Condamnations à mort, arrestations arbitraires et répression généralisée des prisonniers politiques en Iran

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CSDHI – Des rapports documentés sur les droits humains font état d’une augmentation alarmante du nombre de condamnations à mort, de grèves de la faim et de vagues d’arrestations arbitraires à travers l’Iran. Profitant d’un climat fortement sécuritaire, l’appareil judiciaire et sécuritaire de la République islamique a lancé une vaste campagne de répression visant de nombreux secteurs de la société, notamment les universitaires, les avocats, les artistes et les anciens prisonniers politiques.

Cette évolution témoigne d’une stratégie d’intimidation publique fondée sur la violation systématique des garanties judiciaires et le mépris total des engagements internationaux du pays. Ce mécanisme de répression généralisée continue de se déployer sans réponse concrète et dissuasive de la part de la communauté internationale et des organisations de défense des droits humains.

Condamnations à mort et procédures judiciaires menant à la peine capitale

En s’appuyant sur des dossiers contestés et des aveux obtenus sous contrainte, le système judiciaire a multiplié les poursuites pouvant conduire aux sanctions les plus lourdes, y compris les condamnations à mort.

Yasin Shahbakhsh

Ce prisonnier baloutche de 22 ans a été condamné à mort ainsi qu’à dix ans de prison par la deuxième chambre du tribunal révolutionnaire de Zahedan.

Cette lourde condamnation repose notamment sur des accusations de « participation à des groupes armés » et d’« affrontements avec les forces militaires ». Selon plusieurs rapports, il aurait subi de sévères actes de torture et des aveux forcés. Il rejette l’ensemble des accusations portées contre lui.

Moslem Zamani

Doctorant en chimie et prisonnier politique originaire de Gachsaran, Moslem Zamani fait désormais l’objet d’une nouvelle affaire après son arrestation par le ministère du Renseignement et une période d’isolement à Yasuj.

Des observateurs s’inquiètent de l’utilisation d’allégations jugées infondées, notamment la découverte supposée d’armes, qui pourraient servir à justifier de lourdes peines à son encontre.

Détentions prolongées et stratégie d’usure contre les manifestants

Les tribunaux révolutionnaires continuent d’infliger de lourdes peines de prison à des citoyens poursuivis pour des accusations liées à la sécurité nationale.

Maryam Babajani

Arrêtée lors des manifestations nationales de janvier 2026 à Izeh, elle a été condamnée par la première chambre du tribunal révolutionnaire d’Ahvaz à une peine de 32 ans, 6 mois et 2 jours de prison.

Le jugement repose sur des accusations sécuritaires ainsi que sur la loi relative au renforcement des sanctions pour espionnage. Des défenseurs des droits humains dénoncent l’utilisation du contexte de guerre pour intensifier la répression des protestataires.

Amir-Reza Pedram

Ancien bijoutier et manifestant arrêté lors du soulèvement national de janvier 2026 à Mashhad, il a été condamné à six ans d’emprisonnement.

Selon les informations disponibles, il a subi d’importantes pressions psychologiques et physiques durant sa détention et n’a pas été autorisé à choisir librement son avocat.

Esmaeil Sheikhi Nia et Saeid Maghsoudi

La cour d’appel du Khouzistan a confirmé leurs condamnations.

Les deux hommes avaient été condamnés par le tribunal révolutionnaire d’Ahvaz à :

  • deux ans de prison ;
  • deux ans d’interdiction de quitter le territoire ;
  • une année de participation obligatoire à des programmes du quartier général chargé de « promouvoir le bien et prévenir le mal » dans le district d’Izeh.

Leila Afarin et Maryam Afarin

Selon une source proche de leur famille, Leila Afarin, âgée d’environ 30 ans, ainsi que sa sœur Maryam Afarin, ont chacune été condamnées à un an de prison par le tribunal révolutionnaire de Téhéran pour des accusations à caractère politique.

Arrestations arbitraires et silence sur le sort d’universitaires et d’activistes

Les forces de sécurité ont lancé une nouvelle vague d’arrestations visant étudiants et universitaires, souvent sans mandat judiciaire.

Ariana Kouchaki

Étudiant en génie industriel à l’Université de technologie Sharif, il a été arrêté à Téhéran le 1er juin 2026 et transféré vers un lieu inconnu.

Aucune information n’a été communiquée concernant sa situation.

Amirhossein Bagheri Alavijeh

Étudiant en master à l’Université d’Arak, déjà arrêté par le passé, il a été interpellé à Alavijeh, dans la province d’Ispahan, par des agents en civil.

Des violences physiques auraient accompagné son arrestation, ainsi que la saisie des appareils électroniques de sa famille.

Amirhossein Saadat

Âgé de 34 ans, ancien secrétaire du syndicat étudiant de l’Université Allameh Tabataba’i, il a été arrêté à Tabriz par les services de renseignement le 1er juin 2026.

Selon plusieurs sources, son domicile a également été perquisitionné et ses effets personnels, notamment son téléphone portable, son ordinateur et son passeport, ont été confisqués.

