologique. Les algorithmes des réseaux sociaux privilégient les contenus générant un fort engagement. Lorsqu’environ 350 000 bots interagissent simultanément avec une publication de Pahlavi, des plateformes comme Twitter et Instagram la promeuvent comme une « tendance » auprès de millions d’utilisateurs réels.

Ce faisant, les Gardiens de la révolution iraniens créent une « fausse réalité », induisant en erreur les journalistes et les décideurs politiques occidentaux en leur faisant croire à un large soutien populaire à la monarchie, alors qu’en réalité, ce bruit médiatique est généré par des serveurs situés à Téhéran.

Conclusion : Le masque tombe

Le rapport Treadstone 71 confronte la communauté internationale, les géants de la tech et l’opinion publique iranienne à une dure réalité : la prétendue popularité en ligne de Reza Pahlavi est une opération de renseignement menée par le régime même que le peuple tente de renverser.

Le nombre astronomique d’abonnés et les hashtags en vogue ne sont que des illusions numériques. Ces comptes sont conçus pour masquer la vérité : le peuple iranien rejette la « dictature des mollahs » avec autant de fermeté qu’il rejette un retour à la « dictature du Shah ».

Cette révélation oblige des plateformes comme Meta et X à supprimer ces comptes pour violation de leurs politiques relatives aux « comportements inauthentiques coordonnés ». Elle constitue également un avertissement pour le monde entier : il ne faut pas confondre les messages des bots des Gardiens de la révolution avec la voix du peuple iranien. La vérité sur l’Iran s’écrit dans la rue avec le sang des manifestants, et non dans les algorithmes des cyber-escadrons du régime.