CSDHI – Selon PEN America, l’Iran a enregistré en 2025 la plus forte hausse mondiale du nombre d’écrivains emprisonnés, les femmes écrivaines étant confrontées à certaines des formes de répression les plus sévères dans le cadre d’une offensive grandissante contre la dissidence.
Le nombre mondial d’écrivains emprisonnés a atteint un niveau record en 2025, selon un nouveau rapport de PEN America, l’Iran occupant désormais la deuxième place mondiale après une forte augmentation des arrestations liées à l’écriture, à l’activisme civique et à l’expression publique.
D’après l’Index 2025 de la liberté d’écrire (Freedom to Write Index) publié par PEN America, au moins 401 écrivains dans 44 pays étaient emprisonnés cette année en raison de leurs écrits, de leurs opinions ou de leur identité littéraire. Ce chiffre marque une hausse notable par rapport aux 375 écrivains détenus en 2024 et représente une augmentation de 68 % depuis 2019.
Iran : forte augmentation et plus forte progression mondiale
L’Iran comptait 53 écrivains emprisonnés dans l’édition 2025 de l’index de PEN America, contre 43 cas en 2024. Le rapport indique que l’Iran a enregistré la plus forte augmentation numérique parmi tous les pays étudiés, ramenant le pays vers des niveaux comparables à ceux observés lors du mouvement « Femme, Vie, Liberté » en 2022.
Cette hausse semble refléter une répression plus large de la dissidence à la suite des tensions et évolutions politiques de l’année 2025, notamment des arrestations liées à l’activisme civique, aux critiques visant les autorités, à l’expression en ligne et à la participation au débat public. Nombre des écrivains détenus auraient été poursuivis pour des accusations liées à la « sécurité nationale ».
L’Iran en tête du nombre de femmes écrivaines emprisonnées
L’Iran détient également le plus grand nombre de femmes écrivaines emprisonnées au monde, avec 17 femmes actuellement derrière les barreaux, selon le rapport. Ce chiffre souligne le rôle central que continuent de jouer les Iraniennes dans les manifestations, l’activisme civique et le débat public malgré la pression croissante exercée par les autorités.
Le rapport évoque notamment les emprisonnements répétés de Narges Mohammadi, écrivaine et militante des droits humains récompensée par le prix Nobel de la paix. PEN America indique qu’elle a de nouveau été arrêtée en décembre 2025 et cite des témoignages faisant état de violences graves ainsi que de conditions de détention mettant sa santé en danger.
Les femmes écrivaines emprisonnées en Iran sont fréquemment confrontées à des pressions supplémentaires durant leur détention, notamment l’isolement cellulaire, l’absence de soins médicaux adéquats et des violences physiques.
Conditions carcérales et répression généralisée
Le rapport de PEN America décrit les mauvais traitements infligés aux écrivains emprisonnés en Iran, notamment l’isolement prolongé, la torture, les violences physiques et le refus de soins médicaux.
Selon l’organisation, de nombreux écrivains iraniens sont visés non seulement pour avoir critiqué les politiques officielles, mais également pour avoir documenté les événements, préservé la mémoire collective et décrit publiquement les réalités sociales en période de crise.
Le rapport estime que, dans de tels contextes, les écrivains ne sont pas seulement des conteurs, mais aussi des témoins de l’Histoire et des gardiens de la vérité publique — des rôles qui les exposent de plus en plus à la répression.
Un appel à la solidarité internationale
En mettant en lumière la situation en Iran, l’Index 2025 de la liberté d’écrire de PEN America laisse entendre que la pression exercée sur les écrivains, intellectuels et figures culturelles continue de s’intensifier.
Si les chiffres sont alarmants, l’organisation affirme qu’une attention internationale soutenue, des efforts de plaidoyer et la solidarité de l’opinion publique peuvent encore contribuer à améliorer les conditions de détention et, dans certains cas, favoriser la libération des écrivains emprisonnés.
PEN America a appelé la communauté internationale à poursuivre son soutien aux écrivains iraniens par des actions de plaidoyer, des mesures de protection et une amplification de leurs voix, avertissant que la répression des écrivains menace non seulement la liberté d’expression, mais aussi la vérité et la mémoire collective elles-mêmes.



