CSDHI – L’arrêt soudain et suspect des informations sur les exécutions sur les sites de référence des droits humains depuis le 8 mars, coïncidant avec des conflits militaires et une coupure nationale d’internet, constitue une alerte grave pour une catastrophe humanitaire dans un silence absolu. Ce black-out survient alors que le régime avait déjà exécuté 648 personnes au cours des deux premiers mois de 2026 seulement. En exploitant l’état de conflit armé, la République islamique a désormais privé les prisonniers de toute protection médiatique et déplacé le processus de privation de vie vers des arrières-salles obscures.
Mai Sato, Rapporteure spécial des Nations Unies, a averti lors de la récente session du Conseil des droits de l’homme que la République islamique utilise la guerre comme outil pour une escalade sans précédent de la répression interne. Elle a annoncé le nombre de morts lors des manifestations de janvier à plus de sept mille, mais de nouvelles preuves visuelles, notamment une image choquante provenant des morgues montrant le numéro 11780 sur le corps d’une des victimes des exécutions extrajudiciaires lors du soulèvement de janvier 2026, prouvent que l’ampleur du massacre est bien plus grande que les premières estimations internationales.
Risque imminent d’exécutions massives dans l’ombre et de disparitions forcées
Le vide informationnel du dix-neuvième jour et le silence statistique des organisations de suivi, causés par le blocage complet des canaux d’information par le gouvernement, ont rendu impossible toute vérification sur l’état de dizaines de prisonniers condamnés à mort. La coupure d’internet pendant cette période n’est pas simplement une mesure de télécommunication, mais une tactique de sécurité destinée à dissimuler la machine à tuer. Toute exécution réalisée durant ces 19 jours de silence est considérée comme un meurtre extrajudiciaire et une disparition forcée.
Dans ce même contexte d’obscurité informationnelle, la perte totale de communication avec Soheil Arabi, ancien prisonnier politique, depuis une semaine, a fortement accru les inquiétudes concernant son enlèvement et sa détention arbitraire dans des conditions de guerre.
Meurtres d’État et répression brutale des chercheurs de justice
La portée de cette mise à mort systématique ne se limite pas aux prisons, et la cible de citoyens désarmés constitue une manifestation claire de crimes contre l’humanité.
Fatemeh Abbasi, citoyenne d’Ispahan, a été touchée au cou par des snipers du gouvernement lors des manifestations du 9 janvier alors qu’elle tentait d’apporter refuge aux manifestants. Elle est décédée le 12 mars après avoir souffert deux mois de complications liées à une lésion de la moelle épinière. Les forces de sécurité non seulement ont refusé d’assumer la responsabilité de ce meurtre d’État, mais ont également interféré lors de ses funérailles au cimetière de Bagh-e Rezvan, arrêtant le père de la victime et son frère de 13 ans pour étouffer toute voix de justice dès ses débuts.

Crise à Evine et négligence intentionnelle des prisonniers
Parallèlement aux assassinats dans les rues, les rapports provenant de la prison d’Evine — auparavant ciblée par des bombardements pendant la guerre — indiquent une catastrophe humanitaire silencieuse.
Les autorités pénitentiaires ont ramené les conditions de vie au minimum en coupant l’eau chaude et en provoquant des perturbations généralisées de l’électricité, qui fonctionne désormais uniquement grâce à des générateurs diesel. Dans un contexte d’épidémie généralisée de rhumes et de maladies infectieuses, l’accès aux médicaments a été complètement coupé, et la ration de chaque prisonnier réduite à une cuillère à soupe de sirop ou à un comprimé unique.
L’absence du personnel pénitentiaire et l’abandon des prisonniers sans soins médicaux ni installations sanitaires dans une zone à haut risque de bombardement constituent une violation flagrante des Règles Mandela et de la Directive 211 du Règlement de l’Organisation Pénitentiaire, qui imposent de garantir la sécurité et la libération des prisonniers en période de guerre.
Répression des minorités dans un vide de surveillance
Profitant de cette obscurité informationnelle, l’appareil de sécurité a intensifié la vague d’arrestations d’activistes civils et de minorités.
Le 17 mars, Moslem Zarei, écrivain kurde et activiste culturel à Kermanshah, a été arrêté sans mandat judiciaire et transféré vers un lieu inconnu, tandis que sa sœur avait également été ciblée auparavant. Deux jours plus tôt, Pejman Zare, citoyen bahaï vivant à Chiraz, avait été arrêté après une perquisition à son domicile par des agents du ministère du renseignement et la saisie de ses appareils électroniques et livres religieux.
Ces arrestations arbitraires, basées sur la répression des croyances et l’oppression ethnique, montrent que le régime règle ses comptes avec tous les piliers de la société civile.

Nécessité d’une intervention urgente des instances internationales
La communauté internationale et la Mission d’établissement des faits de l’ONU doivent répondre immédiatement à ce blackout médiatique et à ces crimes documentés.
Le numéro 11780 enregistré sur les corps des manifestants et les 19 jours de silence absolu concernant les statistiques d’exécution sont des preuves claires que la machine à tuer de la République islamique ne connaît aucune limite.
Les organisations internationales doivent utiliser des instruments juridiques contraignants pour forcer le régime à clarifier le statut des prisonniers condamnés à mort, mettre fin au siège biologique dans des prisons comme Evin, et libérer immédiatement les détenus ; sinon, une catastrophe irréparable se produira dans les recoins sombres de ce régime.



