CSDHI – De tensions nucléaires et guerre régionale à des manifestations nationales et une crise de leadership, la trajectoire de l’Iran annonce un tournant historique décisif.
Alors que l’année iranienne 1404 touche à sa fin (mars 2025 – mars 2026), l’Iran s’est retrouvé au centre de l’attention mondiale — secoué par la guerre, des troubles internes, une crise économique et une fragmentation politique sans précédent.
Une analyse chronologique des événements révèle un système sous forte pression, confronté à la fois à une explosion interne et à des pressions extérieures.
Printemps 2025 : diplomatie, sanctions et montée des tensions sociales
L’année a commencé par de nouvelles manœuvres diplomatiques.
Le 22 mars 2025 (2 Farvardin 1404), Donald Trump aurait envoyé une lettre à Ali Khamenei, le guide suprême du régime aujourd’hui décédé, proposant de nouvelles négociations nucléaires.
Si Khamenei a rejeté cette initiative comme une tentative de domination, des signes ont rapidement montré que Téhéran avait engagé des discussions indirectes par l’intermédiaire de tiers.
Fin mars, le régime iranien a officiellement nié toute responsabilité dans la répression des manifestations de 2022 dans un rapport soumis au Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme — une démarche largement critiquée par les observateurs.
Dans le même temps, l’Iran a subi une pression extérieure croissante.
Le 7 avril 2025, le Trésor américain a sanctionné des réseaux fournissant des armes à des forces alliées régionales telles que le Hezbollah et les Forces de mobilisation populaire, affaiblissant la logistique régionale de Téhéran.
Sur le plan intérieur, les protestations se sont intensifiées.
Tout au long du printemps, des travailleurs, des retraités et des enseignants ont organisé des manifestations continues contre la dégradation des conditions économiques, révélant un profond mécontentement social.
Mai–juin 2025 : négociations et marche vers la guerre
Le 10 mai 2025 (20 Ordibehesht), l’Iran et les États-Unis ont entamé un nouveau cycle de négociations nucléaires.
Cependant, ces discussions n’ont abouti à aucun résultat, et les tensions ont rapidement augmenté.
Le 13 juin 2025 (23 Khordad), Israël a lancé des frappes préventives contre les installations nucléaires et balistiques du régime, déclenchant ce qui est devenu la « guerre de 12 jours ».
Des sites clés à Bandar Abbas et Bushehr ont été visés, suivis d’une intensification des affrontements régionaux.
Durant cette période, la situation intérieure de l’Iran s’est encore détériorée.
Des grèves nationales — dont une importante grève des camionneurs — ont mis en évidence la crise économique systémique, tandis que les organisations de défense des droits humains ont alerté sur l’augmentation des exécutions comme outil de contrôle étatique.
Été 2025 : guerre, cessez-le-feu et fractures internes
Le 22 juin 2025 (1 Tir), les États-Unis sont intervenus directement dans le conflit, frappant des installations nucléaires à Natanz, Fordow et Ispahan.
Un cessez-le-feu a été conclu le 25 juin 2025 (4 Tir), sous médiation du Qatar et de la Russie.
Cependant, les conséquences économiques ont été sévères, poussant l’Iran au bord de l’effondrement.
Sur le plan interne, les divisions politiques se sont accentuées.
Le Parlement a examiné une législation restrictive sur Internet, tandis que les conflits entre factions se sont intensifiés.
Le président Masoud Pezeshkian a fait face à des critiques croissantes de la part des réformateurs comme des conservateurs.
Parallèlement, les revers régionaux se sont poursuivis.
Les opérations israéliennes et les frappes ciblées ont affaibli les forces alliées à l’Iran, réduisant davantage la profondeur stratégique de Téhéran.
Fin de l’été 2025 : isolement croissant
À la fin du mois d’août, l’Europe a adopté une position plus ferme.
Le 27 août 2025 (5 Shahrivar), le Parlement européen a voté pour classer le Corps des gardiens de la révolution islamique comme organisation terroriste, marquant un tournant dans les relations Iran–Union européenne.
Parallèlement, l’Agence internationale de l’énergie atomique a repris ses échanges avec Téhéran dans un contexte d’inquiétudes croissantes concernant le respect des engagements nucléaires.
Les indicateurs économiques se sont fortement dégradés, avec des rapports signalant d’importants déficits budgétaires et une capacité réduite à financer les alliés régionaux.
Automne 2025 : crise interne et pression extérieure
L’automne a été marqué par une intensification de la crise intérieure.
Le Parlement a débattu d’un retrait du Traité de non-prolifération nucléaire, reflétant l’escalade des tensions avec l’Occident.
Dans le même temps, la diplomatie régionale a de plus en plus exclu l’Iran.
Un sommet clé à Charm el-Cheikh a illustré l’isolement croissant de Téhéran, les États arabes se rapprochant des positions américaines.
Sur le plan intérieur, la répression s’est intensifiée.
Le renforcement de l’application des lois sur le port obligatoire du hijab et la poursuite des restrictions d’Internet ont accentué la frustration populaire, tandis que les luttes politiques internes s’aggravaient.
Hiver 2025–2026 : soulèvement, répression et effondrement du système
La phase la plus décisive a commencé fin décembre 2025.
Le 28 décembre (7 Dey), des manifestations nationales ont éclaté, menées par les jeunes et les femmes, visant directement le pouvoir en place.
En quelques jours, la situation a dégénéré.
Les 8 et 9 janvier 2026 (18–19 Dey 1404), les forces de sécurité ont lancé une répression massive, causant de nombreuses victimes et suscitant la condamnation du Conseil des droits de l’homme des Nations unies.
L’instabilité économique s’est aggravée, avec la démission du gouverneur de la banque centrale dans un contexte d’effondrement de la monnaie.
Février–mars 2026 : guerre, crise de leadership et tournant historique
Début mars 2026, les événements ont atteint un point culminant historique.
Le 28 février 2026 (9 Esfand 1404), des frappes conjointes américaines et israéliennes ont visé des centres militaires et stratégiques clés.
À la suite de ces attaques, Ali Khamenei aurait été tué, ainsi que plusieurs hauts responsables militaires.
Cela a provoqué une coupure temporaire de l’information, suivie d’un chaos interne et de conflits entre factions.
Peu après, Mojtaba Khamenei a été désigné comme nouveau guide suprême, signe d’une tentative de maintenir la continuité du système.
Dans le même temps, le Conseil national de la résistance iranienne a annoncé la formation d’un gouvernement de transition visant à transférer la souveraineté au peuple et à établir une république démocratique.
L’escalade régionale s’est poursuivie, le Hezbollah lançant des frappes de représailles, étendant le conflit au-delà des frontières iraniennes.
Conclusion : une année qui a changé la trajectoire de l’Iran
Les événements de l’année 1404 (2025–2026) représentent l’une des périodes les plus turbulentes de l’histoire moderne de l’Iran.
En une seule année, le pays a connu :
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Deux guerres majeures
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Un soulèvement national suivi d’une répression massive
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Un effondrement économique sévère
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La mort de son guide suprême de longue date
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Un isolement international croissant
Pris dans leur ensemble, ces développements indiquent une crise structurelle profonde du système.
Pour de nombreux analystes, la trajectoire est claire : la société iranienne est entrée dans une phase dont un retour au statu quo semble de plus en plus improbable.
La convergence de la résistance interne, des pressions extérieures et de la fragmentation des élites suggère que la question n’est plus de savoir si un changement surviendra — mais comment et quand il se concrétisera pleinement.