Morteza Nemati

Ancien professeur à l’Université Shahid Chamran d’Ahvaz et critique du gouvernement, il a indiqué qu’une nouvelle procédure judiciaire avait été ouverte contre lui et qu’il avait reçu une convocation du tribunal révolutionnaire d’Abdanan.

Seyyed Sadra Hosseini

Diplômé de l’Université de Téhéran, il a été arrêté le 1er juin 2026 à Téhéran.

Aucune information n’a été fournie sur son lieu de détention ni sur les accusations éventuelles.

Grèves de la faim et sanctions dans le quartier des femmes de la prison d’Evine

Les autorités de la prison d’Evine ont retiré plusieurs droits fondamentaux à des détenues engagées dans des actions contre la peine de mort.

Huit prisonnières politiques

  • Elaheh Fouladi
  • Forough Taghipour
  • Sakineh Parvaneh
  • Shiva Esmaeili
  • Zahra Safaei
  • Golrokh Iraee
  • Marzieh Farsi
  • Varisheh Moradi

Elles ont été privées de visites familiales et d’appels téléphoniques en raison de leur participation à la campagne « Les mardis contre les exécutions », qui comprend des journées de grève de la faim.

Nasim Simiari et Lindsey Forman

Nasim Simiari a été privée de visites familiales pour avoir communiqué avec sa codétenue britannique Lindsey Forman.

Lindsey Forman et son mari Craig Forman auraient également été privés de certains droits après avoir dénoncé la situation des exécutions en Iran.

Par ailleurs, Ghazal Marzban observe une grève de la faim pour protester contre sa condamnation à neuf ans et huit mois de prison.

Ciblage des artistes, avocats et minorités religieuses

Samira Norouz Naseri

Réalisatrice et cinéaste à Téhéran, elle a été arrêtée le 1er juin 2026 après une perquisition à son domicile.

Son matériel professionnel a été saisi.

Zahra Arefi Mehr

Enseignante, auteure de littérature jeunesse et artiste, elle a comparu devant le tribunal révolutionnaire de Sabzevar pour avoir publié sur Internet des contenus relatifs aux victimes des manifestations de janvier 2026.

Elle aurait été arrêtée sans pouvoir consulter un avocat.

Mehran Ansari et Mehdi Ansari

L’avocat Mehran Ansari a été condamné à un an de prison pour « propagande contre l’État ».

Son cousin Mehdi Ansari, également avocat, a été condamné à cinq ans de prison et à une interdiction de voyager pendant deux ans.

Citoyens bahaïs

Roya Ostovar

La cour d’appel d’Ispahan a confirmé sa condamnation.

Elle avait été condamnée à :

  • cinq ans de prison ;
  • une amende ;
  • quinze ans de privation de certains droits civiques.

Les poursuites concernent notamment la gestion d’un groupe WhatsApp lié à la foi bahaïe.

Barsa Maleki

Résidant à Mashhad, il a été condamné à :

  • deux ans et un jour de prison ;
  • une amende ;
  • six ans de privation de certains droits sociaux.

Opacité judiciaire, détention de mineurs et privation de soins médicaux

Javad Alikordi

Frère de l’avocat défenseur des droits humains Khosrow Alikordi, il est détenu depuis plusieurs mois à la prison de Vakilabad à Mashhad.

Sa situation demeure entourée d’un important secret judiciaire et il serait privé de tout contact avec sa famille.

Ali Raeisi

Ce mineur baloutche de 17 ans est détenu depuis près de deux mois dans des conditions hautement sécuritaires.

Selon les autorités, son arrestation serait liée à l’envoi de messages et à la publication de contenus destinés à des médias opposés au régime.

Nader Roudini et Younes Roudini

Ce père de 50 ans et son fils de 19 ans ont été arrêtés lors d’une opération menée par les services de renseignement des Gardiens de la Révolution dans le village de Qoush-Sarbazi.

Aucun mandat d’arrêt n’aurait été présenté et leur famille affirme ne disposer d’aucune information sur leur sort.

Mirakbar Hosseini

Ancien manifestant du mouvement de protestation de 2022, il a été de nouveau arrêté et accusé de « coopération avec le régime sioniste ».

Ses proches contestent catégoriquement ces accusations.

Motaleb Ahmadian

Après plusieurs interventions chirurgicales importantes, ce prisonnier politique aurait vu une tumeur initialement bénigne se propager au foie et à la vésicule biliaire en raison de retards répétés dans son accès aux soins médicaux.

Ses soutiens dénoncent une forme de torture par privation de soins.

Évaluation juridique

Selon les auteurs du rapport, ces événements constitueraient plusieurs violations du droit international :

  • violation de l’interdiction de la torture (article 5 de la Déclaration universelle des droits de l’homme) ;
  • violation du droit à la liberté et à la sécurité de la personne (articles 3 et 9) ;
  • violation du droit à un procès équitable (article 10).

L’inaction internationale mise en cause

Le rapport conclut que ces différents cas illustrent une répression multidimensionnelle touchant de nombreux secteurs de la société iranienne.

Ses auteurs estiment que l’absence de mesures internationales plus contraignantes contribuerait à la poursuite de ces pratiques et appellent à une responsabilisation accrue des autorités iraniennes ainsi qu’à des actions plus fermes de la part de la communauté internationale.