23ème jour du soulèvement populaire iranien : le régime reconnaît de lourdes pertes

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CSDHI – Lundi 19 janvier, vingt-troisième jour du soulèvement populaire iranien, plusieurs villes du pays ont été le théâtre de manifestations et d’affrontements entre la population et les forces répressives.

Dans son communiqué n° 52, le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI) a annoncé l’intensification des affrontements et des fusillades entre les jeunes manifestants et les forces répressives dans plusieurs villes du pays. Ce communiqué porte sur les événements des samedi 17 et dimanche 18 janvier et en explique le contexte et les enjeux politiques.

Selon ce rapport, ces deux derniers jours, Téhéran et plusieurs autres villes, dont Khoy, Eslamshahr, Kermanshah et Sarpol-e Zahab, ont été le théâtre d’affrontements généralisés entre des jeunes rebelles et les forces répressives du régime. À Téhéran, des combats de rue ont éclaté dans divers quartiers, tels que la rue Valiasr, Saadat Abad, Salehiyeh, Tehranpars et le canton d’Ekbatan. Lors de ces affrontements, les manifestants ont exprimé leur opposition au pouvoir en place en scandant des slogans tels que « Mort au dictateur » et « Mort à Khamenei ».

Dans la ville de Khoy, de violents combats de rue ont été signalés samedi soir. En réponse aux tirs indiscriminés des forces répressives, des jeunes rebelles ont incendié le bureau du préfet et un centre des forces du Bassidj. Les Bassidjis sont une force paramilitaire affiliée au Corps des gardiens de la révolution islamique (aux pasdarans). Lors de ces affrontements, des slogans tels que « Je tuerai, je tuerai celui qui a tué mon frère ; je tuerai, je tuerai celui qui a tué ma sœur » et « Tant qu’un religieux ne sera pas mis hors d’état de nuire, cette patrie ne sera pas une patrie » ont été scandés. La nuit précédente, deux autres centres du Bassidj à Khoy avaient également été incendiés lors d’affrontements avec des jeunes de la ville.

Attaque d’un commissariat à Eslamshahr

À Eslamshahr également, des jeunes manifestants se sont affrontés avec les unités anti-émeutes et ont pris d’assaut le commissariat de Qaemieh, désarmant les agents qui tiraient sur la foule. Ces événements indiquent une escalade des affrontements directs entre les manifestants et les forces de l’ordre et de sécurité.

Dans la province de Kermanshah, des informations font état d’affrontements généralisés dans plusieurs localités. Dans le village d’Aineh Vand, près de Sarpol-e Zahab, des habitants et de courageux jeunes de la tribu Qalkhani sont parvenus à briser l’encerclement imposé par les forces du régime. Lors d’affrontements armés, alors qu’ils repoussaient des agents entrés dans la zone pour arrêter des manifestants blessés, une partie des forces du régime a été désarmée. Des affrontements ont également eu lieu à Taq-e Bostan entre des jeunes et les forces répressives, et dans la ville de Kermanshah, un membre du Bassidj, Morteza Hashmati, a été tué lors d’affrontements avec la population.

Le lundi 19 janvier, le soulèvement populaire et les manifestations entraient dans leur vingt-troisième jour. Dans le même temps, le régime iranien et son appareil répressif, en imposant une forme non déclarée de loi martiale et une coupure totale d’internet, tentent de dissimuler le soulèvement populaire et l’ampleur des crimes horribles commis par le régime.

Lourdes pertes infligées à l’appareil répressif par le soulèvement populaire

Ebrahim Azizi, chef de la Commission de sécurité du Majlis (Parlement iranien), a reconnu une partie des importants dégâts infligés au régime lors du soulèvement de janvier et a fait état de revers importants.

Selon lui, lors de ce soulèvement, plus de 2 200 motos et véhicules appartenant aux forces de l’ordre du régime ont été incendiés.

Azizi a également déclaré que 250 bases du Bassidj dans des écoles et 90 séminaires du régime avaient été ciblés et détruits. Les Bassidjis sont une force paramilitaire subordonnée au Corps des gardiens de la révolution islamique.

Le président de la Commission de sécurité du Majlis a ajouté que, lors de ces événements, 3 709 membres des forces de l’ordre, des Bassidjis et des pasdarans ont été grièvement blessés. Ces chiffres témoignent de l’ampleur du coup porté par le soulèvement aux structures répressives du régime.

LCI France révèle la « marchandisation des corps des victimes » en Iran

La chaîne d’information française LCI, dans un reportage diffusé le vendredi 16 janvier, a cité des témoins iraniens affirmant qu’en Iran, « un système organisé de marchandisation des corps des personnes tuées » s’est mis en place.

Selon ce rapport, les familles sont contraintes de payer des sommes exorbitantes pour récupérer les corps des victimes, calculées en fonction du nombre de balles reçues. Des témoins ont déclaré que jusqu’à 4 milliards de rials étaient exigés par balle (environ 2 858 dollars).

LCI, se référant à des enquêtes conjointes des médias iraniens, avec la participation de TF1 et France 24, a révélé l’existence d’un système de trafic d’influence qui exploite la souffrance des familles.

Dans un témoignage, un père de Téhéran a retrouvé le corps de sa fille à la morgue après deux jours de recherches et s’est vu réclamer une somme d’argent proportionnelle au nombre de balles nécessaires pour le récupérer. LCI a qualifié ce processus d’« extrêmement impitoyable ».

Mike Pence : Un changement en Iran transformera le Moyen-Orient et le monde

Mike Pence, ancien vice-président des États-Unis, a déclaré lors d’une interview sur CNN que le régime iranien est le principal État parrain du terrorisme au monde.

Il a affirmé qu’en plus de réprimer brutalement le peuple iranien, le régime exporte le terrorisme dans toute la région et met en danger la vie des citoyens américains et ceux d’autres pays du Moyen-Orient et du monde entier.

M. Pence a souligné qu’un changement en Iran serait bénéfique aux États-Unis et à leurs alliés, ajoutant que si les dirigeants de Téhéran persistent dans leur règne de terreur contre le peuple iranien, toutes les options sont envisagées.

Il a insisté sur le fait qu’un changement en Iran ne se limiterait pas au pays lui-même, mais pourrait transformer le Moyen-Orient, voire la sécurité et la dynamique politique mondiales.